Voici une petite série d’images de possums et d’opossums, deux groupes de mammifères marsupiaux que l’on rencontre respectivement en Australie et dans les Amériques. Avec leurs grandes oreilles, leurs yeux expressifs et leur habitude de grimper aux arbres, ces animaux possèdent d’étonnantes ressemblances physiques.
Les « possums » ont été appelés ainsi par les colons européens arrivés en Australie, à cause de leur ressemblance avec les opossums d’Amérique, le « o » disparaissant peu à peu de l’anglais local. Pourtant, possum et opossum sont bien différents, aussi bien par leur origine que par leur alimentation et leur anatomie. J’avoue avoir toujours du mal, pour ma part, à les distinguer au premier coup d’œil.

À gauche, un opossum de Virginie (Didelphis virginiana), photographié par Orsulak / U.S. Fish and Wildlife Service (CC BY 2.0). À droite, un possum australien à queue touffue (Trichosurus vulpecula), photographié en Tasmanie par Charles J. Sharp (CC BY-SA 4.0). Montage des deux photographies originales, disposées côte à côte.
À retenir
- Les possums vivent naturellement en Australie, en Nouvelle-Guinée et dans les régions voisines, tandis que les opossums sont originaires des Amériques.
- Ce sont tous des marsupiaux, mais ils appartiennent à des lignées zoologiques différentes.
- Le possum à queue touffue australien possède un pelage dense et une queue fournie ; l’opossum de Virginie a un museau plus pointu et une queue presque nue.
- Les opossums américains sont généralement omnivores, tandis que de nombreux possums australiens se nourrissent principalement de végétaux.
- L’expression anglaise playing possum, qui signifie « faire le mort », fait référence à un comportement défensif caractéristique de certains opossums américains.
Possum et opossum : quelles différences ?
La principale différence entre possum et opossum est leur origine géographique. Les deux animaux sont des marsupiaux, mais leur évolution s’est déroulée séparément pendant des millions d’années.
Les opossums appartiennent à l’ordre des Didelphimorphia, qui regroupe des marsupiaux américains. Les possums australiens appartiennent à d’autres lignées, principalement au sein de l’ordre des Diprotodontia, qui comprend aussi les kangourous, les koalas et les wombats.
Il ne s’agit donc pas de deux noms différents pour le même animal.
| Caractéristique | Possum australien | Opossum américain |
|---|---|---|
| Répartition | Australie, Nouvelle-Guinée et îles voisines | Amérique du Nord, centrale et du Sud |
| Groupe zoologique | Principalement Diprotodontia | Didelphimorphia |
| Espèce représentative | Trichosurus vulpecula | Didelphis virginiana |
| Museau | Souvent assez court et arrondi | Souvent plus allongé et pointu |
| Queue | Souvent poilue, parfois préhensile | Souvent peu poilue, parfois préhensile |
| Alimentation | Principalement végétale chez beaucoup d’espèces | Généralement omnivore |
| Mode de vie | Souvent arboricole et nocturne | Terrestre et arboricole selon les espèces |
Ces distinctions permettent de reconnaître les espèces les plus connues, mais il faut garder à l’esprit que les possums et les opossums regroupent chacun de nombreuses espèces d’apparences et de tailles différentes.
Le possum, un marsupial australien souvent arboricole
Les possums australiens sont des mammifères généralement nocturnes, qui passent une grande partie de leur temps dans les arbres.
Le possum à queue touffue (Trichosurus vulpecula) est l’un des plus connus. Il possède de grandes oreilles arrondies, un museau relativement court et une épaisse fourrure grise, brune ou parfois presque noire.
Sa queue touffue lui sert notamment à conserver son équilibre lorsqu’il se déplace dans les branches.
Ces animaux se nourrissent principalement de feuilles, de fleurs, de bourgeons et de fruits. Certaines espèces complètent cependant leur régime alimentaire avec des insectes ou d’autres ressources.
Contrairement aux opossums américains, les possums australiens ne sont donc pas généralement omnivores au même degré, même si les habitudes alimentaires varient considérablement d’une espèce à l’autre.
Le possum pygmée, un minuscule marsupial
Tous les possums ne sont pas de gros animaux à queue touffue.
Certains sont minuscules, comme le possum pygmée oriental (Cercartetus nanus), que l’on rencontre dans le sud-est de l’Australie.
Cet animal ne mesure qu’environ 7 à 11 centimètres de longueur pour le corps, sans compter sa queue.
Il possède de grands yeux noirs, un museau pointu et une queue préhensile qui l’aide à grimper.

Un possum pygmée oriental (Cercartetus nanus), petit marsupial australien. Crédit photo : Catching The Eye (CC BY 2.0).
Ce petit animal se nourrit notamment de nectar, de pollen et d’insectes. Il peut entrer dans un état de torpeur afin de réduire sa consommation d’énergie lorsque les conditions deviennent défavorables.
Il existe également d’autres marsupiaux australiens aux adaptations spectaculaires, comme le grand phalanger volant, capable de planer d’un arbre à l’autre grâce à une membrane de peau.
L’opossum, un marsupial originaire d’Amérique
Les opossums sont présents sur le continent américain, depuis le Canada pour l’espèce la plus septentrionale jusqu’à de nombreuses régions tropicales et tempérées d’Amérique centrale et du Sud.
L’opossum de Virginie (Didelphis virginiana) est le plus connu en Amérique du Nord.
Il possède un museau allongé, une face souvent blanchâtre, des oreilles relativement peu poilues et une longue queue presque nue.
Malgré son apparence qui peut rappeler celle d’un gros rat, l’opossum n’est pas un rongeur, mais un marsupial.

Un opossum dans un arbre. Crédit photo : Josh Henderson (CC BY-SA 2.0).
Un animal omnivore et opportuniste
Si les opossums américains sont souvent considérés comme carnivores, leur alimentation est en réalité beaucoup plus variée.
L’opossum de Virginie est omnivore. Il consomme des insectes, des vers, des fruits, de petits animaux, des œufs et parfois des cadavres d’animaux.
Il peut également rechercher de la nourriture dans les jardins ou à proximité des habitations.
Cette capacité à utiliser des ressources alimentaires très différentes explique en partie pourquoi il parvient à vivre dans des environnements variés, y compris autour des villes.
Il possède un odorat développé et explore souvent son environnement durant la nuit.
Pourquoi les appelle-t-on possum et opossum ?
Les noms de ces deux groupes d’animaux sont si proches qu’ils entretiennent depuis longtemps la confusion.
Le mot opossum provient d’une langue autochtone d’Amérique du Nord, généralement rattachée à l’algonquien de Virginie. Il a été repris par les Européens pour désigner les marsupiaux rencontrés dans le Nouveau Monde.
Lorsque les colons britanniques sont arrivés en Australie, ils ont découvert d’autres marsupiaux arboricoles qui leur rappelaient les opossums américains.
Ils leur ont donné un nom similaire, possum, qui s’est imposé dans l’anglais australien.
Le nom commun reflète donc une ressemblance physique perçue par les premiers Européens, et non une proximité zoologique particulièrement étroite.
Ces deux groupes partagent néanmoins les grandes caractéristiques des marsupiaux, notamment la naissance de petits très peu développés qui poursuivent leur croissance au contact des mamelles maternelles, souvent dans une poche.
Les bébés opossums et possums : deux petits marsupiaux attendrissants
Chez les opossums, les petits naissent après une gestation très courte.
Ils sont alors minuscules et doivent rejoindre rapidement les mamelles de leur mère pour continuer à se développer.
Chez l’opossum de Virginie, la mère possède une poche marsupiale dans laquelle les jeunes passent les premières semaines de leur vie.

De jeunes opossums de Virginie (Didelphis virginiana). Crédit photo : California Department of Fish and Wildlife (CC BY 2.0).
Lorsque les bébés deviennent plus grands, ils quittent progressivement la poche mais continuent à accompagner leur mère.
On peut alors observer plusieurs petits accrochés à sa fourrure, parfois installés sur son dos.
C’est l’une des images les plus caractéristiques de l’opossum américain.

Une mère opossum accompagnée de ses petits. Crédit photo : U.S. Fish and Wildlife Service (CC BY 2.0).
Chez de nombreux possums australiens, les jeunes passent également leurs premiers mois dans une poche marsupiale.
Leur développement et le nombre de petits varient cependant selon les espèces.
Pourquoi l’opossum fait-il le mort ?
L’opossum de Virginie possède une stratégie de défense particulièrement insolite.
Lorsqu’il se sent menacé, il peut d’abord ouvrir sa gueule, montrer ses dents, souffler ou tenter d’intimider son adversaire.
Mais face à une menace intense, il lui arrive d’adopter un comportement beaucoup plus surprenant : il s’effondre et paraît mort.
Ce phénomène est appelé thanatose.
L’animal peut rester immobile, la gueule ouverte et les muscles relâchés. Il peut également émettre une odeur désagréable, ce qui contribue à décourager certains prédateurs.
Il ne s’agit pas simplement d’une comédie volontaire : cette réaction est largement involontaire et liée à un état de stress intense.
C’est de là que vient l’expression anglaise playing possum, qui signifie « faire le mort » ou, par extension, feindre l’inactivité.

Photographie intitulée « Playing Possum, a Little Thing that turned out to be a happy experience ». Crédit photo : Bennilover (CC BY-ND 2.0). Image reproduite sans modification.
La particularité du comportement reste néanmoins bien documentée chez l’opossum de Virginie.
Le possum australien, une espèce envahissante en Nouvelle-Zélande
Les possums ne vivent pas uniquement dans leur région d’origine.
Au XIXe siècle, le possum à queue touffue australien a été introduit en Nouvelle-Zélande, notamment pour développer une industrie de la fourrure.
L’espèce s’y est multipliée en l’absence de plusieurs de ses prédateurs naturels australiens.
Elle est aujourd’hui considérée comme une espèce envahissante ayant d’importantes conséquences écologiques.
Les possums consomment le feuillage, les bourgeons et les fleurs de nombreuses plantes indigènes, pouvant contribuer à la dégradation de certaines forêts.
Ils peuvent aussi consommer des œufs et des oisillons, et représentent un problème pour plusieurs espèces d’oiseaux néo-zélandais.
Les autorités mènent donc des programmes de gestion destinés à réduire leurs populations.
Le même animal peut ainsi faire partie intégrante d’un écosystème en Australie et devenir une menace pour la biodiversité après avoir été introduit ailleurs.

Possum photographié le 5 février 2019. Crédit photo : interestedbystandr (CC BY 2.0).
Deux animaux qui se ressemblent, mais pas tant que ça
Des animaux donc bien différents, bien qu’ils aient des ressemblances physiques parfois trompeuses.
Pour les reconnaître plus facilement, il suffit souvent d’observer le museau, la forme des oreilles et surtout la queue. Chez les espèces les plus connues, le possum australien présente un aspect plus rond et plus fourni, tandis que l’opossum américain possède un museau allongé et une queue presque dépourvue de poils.
Cela reste toutefois une simplification : il existe de nombreux possums et opossums, et tous ne correspondent pas exactement à ces descriptions.

Un jeune marsupial photographié de près, dont l’identification précise demande confirmation. Crédit photo : E Nava (CC BY 2.0).
Après l’oliguinto, un petit mammifère carnivore découvert dans les forêts d’Amérique du Sud, ces marsupiaux montrent une nouvelle fois à quel point des animaux peuvent se ressembler sans appartenir à la même lignée.
Et dans la catégorie des mammifères aux visages inhabituels, difficile de ne pas évoquer également l’aye-aye de Madagascar, un primate nocturne dont le museau et les grandes oreilles peuvent rappeler certains petits marsupiaux.
Sources pour aller plus loin
- Australian Museum — Common Brushtail Possum : description, alimentation et habitat du possum à queue touffue.
- Australian Museum — Eastern Pygmy Possum : caractéristiques du possum pygmée oriental.
- University of Michigan, Animal Diversity Web — Didelphis virginiana : alimentation, reproduction et comportement de l’opossum de Virginie.
- Department of Conservation, Nouvelle-Zélande — Possums : introduction de l’espèce et impacts écologiques.

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