Brian Gomes est un tatoueur brésilien connu pour ses tatouages inspirés par l’Amazonie, où les lignes noires, les motifs géométriques et les références aux graphismes indigènes composent des pièces très visuelles.
Ses tatouages évoquent les traditions graphiques de peuples d’Amazonie, notamment du Brésil et du Pérou, sans se limiter à une simple copie décorative. Chez lui, les motifs deviennent une écriture corporelle contemporaine : lignes serrées, symétries, pointillisme, mandalas, aplats noirs et compositions qui suivent les volumes du corps. Bref, de la géométrie avec un peu plus d’âme qu’un vieux rapport Excel.
À retenir
- Brian Gomes crée des tatouages inspirés par l’Amazonie, avec des motifs noirs, géométriques et très graphiques.
- Son travail réinterprète des influences indigènes, spirituelles et ornementales, notamment autour des graphismes amazoniens, du pointillisme et de la géométrie sacrée.
- Le mot “tribal” doit être manié avec prudence : il décrit ici un vocabulaire visuel, pas une signification universelle prête à coller sous chaque motif.
- La force de ses tatouages vient de leur adaptation au corps, avec des lignes qui épousent les bras, le dos, les épaules, les jambes ou le torse.
Brian Gomes, un tatoueur brésilien inspiré par l’Amazonie
Brian Gomes puise une partie de son inspiration dans les graphismes indigènes brésiliens, les motifs amazoniens, la géométrie sacrée, le pointillisme, les mandalas, mais aussi certaines traditions ornementales islamiques et orientales.
Cette combinaison donne à ses tatouages une identité très reconnaissable. On n’est pas dans le “tribal” générique des années 1990, version bracelet noir posé sur biceps de salle de sport. Les pièces de Brian Gomes sont plus denses, plus fines, plus architecturées. Elles ressemblent parfois à des cartes, à des textiles, à des parures ou à des visions géométriques qui auraient trouvé leur place sur la peau.
Il décrit le tatouage comme un espace intime, presque spirituel. Cette approche se ressent dans ses compositions : les motifs ne sont pas seulement décoratifs, ils cherchent à accompagner le corps, à l’habiter, à créer une présence.
Des tatouages amazoniens entre lignes noires et motifs organiques
Les tatouages de Brian Gomes reposent souvent sur une tension intéressante : ils sont très géométriques, mais ils ne paraissent pas froids. Les lignes se répètent, les formes s’emboîtent, les symétries structurent l’ensemble, mais le résultat garde quelque chose d’organique.
C’est particulièrement visible dans les grandes pièces, où les motifs s’adaptent aux épaules, au torse, au dos ou aux membres. La peau n’est pas seulement un support plat : elle devient une surface mouvante, avec ses courbes, ses tensions et ses changements d’échelle.
Dans cette manière de mêler motifs anciens et langage contemporain, on peut faire un parallèle avec les tatouages de motifs traditionnels dans un style moderne de PittaKKM. Les univers culturels sont différents, mais la logique est proche : reprendre des formes héritées, les adapter à un regard actuel, puis les faire dialoguer avec le corps.
Le rôle central de la géométrie
La géométrie est l’un des ressorts les plus visibles dans les tatouages amazoniens de Brian Gomes. Triangles, lignes parallèles, chevrons, cercles, réseaux de points et formes imbriquées créent une impression de rythme. L’œil suit les motifs comme une partition graphique.
Cette approche rejoint certains travaux contemporains du tatouage géométrique, comme les tatouages géométriques de Brandon Crone, où dotwork, blackwork et composition sacrée produisent des pièces très minutieuses. Chez Brian Gomes, la géométrie semble toutefois moins cosmique et plus enracinée dans des références amazoniennes.
On retrouve aussi cette idée d’un tatouage qui suit le corps dans les tatouages géométriques de Chaim Machlev, dont les lignes noires épousent souvent la morphologie du modèle. Gomes travaille autrement, mais la même question revient : comment faire qu’un motif ne soit pas seulement posé sur la peau, mais construit avec elle ?
Des influences indigènes à manier avec respect
Ses créations font parfois référence aux Shipibo-Conibo et aux Huni Kuin, deux peuples dont les cultures visuelles comportent des graphismes complexes. Chez les Shipibo-Konibo, les motifs appelés kené sont liés à des systèmes de lignes appliqués sur des textiles, des objets, des céramiques et le corps. Du côté Huni Kuin, les kene kuin, ou “vrais dessins”, occupent aussi une place importante dans les savoirs graphiques et textiles.
Il faut cependant éviter un raccourci fréquent : croire qu’un motif amazonien aurait toujours une traduction simple, du type “ce triangle veut dire courage” ou “cette ligne veut dire esprit du jaguar”. Dans beaucoup de cultures graphiques, les motifs s’inscrivent dans des contextes précis, des usages, des savoirs, parfois des rituels, et ne se résument pas à une légende de tatouage copiée sur Pinterest entre deux recettes de banana bread.
Brian Gomes ne propose donc pas un dictionnaire de symboles amazoniens. Son travail relève plutôt d’une réinterprétation contemporaine, nourrie par des références indigènes, spirituelles et ornementales. Il faut admirer la force visuelle des tatouages tout en restant prudent sur les significations.
Le noir, le pointillisme et le rythme du corps
Une grande partie de l’impact visuel vient de l’encre noire. Le noir permet de créer des contrastes forts, de rendre les motifs très lisibles et de donner aux compositions une présence presque sculpturale.
Le pointillisme ajoute une autre dimension. En variant la densité des points, le tatoueur peut produire des ombres, des transitions, des zones de respiration. Les motifs ne sont alors pas seulement dessinés : ils vibrent légèrement, comme s’ils avaient une texture.
Dans un registre plus délicat mais toujours lié à l’encre noire, on peut aussi regarder les tatouages noirs blackwork de Jessie Cohen. Là encore, le noir n’est pas seulement une couleur : c’est une manière de construire un langage visuel.
Entre art corporel, tradition et composition contemporaine
Les tatouages de Brian Gomes fonctionnent parce qu’ils restent lisibles à plusieurs niveaux. De loin, ils forment de grandes silhouettes noires, puissantes et structurées. De près, ils révèlent un réseau de petits motifs, de répétitions, de lignes et de détails.
Cette double lecture explique sans doute pourquoi ses créations circulent bien en image. Elles attirent immédiatement l’œil, puis gardent assez de complexité pour que l’on s’y attarde. C’est aussi le cas d’autres formes de tatouage très graphiques, comme les tatouages cubistes d’Expanded Eye, où la fragmentation géométrique transforme le corps en support narratif.
Chez Brian Gomes, le récit passe moins par des personnages ou des scènes que par une impression générale : celle d’un corps devenu surface rituelle, géométrique, presque textile. Avec, heureusement, un peu moins de repassage qu’un textile.
Le piège des significations toutes faites
Face à ces motifs très graphiques, on a vite envie de leur attribuer une signification unique. Pourtant, un tatouage inspiré par l’Amazonie ne se lit pas comme un pictogramme universel : son sens dépend du motif choisi, de son contexte culturel, de son usage et de l’histoire personnelle de celui qui le porte.
Un tatouage inspiré par l’Amazonie peut évoquer la forêt, les peuples autochtones, le lien au vivant, le voyage, la protection, une mémoire familiale, une démarche spirituelle ou simplement une admiration pour un graphisme très puissant. Mais il serait risqué de coller une signification fixe à l’ensemble des motifs.
C’est la bonne manière de lire Brian Gomes : non pas comme un fournisseur de symboles prêts-à-tatouer, mais comme un artiste qui transforme des influences multiples en compositions personnelles. Le tatouage gagne alors en nuance, ce qui ne fait jamais de mal. Même à Google.
Quelques tatouages amazoniens de Brian Gomes
Voici quelques tatouages amazoniens de Brian Gomes, entre motifs tribaux, lignes géométriques, pointillisme et compositions inspirées des graphismes indigènes du Brésil et du Pérou.
Toutes les photos: crédits BrianGomes .
FAQ rapide
Qui est Brian Gomes ?
Brian Gomes est un tatoueur brésilien connu pour ses tatouages inspirés par les graphismes amazoniens, la géométrie sacrée, le pointillisme et différentes traditions ornementales.
Que signifie un tatouage amazonien ?
Un tatouage amazonien peut évoquer l’Amazonie, la forêt, les peuples autochtones, la protection, le lien au vivant ou une recherche graphique personnelle. Mais il n’existe pas une signification unique valable pour tous les motifs.
Peut-on parler de tatouage tribal amazonien ?
Oui, si le terme décrit une inspiration visuelle liée à des motifs tribaux ou indigènes. Mais il faut rester prudent : chaque peuple, chaque motif et chaque usage possède son propre contexte culturel.
Pourquoi les tatouages de Brian Gomes sont-ils très géométriques ?
La géométrie permet de créer du rythme, de structurer les grandes pièces et d’adapter les motifs aux volumes du corps. Elle renforce aussi le lien avec certains graphismes traditionnels amazoniens, souvent composés de lignes, de répétitions et de formes imbriquées.
Les motifs de Brian Gomes viennent-ils uniquement d’Amazonie ?
Non. Son travail est aussi nourri par la géométrie sacrée, le pointillisme, les mandalas et des influences ornementales islamiques et orientales. C’est cette combinaison qui donne à ses tatouages leur style particulier.
Sources pour aller plus loin
- Instagram — compte de Brian Gomes
- My Modern Met — présentation des tatouages amazoniens de Brian Gomes
- Bored Panda — galerie de tatouages inspirés par les graphismes indigènes brésiliens
- Tattoofilter — fiche de Brian Gomes
- Endangered Material Knowledge Programme — documentation sur les motifs Huni Kuin
- Kené Amazon — présentation des motifs kené shipibo-conibo





























