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Glymur : la grande cascade d’Islande que je n’ai pas eu le temps de voir… et que je garde en réserve

Il y a des lieux qu’on coche, et d’autres qu’on laisse volontairement “en attente”, comme une promesse. Glymur, dans l’ouest de l’Islande, fait partie de cette seconde catégorie. Lors de mon road trip dans le sud de l’Islande, j’ai manqué de temps (et probablement un peu de sagesse logistique) pour remonter jusqu’à elle. Résultat : elle est restée sur ma liste, avec ce petit goût frustrant des merveilles qu’on n’a pas encore méritées.

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Crédit photo siggi mus (CC BY-NC-SA 2.0).

Car Glymur n’est pas une cascade qu’on aperçoit distraitement entre deux arrêts. Avec sa chute d’environ 198 mètres, elle plonge dans une gorge étroite au fond du Hvalfjörður (“fjord des baleines”), et sa réputation tient autant à sa hauteur qu’à l’approche : une randonnée qui se gagne pas à pas.

Si vous aimez collectionner les chutes islandaises, vous trouverez déjà Glymur citée parmi ces 12 magnifiques cascades d’Islande.

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Crédit photo Michelle Lee (CC BY-NC-ND 2.0).

Une cascade faite de roche, d’échos… et de patience

Le nom “Glymur” (qui vient du verbe islandais « glymja ») est associé à l’idée de grondement ou de résonance : ce n’est pas anodin. La chute se déverse dans un canyon, et ce type de relief agit comme une caisse de résonance naturelle : on n’entend pas seulement l’eau tomber, on entend le paysage répondre.

Techniquement, Glymur est alimentée par la rivière Botnsá, issue du lac Hvalvatn, avant de basculer brutalement dans la gorge.
Et fait intéressant : pendant longtemps, Glymur a été considérée comme la plus haute cascade d’Islande, avant d’être dépassée (ou plutôt “reclassée”) après la mesure/identification de Morsárfoss au début des années 2010. Si Morsárfoss est presque inaccessible, Glymur s’offre toutefois aux randonneurs prêts à se salir un peu les chaussures.

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Crédit photo Matthias_______ (CC BY-NC-SA 2.0).

La randonnée : un itinéraire qui raconte l’Islande

Ce qui rend Glymur si particulière, c’est que le trajet n’est pas un simple “accès” : c’est déjà une expérience. La boucle est souvent donnée pour 3 à 4 heures, avec des passages raides et étroits.

Le sentier traverse notamment une grotte-tube de lave, Þvottahellir, surnommée “la grotte du lavage”. Elle ajoute un contraste presque théâtral : on marche dans l’ombre, sur une pierre ancienne, avant de ressortir vers une vallée lumineuse — et plus loin, vers le vide où l’eau se dérobe.

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Crédit photo Adriana.stapfl.yahoo.de.

Il faut aussi composer avec des passages sécurisés par des chaînes et, selon la saison, une traversée qui peut impliquer un tronc servant de pont. C’est précisément le genre de détail qui explique pourquoi Glymur est parfois remise à plus tard : la météo et le niveau d’eau ne négocient pas.

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Crédit photo siggi mus (CC BY-NC-SA 2.0).

Une légende de baleine maudite

Comme souvent en Islande, le paysage ne vient pas seul : il s’accompagne d’une histoire qui mêle malédiction, métamorphose et géologie improvisée. Une légende locale raconte qu’un homme, maudit par une femme en deuil et son enfant, se serait transformé en baleine, avant de remonter le fjord dans une fureur destructrice.

En nageant à contre-courant, l’animal aurait frappé et secoué la vallée, provoquant l’ouverture du canyon et la naissance de la chute de Glymur. On dit que l’on entend encore, dans le grondement de l’eau, l’écho du dernier cri de la baleine au moment où elle disparut.

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Crédit photo BigBirds.

Les toponymes des environs gardent la trace de ce récit : Hvalklettur, le « rocher de la baleine », et Hvalsgil, la « gorge de la baleine », donnent à la carte du coin des airs de saga figée dans la lave. À Glymur, la frontière entre conte et coulée basaltique est aussi floue que la brume qui flotte dans le canyon.

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Crédit photo MennoSchaefer.

Pourquoi je l’ai ratée… alors que j’étais eà proximité

Sur la côte sud, le temps file vite : on s’arrête “juste dix minutes” et on repart une heure plus tard, parce que l’Islande a ce talent de dilater les minutes. Cette fois-là, mon itinéraire était déjà bien rempli :
• la cascade que l’on peut presque traverser comme un rideau, Seljalandsfoss ;
• l’immense draperie d’eau de Skógafoss, qui transforme l’air en bruine permanente ;
• et l’élégance minérale de Svartifoss, encadrée par ses orgues de basalte.

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Crédit photo MennoSchaefer.

Ajoutez à cela les incontournables du Cercle d’Or — Gullfoss, puissante et large comme une fracture dans le plateau — et ce bleu irréel de Brúarfoss… et vous obtenez un programme où chaque détour coûte une journée.

Glymur, elle, demande précisément cela : du temps dédié. On ne la “glisse” pas entre deux spots, on la choisit. Après j’avoue n’être passé pas loin mais avoir préféré les sources d’eau chaude de Hvammsvik pour finir une journée déjà bien remplie…

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Crédit photo fokkebok

Vidéo de Glymur, ancienne plus haute cascade d’Islande

Histoire de percevoir un peu mieux la beauté des lieux, voici une vidéo prise par un drone de cette ancienne plus haute cascade d’Islande:


Aller à Glymur

Pour ceux qui voudraient se frotter à cette cascade exigeante, quelques points sont à garder en tête.
• Accès : départ du sentier à Botnsdalur, au bout de la route 47, dans le fjord de Hvalfjörður, à environ 45 à 70 km de Reykjavik selon l’itinéraire choisi.
• Durée : compter 3 à 4 heures pour l’itinéraire en boucle, avec une distance d’environ 7 km et un dénivelé marqué.
• Équipement : bonnes chaussures de randonnée, vêtements imperméables, couches chaudes, eau et encas, éventuellement sandales ou chaussures d’eau pour les traversées de rivière, et bâtons pour plus de stabilité.
• Saison : de mai à septembre, lorsque le tronc-pont est en place et que les conditions sont plus clémentes ; hors saison, la randonnée est réservée aux marcheurs très expérimentés et familiers des conditions islandaises.
• Public : itinéraire déconseillé aux jeunes enfants, aux personnes sujettes au vertige ou peu à l’aise sur terrain exposé et humide.

A une petite heure de route de Reykjavik, ses coordonnées GPS sont 64°23’28.3″N 21°15’05.6″O (64.39111979517685, -21.25174047148308).

Voici sa position sur Google Maps:

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Glymur n’a pas besoin d’infrastructures ni de panneaux tape-à-l’œil pour marquer les esprits : elle se grave dans les jambes, dans l’odeur de mousse humide et dans ce grondement qui continue de résonner longtemps après le retour à la voiture. Pour qui accepte la boue, les cordes et le froid des rivières, c’est probablement une des plus belles rencontres que l’on puisse faire avec l’Islande sauvage. Elle est donc sur mes tablettes pour mon prochain trip islandais.

Sources pour aller plus loin

Wikipédia
GuideToIceland
Hvammsvik

Canyon emblématique islandais, découvrez également le mystique canyon de Fjaðrárgljúfur.

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