Le bassaris rusé (Bassariscus astutus), appelé aussi ringtail ou ring-tailed cat en anglais, est un petit mammifère nocturne d’Amérique du Nord. Malgré son allure de mini-chat à longue queue rayée, il n’appartient pas aux félins : il fait partie de la famille des Procyonidés, celle des ratons laveurs et des coatis. En clair, son nom anglais promet un chat, mais la zoologie, elle, range l’animal du côté des cousins masqués.
Crédit photo Josh More (CC BY-NC-ND 2.0).
À retenir
Le bassaris rusé est un petit carnivore nord-américain de la famille du raton laveur. Il vit surtout dans les zones rocheuses et les canyons, sort la nuit, grimpe comme un acrobate et porte une longue queue annelée presque aussi longue que son corps. Il n’est pas menacé à l’échelle mondiale, mais il reste discret, vulnérable aux routes et à la fragmentation de son habitat.
Pourquoi l’appelle-t-on ringtail cat s’il n’est pas un chat ?
La confusion vient surtout de sa silhouette. Le bassaris rusé a un corps de taille féline, un visage un peu renard, de grandes oreilles ovales et une longue queue touffue annelée de noir et de blanc. Le musée du désert d’Arizona rappelle d’ailleurs que les ringtails sont souvent appelés à tort ringtail-cats ou miner’s cats, alors que leurs plus proches parents sont en réalité le raton laveur et le coati. Cela en fait un animal parfait pour les amateurs de bestioles qui brouillent les pistes, un peu comme le chien raton laveur, qui n’est ni un chien ordinaire ni un raton laveur ou comme l’ocelot, qui lui, pour le coup, est un vrai félin des Amériques.
Crédit photo Robertbody (CC BY-SA 3.0).
S’il est faussement surnommé chat, c’est probablement à cause de cette façon de faire sa toilette en léchant sa patte et l’utilisant ensuite pour nettoyer ses oreilles, son museau et sa fourrure. Il fait parti du genre Bassariscus qui comprend trois autres espèces: Bassariscus antiquus, Bassariscus minimus et Bassariscus sumichrasti.
Crédit photo Robertbody (CC BY-SA 3.0).
À quoi ressemble le bassaris rusé ?
C’est un petit mammifère léger : il pèse en général entre 824 g et 1,338 kg. Son corps mesure environ 30,5 à 42 cm, auquel s’ajoute une queue de 31 à 44,1 cm, soit pratiquement la longueur du reste de l’animal. Cette queue rayée, très visuelle, lui sert notamment d’équilibre lorsqu’il grimpe dans les rochers, les arbres ou les parois abruptes. Le museau évoque un renard, les oreilles sont grandes, et les griffes sont semi-rétractiles, ce qui aide beaucoup quand on mène une vie de gymnaste nocturne.
Crédit photo Tatiana Gettelman (CC BY-NC-SA 2.0).
Où vit-il ?
Le bassaris rusé vit dans les régions sèches et rocheuses d’Amérique du Nord, avec une répartition allant du sud-ouest des États-Unis jusqu’au Mexique. Les sources consultées le signalent notamment du sud de l’Oregon au Texas, en passant par la Californie, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, l’Utah, le Colorado, le Nevada, l’Oklahoma et le Kansas, ainsi que dans le nord du Mexique. Il affectionne particulièrement les canyons, les éboulis, les zones rocheuses associées à l’eau, les cavités, les troncs creux et même parfois les vieux bâtiments ou les puits de mine abandonnés (pas les sous-marins évidemment).
Crédit photo Josh More (CC BY-NC-ND 2.0)
S’il est difficile à voir, on peut toutefois l’entendre avec sa gamme d’appels variée. Les adultes communiquent par des aboiements forts ou des gémissements longs, tandis que les jeunes s’expriment avec des séries de gazouillis et de couinements.
Crédit photo Josh More (CC BY-NC-ND 2.0).
Un acrobate nocturne taillé pour les falaises
Le bassaris rusé est surtout actif la nuit. Il passe la journée dans son gîte, puis sort pour chercher sa nourriture. Son talent le plus impressionnant reste sans doute sa capacité à grimper presque partout : certaines sources indiquent que ses articulations arrière peuvent pivoter à 180° ou davantage, ce qui lui permet de descendre tête la première des troncs et des parois rocheuses avec une aisance assez insolente. C’est un détail anatomique très pratique quand votre existence consiste à fréquenter des falaises plutôt que des trottoirs.
Crédit photo Josh More (CC BY-NC-ND 2.0).
Ce mode de vie très discret explique aussi pourquoi l’animal reste peu vu malgré une répartition assez large. Le National Park Service le décrit comme strictement nocturne et faisant de son mieux pour éviter la détection. En somme, ce n’est pas le genre de mammifère qui pose volontiers pour les touristes. Pour un parent plus arboricole du même grand groupe, vous pouvez d’ailleurs faire un crochet par l’oliguinto, cet autre petit mammifère qui a longtemps été confondu avec ses cousins.
Crédit photo Tatiana Gettelman (CC BY-NC-SA 2.0).
Que mange le bassaris rusé ?
Le bassaris rusé est omnivore, avec un menu assez souple : surtout des rongeurs, oiseaux, reptiles, amphibiens, insectes et de la charogne, mais aussi des fruits et des baies. Il ne joue donc pas dans la catégorie du prédateur ultra-spécialisé ; il mange ce que le terrain, la saison et l’occasion mettent à sa portée. C’est probablement moins glamour qu’un menu gastronomique, mais beaucoup plus efficace quand on vit dans des milieux secs et rocailleux.
Crédit photo Joachim S. Müller (CC BY-NC-SA 2.0).
Le bassaris rusé est-il dangereux ?
S’il a été domestiqué à une époque par les indiens, le bassaris rusé cherche avant tout à éviter l’humain. Le National Park Service insiste sur son caractère furtif et nocturne, et une fiche d’extension de l’Utah State University rappelle que, comme pour tout animal sauvage, il vaut mieux le laisser tranquille car il peut se défendre avec un un cri strident et ses petites dents acérés s’il se sent menacé. Il est d’ailleurs aussi parfois appelé chat-civette car il sécrète une forte odeur dégoutante lorsqu’il se sent en danger. Autrement dit, ce n’est pas un petit monstre de canyon ; c’est surtout un animal discret qu’il vaut mieux admirer sans essayer de le transformer en chat de salon.
Crédit photo Pixelfugue (CC BY 3.0)
Est-il menacé ?
À l’échelle mondiale, le bassaris rusé est classé en préoccupation mineure (Least Concern) sur la Liste rouge de l’UICN, et Animal Diversity Web ne lui attribue pas de statut de conservation particulier. Cela ne signifie pas pour autant qu’il vit une existence sans souci. Le musée du désert d’Arizona souligne que les routes, la fragmentation de l’habitat et, historiquement, le piégeage pour la fourrure ont compté parmi les principales pressions sur l’espèce. En Arizona, l’animal a même obtenu en 1986 le statut de mammifère officiel de l’État, ce qui est une belle récompense pour un spécialiste du camouflage social.
Crédit photo Joachim S. Müller (CC BY-NC-SA 2.0).
A noter que s’il est un chasseur, il est également une proie et le ringtail-cat doit se méfier de nombreux prédateurs comme le grand-duc, le coyote, le lynx ou le puma..
Crédit photo Daderot (CC0).
Vidéo du bassaris rusé
Après la viscache, voici une vidéo du bassaris rusé ou ring-tailed cat, prise avec un piège photo nocturne:
Pourquoi ce petit mammifère plaît autant ?
Le bassaris rusé coche plusieurs cases très efficaces : il a une bouille expressive, une queue spectaculaire, une vraie élégance de funambule, et ce charme particulier des animaux qu’on croit connaître avant de se rendre compte qu’on s’est trompé de famille. C’est un “faux chat”, un vrai procyonidé, un acrobate nocturne et un petit fantôme des canyons. Pas étonnant qu’il réussisse à bien performer dans les recherches : il a tout d’un animal qui donne envie de cliquer, sans avoir besoin d’en faire des caisses.
Pourtant ce petit animal fait parti de la famille du raton-laveur (Procyonidae) et n’a pas grand chose de commun avec le chat, de la même façon que le quoll est appelé chat marsupial.
Crédit photo Tatiana Gettelman (CC BY-NC-SA 2.0).
Crédit photo Joachim S. Müller (CC BY-NC-SA 2.0).
Sources pour aller plus loin
• Animal Diversity Web – Bassariscus astutus
• Arizona-Sonora Desert Museum – Ringtail
• Texas Parks and Wildlife – Ringtail
• GBIF – Bassariscus astutus
• National Park Service – Ringtail
• Northern Arizona University – Ringtail factsheet
Mammifère avec un air de renard également, découvrez le loup à crinière, Chrysocyon brachyurus.














Bel animal qui me fait plus penser à un loir ou un lérot qu’à un chat.