À Braga (Portugal), sur le campus de Gualtar de l’Université du Minho, une statue de Prométhée vous accueille… ou vous met en garde (au choix). La sculpture, connue sous le nom « Prometeu Agrilhoado » (Prométhée enchaîné), est devenue un repère du campus : un point de rendez-vous, un symbole, et une petite leçon de mythologie offerte gratuitement.
Crédit photo Alberto (CC BY-SA 2.0).
Pourquoi Prométhée ? Parce que la connaissance a un petit côté “vol organisé”
Dans la mythologie grecque, Prométhée est le Titan qui défie Zeus pour aider les humains : privé de feu, le monde reste brutal et “bloqué” au stade survie. Il vole l’étincelle aux dieux et la rend aux hommes — et ce feu symbolise bien plus que la cuisson : c’est la technique, l’outil, l’artisanat, bref, la civilisation qui démarre. Évidemment, Zeus n’apprécie pas l’esprit d’initiative : Prométhée est enchaîné et puni, un aigle lui dévorant le foie chaque jour.
Du coup, quand l’Université du Minho choisit Prométhée, le message est assez net : le savoir se conquiert, il éclaire, il transforme le monde… et il a parfois un prix (fatigue, doutes, nuits courtes — heureusement, sans aigle officiel sur le campus, normalement).
Et si vous aimez les mythes qui se matérialisent en “gros objet” dans l’espace public, vous devriez aussi jeter un œil au Cheval de Troie de Çanakkale : autre histoire de ruse et de symbole devenu monument… avec un peu plus de bois et un peu moins de foie en régénération.
Crédit photo Martin aka Maha (CC BY-SA 2.0).
Une sculpture de José Rodrigues, inaugurée en 1992, pensée pour durer
La statue est une œuvre en bronze du sculpteur portugais José Rodrigues, inaugurée en 1992. L’artiste explique avoir été invité via Artur Nobre de Gusmão (Fondation Calouste Gulbenkian), et précise que la pièce a été donnée à l’Université du Minho par la municipalité de Braga. Le bronze n’est pas un caprice : l’œuvre a été conçue ainsi dès le départ pour mieux résister aux conditions climatiques et valoriser l’espace extérieur.
Un ouvrage universitaire consacré à la permanence du mythe de Prométhée rappelle d’ailleurs, noir sur blanc, qu’une sculpture du Titan par José Rodrigues se trouve bien sur le campus de Gualtar.
Un style expressionniste
Oubliez la statue lisse et héroïque. Ici, Prométhée est traité dans un registre expressionniste : tension, fragments, aspérités. L’article de l’université invite le regard à “connecter les morceaux”, à imaginer la roche, les éléments, et même cette base inclinée qui suggère l’âpreté du supplice et du paysage.
Dans le même esprit — l’effort qui recommence, la mécanique du destin, la beauté du “ça ne finit jamais” — vous pouvez faire un détour par cette sculpture cinétique de Sisyphe. Sisyphe, Prométhée : deux façons élégantes de dire “courage” sans offrir de pause café.
Un rituel étudiant (plus sérieux qu’il n’en a l’air)
Selon le journal en ligne de l’Université du Minho, c’est aux pieds de la statue de Prométhée que l’on “jure fidélité” à l’académie en arrivant en première année.
On peut sourire, mais le symbole est redoutablement bien choisi : la connaissance, ça éclaire… et ça engage. Prométhée ne vous promet pas la facilité ; il vous promet que ça vaut le coup.
Une légende étudiante raconte que le bloc de pierre incliné bougerait légèrement chaque fois qu’un étudiant qui est entré à l’université “vierge” en ressort… dans le même état. Et puisque la base resterait “à peine” inclinée, la conclusion (scientifique, bien sûr) serait que la vie sociale du campus se porte très bien. On imagine toutefois les blagues potaches sur le sujet…
Crédit photo Waldir (CC BY-SA 4.0).
Voir la statue de Prométhée de Braga
L’œuvre est installée devant le Complexe pédagogique II du campus de Gualtar. Un document officiel de l’université la présente comme l’image de référence du campus (et pour une fois, ce n’est pas une plaquette marketing : sur place, impossible de la rater).
Ses coordonnées GPS sont : 41° 33′ 34.377″ N, 8° 23′ 50.134″ O (41.55954914030357, -8.397259517804928).
Voici sa position sur Google Maps :
Sources pour aller plus loin
Et si vous aimez quand l’art s’invite à l’université avec une émotion plus douce (et moins “enchaînée”), allez voir ce cœur gonflable à l’Université de Barcelone : autre campus, autre énergie, mais la même idée de transformer un lieu d’étude en expérience sensible.



