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La fabrication des voitures Talbot dans les années 1930 : plongée dans l’usine de Barlby Road à Londres

La fabrication des voitures Talbot dans les années 1930 ressemble à un paradoxe délicieux : à la fois industrielle… et encore très artisanale. Ces clichés rares, pris dans l’usine Talbot de Barlby Road (Ladbroke Grove, Londres), montrent un monde où l’on assemble des moteurs sur des supports pivotants, où l’on teste “à l’oreille”, et où le contrôle qualité a parfois un nom et un visage.

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véhicules en test avant livraison

Talbot, à l’origine Clément-Talbot, naît au début du XXe siècle de l’association entre Adolphe Clément et Charles Chetwynd-Talbot (Earl of Shrewsbury and Talbot). La marque produit à Londres dans une usine dédiée de Barlby Road, tandis que l’écosystème “Talbot / Darracq / Sunbeam” va ensuite se recomposer au gré des fusions du groupe STD Motors (Sunbeam-Talbot-Darracq).

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hall de réception de la partie administrative avec médailles et trophées remportés avant 1914

Au milieu des années 1930, quand STD s’effondre, Rootes reprend la branche londonienne, et Antonio Lago récupère la branche française (Suresnes) qui deviendra Talbot-Lago. Plus tard, la marque Talbot passera notamment par Simca, puis PSA (Peugeot-Citroën).

Barlby Road : une usine “belle époque” qui fabrique des voitures de course… et des légendes

L’usine de Barlby Road n’est pas un hangar anonyme : c’est un site historique de l’automobile londonienne, avec bâtiments administratifs, ateliers et zones de test. Le lieu (aujourd’hui connu via “Ladbroke Hall” et ses transformations) apparaît aussi dans des inventaires patrimoniaux britanniques liés à l’histoire industrielle locale.

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assemblage de moteurs

Dans les années 1930, Talbot jouit d’une réputation “Invincible” (surtout côté britannique) et aligne des modèles performants conçus par l’ingénieur suisse Georges Roesch — un nom qui, dans l’univers des anciennes, fait souvent hocher la tête avec respect.

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test

Ce que révèlent ces photos : une automobile encore construite “à la main”

Ces images ne montrent pas seulement des voitures : elles documentent une méthode.

D’abord, on aperçoit des véhicules en zone de test et prêts à la livraison. À cette époque, sur des châssis séparés et des mécaniques exigeantes, les essais ne sont pas un détail marketing : c’est la dernière ligne droite avant qu’une Talbot parte vivre sa vie (souvent vite).

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3 magnifiques auto conçue par l’ingénieur suisse Georges Roesch

Ensuite, contraste savoureux : le hall de réception exhibe médailles et trophées. On est dans une industrie qui revendique une filiation directe entre l’atelier et la compétition — et qui le met littéralement dans le décor.

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atelier de montage

Le cœur technique, lui, se voit dans les ateliers :
• Assemblage moteur sur supports rotatifs : typique d’une production où l’on “habille” mécaniquement chaque bloc avec une attention quasi horlogère (mais avec de l’huile partout).
• Ateliers de montage et d’usinage : on distingue notamment des opérations sur vilebrequins et des postes qui rappellent combien l’usinage et l’ajustage sont centraux dans la qualité perçue.
• Bancs d’essai moteur : le test n’est pas décoratif ; il est supervisé, documenté… et incarné, comme le montre la mention de Frank Kneebone sur l’une des photos.

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atelier de montage

Focus “modèles” : Talbot 90 / 105, Roesch et la culture de la performance

Roesch n’a pas seulement dessiné de belles mécaniques, il a poussé une approche intégrée du design (efficacité, cohérence, économie de moyens) qui explique pourquoi certaines Talbot des années 1930 sont encore adulées aujourd’hui.

Un exemple emblématique est la Talbot 105 (et ses variantes), modèle sportif britannique du début des années 1930, associé à Roesch et réputé pour ses performances en compétition et en rallyes d’endurance.

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test de moteurs sous la supervision de Frank Kneebone

Si vous aimez les belles mécaniques des années 1930, vous aimerez aussi…

Dans la même veine “âge d’or”, vous pouvez prolonger la visite sur 2Tout2Rien avec d’autres icônes automobiles (certaines très Art déco, d’autres carrément avant-gardistes) :
• La Delahaye Type 165, vitrine française des années 1930.
• La Hispano-Suiza H6B Dubonnet Xenia, chef-d’œuvre carrossé.
• La Schlörwagen, ovni aérodynamique de 1939.
• La Tatra 97, histoire de copie et d’aérodynamisme : https://2tout2rien.fr/la-tatra-97-copiee-par-volkswagen-pour-la-coccinelle/
• La Pierce-Arrow Silver Arrow (1933), vision américaine du futur.
• Le Stout Scarab, ancêtre du monospace.

Sources pour aller plus loin

Vintag.es
Talbot Owners Club
Heritage Gateway (UK)
National Motor Museum (UK)
Revs Institute (Automedia)
Motorsport Magazine (archives)
Open Library

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