Le sculpteur néo-zélandais David McCracken a imaginé un véritable escalier vers le ciel avec son œuvre Diminish and Ascend, une sculpture en aluminium soudé réalisée en 2013. Vue sous le bon angle, elle donne l’impression d’un escalier infini qui monte vers les nuages et finit presque par se dissoudre dans le ciel. L’illusion est simple, mais terriblement efficace.
Reaching up par Matthew Perkins (CC BY-NC 2.0) .
Une perspective forcée
Le principe repose sur une perspective forcée : les marches sont larges à la base puis deviennent de plus en plus petites à mesure qu’elles montent. Résultat, cet escalier du ciel semble continuer bien au-delà de ce qu’il est réellement. L’œuvre mesure pourtant 12 mètres de long, mais elle paraît s’étirer à l’infini dès que l’angle de vue est le bon. David McCracken explique lui-même que l’idée est née d’une réflexion ancienne autour d’un dispositif où le personnage devrait devenir plus petit pour continuer à monter, avant que cela ne se transforme en véritable illusion sculptée
Sous certains angles, Diminish and Ascend ressemble à un simple objet géométrique. Sous d’autres, il devient un escalier vers le paradis, une sorte de passage impossible entre la terre et le ciel. C’est ce qui fait tout son charme : la sculpture ne bouge pas, mais c’est notre regard qui bascule. Dans le même esprit, vous pouvez aussi jeter un œil à cette autre illusion d’optique d’un escalier vers le paradis, qui joue elle aussi avec la perspective et l’idée d’une montée sans fin.
Sculptures by the Sea, Bondi 2013 Stairs par Goran Has (CC BY 2.0).
Un escalier vers le ciel australien
L’œuvre a d’abord été montrée en 2013 lors de Sculpture by the Sea à Bondi, en Australie, où sa silhouette semblait déjà grimper au-dessus du paysage côtier. Elle est aujourd’hui installée dans le Kiosk Lake des Christchurch Botanic Gardens, en Nouvelle-Zélande, un emplacement qui renforce encore son côté irréel avec l’eau, les reflets et le ciel en arrière-plan. Ce décor donne à cet escalier infini une présence presque méditative, comme s’il flottait entre sculpture contemporaine et rêve éveillé.
Ce qui frappe aussi, c’est la sobriété de l’ensemble. Pas besoin d’effets compliqués : une ligne ascendante, des marches qui rétrécissent, et le cerveau fait le reste. L’œuvre évoque à la fois un dessin impossible, une vision surréaliste et une sorte de raccourci vers les hauteurs. Dans une famille voisine, il y a aussi ces escaliers qui ne mènent nulle part, autres curiosités architecturales qui prouvent que les marches aiment parfois brouiller les pistes.
Diminish and Ascend, Christchurch Botanic Gardens, Christchurch.jpg par Michal Klajban (CC BY-SA 4.0).
Des marches vers le paradis?
Si cet escalier vers le ciel marque autant les esprits, c’est sans doute parce qu’il ne raconte presque rien explicitement. Il laisse chacun y projeter ce qu’il veut : un escalier du ciel, une montée vers le paradis, une illusion d’optique géante, ou simplement une belle démonstration de ce que la perspective peut faire à notre perception. Et c’est précisément ce qui rend Diminish and Ascend si réussi : avec très peu de moyens visuels, David McCracken transforme quelques marches d’aluminium en une image qu’on n’oublie pas facilement.
Sources pour aller plus loin
• Le site web de l’artiste ici
• Scape Public Art
• Atlas Obscura
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