Sur la côte nord-ouest de la Sicile, entre Scopello et San Vito Lo Capo, environ 7 kilomètres de falaises calcaires, de palmiers nains et de petites criques turquoise échappent encore presque totalement aux routes et aux constructions. Dans la réserve naturelle du Zingaro, on laisse la voiture à l’entrée et on continue à pied, avec la Méditerranée pour récompense régulière.
Cette absence d’asphalte n’est pourtant pas due au hasard. Une route côtière avait commencé à être construite dans les années 1970 avant qu’une mobilisation populaire ne stoppe le projet. Lors de notre passage au Zingaro en juillet 2026, nous avons emprunté depuis Scopello ce qui aurait justement dû devenir cette route, avant de rejoindre Cala Capreria, de dominer Cala del Varo puis de nous baigner à Cala della Disa. Presque un an après le violent incendie de juillet 2025, les troncs noirs côtoyaient déjà de nouvelles pousses vertes.
Cala della Disa et ses eaux transparentes dans la réserve du Zingaro. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
À retenir
- La réserve naturelle du Zingaro protège environ 1 600 hectares sur 7 kilomètres de côte entre Scopello et San Vito Lo Capo.
- Créée en 1981, elle est la première réserve naturelle instituée en Sicile.
- Une route côtière avait commencé à être construite en 1976 avant d’être abandonnée après une importante mobilisation populaire.
- Le sentier côtier complet mesure environ 7 km dans un sens et relie les entrées sud et nord.
- En partant de Scopello, on rencontre notamment Cala Capreria, Cala del Varo, Cala della Disa, Cala Beretta, Cala Marinella puis les criques du secteur de l’Uzzo.
- Après l’incendie de juillet 2025, la réserve a progressivement rouvert en 2026 ; les deux entrées et les principaux sentiers étaient de nouveau accessibles avant l’été.
- La réserve abrite environ 700 espèces végétales recensées, ainsi que des espèces remarquables comme l’aigle de Bonelli et le faucon pèlerin.
Une côte qui aurait dû être traversée par une route
L’histoire du Zingaro commence curieusement par un morceau de route qui ne mène nulle part.
À partir de 1976, des travaux sont engagés pour créer une liaison routière côtière entre Castellammare del Golfo et San Vito Lo Capo. Une partie du tracé est préparée et une galerie est creusée dans la roche près de l’actuelle entrée sud.
Elle existe toujours.
Le tunnel creusé pour la route côtière qui devait traverser le Zingaro. Il fait aujourd’hui partie du parcours à pied depuis l’entrée sud. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
Dans les années suivantes, associations de protection de la nature et habitants se mobilisent contre le projet. Le mouvement culmine le 18 mai 1980, lorsqu’environ 3 000 personnes participent à une marche de protestation et prennent symboliquement possession du territoire.
Le projet routier est finalement abandonné.
Le 6 mai 1981, la loi régionale n°98 institue officiellement la Riserva Naturale Orientata dello Zingaro, première réserve naturelle de Sicile.
Le tunnel est donc devenu un monument involontaire. Il avait été creusé pour faire entrer les automobiles dans le Zingaro ; près d’un demi-siècle plus tard, les visiteurs le traversent à pied avant de s’engager dans une zone où aucune route littorale n’a finalement été construite.
Il existe des échecs de travaux publics qui vieillissent plutôt bien.
7 kilomètres de sentier entre montagne et Méditerranée
La réserve occupe environ 1 600 hectares à l’extrémité occidentale du golfe de Castellammare. La côte est dominée par des reliefs calcaires qui montent rapidement depuis la mer, certains sommets dépassant largement 800 mètres.
Le sentier côtier est le parcours le plus accessible et le plus directement lié aux criques. Le site officiel annonce environ 7 km et deux heures de marche dans un sens, durée qui correspond évidemment à quelqu’un qui résiste héroïquement à l’envie de descendre se baigner tous les vingt minutes.
En pratique, les détours jusqu’aux plages, les arrêts et les baignades peuvent facilement transformer la balade en excursion d’une demi-journée ou davantage.
Lors de notre visite, nous sommes partis de l’entrée sud, côté Scopello. L’objectif était d’aller jusqu’à l’entrée nord mais entre les arrêts baignade et la chaleur intense nous avons fait demi-tour avant.
Le littoral du Zingaro depuis le sentier côtier, avec les palmiers nains au premier plan. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
Cala Capreria, la première baignade depuis Scopello
Depuis l’entrée sud, Cala Capreria est la première crique accessible à pied. Elle se rejoint en une vingtaine de minutes environ, davantage évidemment si l’on s’arrête à chaque point de vue, ce qui est une maladie assez fréquente dans le secteur.
Les falaises calcaires entourent plusieurs petites zones de galets et de rochers. Sous le soleil, le fond clair donne à l’eau des nuances allant du vert transparent au bleu turquoise.
Les rochers et l’eau cristalline de Cala Capreria, près de l’entrée sud du Zingaro. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
Sa proximité avec Scopello en fait aussi l’une des criques les plus fréquentées de la réserve. Il suffit cependant de reprendre un peu de hauteur sur le sentier pour retrouver rapidement une côte beaucoup plus austère, où le maquis et les palmiers remplacent les serviettes de plage.
Cala della Disa et son eau presque transparente
Quelques kilomètres après l’entrée sud apparaît Cala della Disa, également appelée Cala dello Zingaro.
Elle forme une baie plus ouverte que Cala Capreria, bordée de galets et entourée de falaises aux teintes blanches, grises et orangées. Les fonds clairs et rocheux rendent l’eau particulièrement transparente lorsque la mer est calme.
Le nom « Disa » fait référence à l’Ampelodesmos mauritanicus, une grande graminée méditerranéenne très présente dans la réserve et connue localement sous ce nom.
C’est à Cala della Disa que nous avons fait notre principale pause baignade.
Après avoir marché sous le soleil sicilien, l’envie de procéder à une étude approfondie de la température de l’eau s’impose assez naturellement.
La côte occidentale de la Sicile possède d’autres eaux étonnamment transparentes. Plus au large, sur Favignana, Cala Rossa offre elle aussi un étonnant contraste entre roche claire et mer turquoise, même si son paysage est très différent de celui du Zingaro.
Cala Beretta, une petite crique au milieu du Zingaro
En poursuivant au-delà de Cala della Disa, le sentier côtier rejoint Cala Beretta, parfois orthographiée Cala Berretta. Située presque au centre de la réserve, à environ 3,8 km des deux entrées, elle demande davantage de marche que les criques proches de Scopello et reste généralement plus tranquille.
Une petite descente permet de rejoindre cette crique encaissée entre les rochers et la végétation méditerranéenne. Sa plage mêle petits galets et graviers clairs tandis que, sous l’eau, les roches calcaires donnent par endroits à la mer des nuances particulièrement transparentes, du vert émeraude au bleu profond.
Cala Beretta, l’une des petites criques de la réserve naturelle du Zingaro. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
Les premiers mètres sont relativement peu profonds avant que le fond ne descende progressivement vers le large. Lorsque la mer est calme, la transparence de l’eau en fait également un bon endroit pour sortir masque et tuba.
Cala Marinella, une piscine naturelle entre les rochers
En continuant vers le nord après Cala Beretta, le paysage devient encore plus minéral avant d’atteindre Cala Marinella, l’une des criques les plus singulières de la réserve du Zingaro. Ici, pas vraiment de grande plage où étendre tranquillement sa serviette : les rochers plongent directement dans une petite anse aux eaux particulièrement transparentes.
Cala Marinella, petite crique rocheuse aux eaux turquoise dans la réserve du Zingaro. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
La configuration explique en partie la couleur de l’eau. Le fond calcaire clair et la faible profondeur près des rochers réfléchissent la lumière et donnent à certains endroits des nuances turquoise presque irréelles. La paroi rocheuse forme également de petites zones d’ombre, appréciables lorsque le soleil sicilien commence à rappeler avec insistance qu’il est bientôt midi.
Cala Marinella se trouve à environ 3,5 km de marche depuis l’entrée nord de la réserve, côté San Vito Lo Capo. Depuis Scopello, il faut auparavant dépasser les secteurs de Capreria, du Varo, de Disa et de Beretta. Sa position au cœur du Zingaro suffit donc à éliminer une partie des visiteurs qui se contentent des premières criques.
Il n’y a pratiquement pas de plage aménagée : on s’installe sur les rochers et l’accès à l’eau demande un peu plus d’attention qu’à Cala della Disa ou Cala Capreria. Des chaussures aquatiques sont donc particulièrement utiles. En revanche, l’eau limpide et les fonds rocheux font de Marinella un très bel endroit pour nager avec masque et tuba.
Pour nous, Cala Marinella a marqué le point le plus éloigné de la randonnée depuis l’entrée de Scopello. Après plusieurs criques et plusieurs kilomètres sous le soleil, nous avons repris ici le chemin en sens inverse. Il restait alors un détail légèrement moins photogénique que les eaux turquoise : tout ce que nous venions de marcher devait maintenant être parcouru une seconde fois. Sous une chaleur de plomb. Ici, en été, on mesure les distances non en kilomètres mais en litres de sueur.
Un palmier brûlé qui recommence à pousser
Le Zingaro que nous avons parcouru en juillet 2026 portait encore très clairement les stigmates d’un événement récent.
Les 25 et 26 juillet 2025, un violent incendie a ravagé la réserve. La végétation, la faune et plusieurs infrastructures ont été touchées, entraînant la fermeture du site pendant plusieurs mois et d’importants travaux de sécurisation.
Sur le sentier, de nombreux troncs noirs étaient encore visibles lors de notre passage.
Mais au milieu de cette végétation brûlée, certaines plantes avaient déjà recommencé à pousser.
Un palmier nain repart au milieu de la végétation noircie par l’incendie de 2025. Crédit photo : Rincevent/2tout2rien.fr (CC BY-SA 4.0).
La plante photographiée est un palmier nain, Chamaerops humilis, une espèce emblématique du Zingaro. Sa silhouette en éventail est omniprésente sur les pentes les plus sèches de la réserve.
Cette reprise n’est pas anecdotique.
Les études consacrées à Chamaerops humilis montrent que l’espèce possède une remarquable capacité à rejeter rapidement après un incendie. Ses bourgeons protégés peuvent survivre au passage du feu et produire de nouvelles pousses. Des travaux publiés dans les Annals of Botany indiquent même que le palmier peut reprendre sa floraison dès le printemps suivant.
Cela ne rend évidemment pas les incendies inoffensifs. Un feu intense détruit des habitats, tue des animaux, favorise l’érosion et peut profondément modifier un écosystème, particulièrement lorsque les incendies deviennent trop fréquents.
Mais voir des palmes vertes surgir entre des tiges entièrement carbonisées donne une démonstration assez spectaculaire de la résilience de certaines plantes méditerranéennes.
Le palmier nain, symbole du Zingaro
Le palmier nain n’est d’ailleurs pas seulement présent pour embellir les photographies.
La réserve conserve une garigue à Chamaerops humilis particulièrement importante. Ses feuilles ont longtemps constitué une ressource pour les habitants : elles étaient tressées pour fabriquer des paniers, des cordes, des nattes, des balais, des chapeaux ou encore des éventails.
Une autre plante emblématique, la disa, fournissait notamment des fibres employées pour les filets liés à la pêche au thon.
Le paysage actuel n’est donc pas totalement « sauvage » au sens d’un territoire n’ayant jamais été exploité. Il porte également les traces de plusieurs siècles d’agriculture, de pastoralisme et d’artisanat.
Aujourd’hui, environ 700 espèces végétales ont été recensées dans la réserve. Les différents niveaux d’altitude, les falaises, les vallons et le littoral permettent à des habitats très variés de cohabiter sur une superficie relativement réduite.
Aigle de Bonelli, faucon pèlerin et grottes préhistoriques
Le relief accidenté fournit également des zones de nidification à plusieurs rapaces.
L’aigle de Bonelli, devenu rare dans une grande partie de son aire méditerranéenne, se reproduit dans la réserve. Le faucon pèlerin, la buse, le faucon crécerelle ou encore la perdrix bartavelle de Sicile font également partie de la faune recensée.
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Le Zingaro possède par ailleurs de nombreuses cavités naturelles.
La plus célèbre est la grotte de l’Uzzo, située dans la partie nord de la réserve. Les recherches archéologiques y ont révélé une occupation humaine remontant à la Préhistoire, témoignage supplémentaire du très long rapport entre les hommes et ce morceau de côte.
Sous l’eau se trouvent aussi plusieurs grottes marines, tandis que les falaises calcaires prolongent directement dans la Méditerranée la géologie très visible depuis le sentier.
Cette côte claire contraste avec les paysages volcaniques que l’on trouve de l’autre côté de l’île, par exemple à la Spiaggia del Mulino d’Acireale et ses galets de lave.
Le Zingaro après l’incendie de 2025
Après le feu de juillet 2025, la réserve est restée fermée afin d’évaluer les risques, consolider certains secteurs et remettre les sentiers et les équipements en état.
Une première réouverture a eu lieu le 14 mars 2026 depuis l’entrée sud, avec un parcours encore limité.
Le 9 mai 2026, l’entrée nord du côté de San Vito Lo Capo a également rouvert et le sentier côtier complet ainsi que le sentier de mezza costa sont redevenus accessibles.
Notre visite du 11 juillet 2026 s’est donc déroulée seulement quelques semaines après cette réouverture complète.
Le contraste était parfois saisissant : d’un côté une Méditerranée parfaitement bleue et des baigneurs installés dans les criques, de l’autre des pans entiers de végétation portant encore les marques du feu.
Comment visiter la réserve du Zingaro ?
La réserve possède deux accès principaux : l’entrée sud près de Scopello et l’entrée nord du côté de San Vito Lo Capo.
Le sentier côtier officiel mesure environ 7 km dans un sens. Il est donc possible de traverser la réserve, mais il faut alors organiser son retour. Pour une visite avec une seule voiture, un aller-retour jusqu’à une ou plusieurs criques est souvent plus simple.
Depuis Scopello, Cala Capreria constitue la destination la plus rapide. Cala della Disa demande un peu plus de marche mais permet déjà de découvrir plusieurs visages du littoral.
Au moment de la rédaction de cet article, le tarif officiel est de 5 € pour un adulte et 3 € au tarif réduit. L’entrée est gratuite notamment pour les enfants de moins de huit ans et les personnes handicapées avec leur accompagnateur.
Particularité à connaître : la réserve n’accepte plus les paiements en espèces ; le règlement se fait par paiement électronique.
Il est également préférable de prévoir :
- de vraies chaussures de marche plutôt que des tongs ;
- beaucoup d’eau, particulièrement en été ;
- une protection solaire ;
- de quoi manger, car il ne faut pas compter sur un alignement de bars de plage au fond des criques ;
- des chaussures aquatiques si les galets et les rochers ne sont pas vos meilleurs amis ;
- masque et tuba lorsque la mer est calme.
Les conditions d’accès peuvent évoluer après des incendies, des éboulements ou des travaux. Il reste donc prudent de consulter le site officiel de la réserve du Zingaro avant le départ.
Les deux entrées ont des parkings gratuits mais les places sont limitées, mieux vaut arriver tôt le matin. Il existe toutefois également des parkings privés mais il faut apporter son obole.
Voici les coordonnées GPS de l’entrée de Scopello : 38°04′54,19″ N – 12°48′30,60″ E (38.08172, 12.80850). La position sur Google Maps:
Trois grands sentiers pour parcourir la réserve du Zingaro
La plupart des visiteurs découvrent le Zingaro par le sentier côtier, celui qui donne accès aux criques et que nous avons suivi depuis Scopello. Mais la réserve ne se résume pas à ce parcours au bord de la Méditerranée : deux autres grands itinéraires permettent de prendre de la hauteur et de pénétrer davantage dans l’intérieur montagneux.
Le sentier côtier : 7 km entre les criques
Le sentiero costiero relie l’entrée sud de Scopello à l’entrée nord du côté de San Vito Lo Capo. Le parcours officiel mesure environ 7 km dans un sens pour environ deux heures de marche sans compter les détours vers les plages, les pauses et les baignades.
C’est celui qui dessert les principales criques : Cala Capreria, Cala del Varo, Cala della Disa, Cala Beretta, Cala Marinella puis le secteur de l’Uzzo. C’est aussi le parcours le moins exigeant en dénivelé et le plus adapté à une première découverte de la réserve.
Le sentier de mezza costa : 7,5 km dans l’intérieur
Plus haut sur les pentes, le sentiero di mezza costa abandonne en partie le bord de mer pour traverser l’intérieur de la réserve.
Le parcours officiel mesure environ 7,5 km pour trois heures de marche. Depuis le secteur de Tonnarella dell’Uzzo, il passe notamment par Torre dell’Uzzo, Contrada Marinella, Contrada Sughero et Borgo Cusenza, ancien petit hameau agricole restauré au cœur du Zingaro, avant de rejoindre la Casa Forestale.
Ce sentier permet de mieux comprendre que le Zingaro n’est pas uniquement une succession de plages : les pentes conservent des traces d’anciennes cultures, de pâturages et d’habitations rurales, ainsi qu’une végétation méditerranéenne très différente de celle rencontrée immédiatement au bord de l’eau.
Le sentier alto : le Zingaro côté montagne
Le sentiero alto est plus sportif. Depuis l’entrée sud, il monte vers le Pizzo del Corvo puis traverse notamment Contrada Sughero et Borgo Cusenza avant de rejoindre la Casa Forestale.
Le site officiel annonce environ 8 km et quatre heures de marche. Ici, l’intérêt principal n’est plus la baignade mais le relief et les panoramas sur le golfe de Castellammare et les montagnes de la réserve.
Ce parcours expose aussi davantage à la chaleur et demande une condition physique supérieure au sentier côtier. Les points d’eau rencontrés dans l’intérieur ne doivent pas être considérés comme une solution de ravitaillement : les puits et abreuvoirs signalés dans la réserve contiennent de l’eau non potable.
Pour une première visite estivale, le sentier côtier reste donc le choix le plus évident. Les deux itinéraires supérieurs donnent en revanche une tout autre lecture du Zingaro, davantage tournée vers la montagne, l’histoire rurale et les paysages de l’intérieur.
Une des plus belles étapes de notre voyage en Sicile
Le Zingaro possède évidemment tous les ingrédients capables de remplir une carte postale : eau turquoise, criques claires, falaises et soleil sicilien.
Mais ce n’est finalement pas ce qui rend le lieu le plus intéressant.
Le tunnel de l’entrée sud rappelle qu’une route aurait pu traverser toute cette côte. Les traces de l’incendie montrent à quel point l’équilibre du paysage reste fragile. Et les palmes vertes qui recommencent déjà à sortir des troncs noircis racontent une troisième histoire, celle d’une végétation méditerranéenne habituée depuis très longtemps à composer avec des conditions difficiles.
Nous étions venus pour marcher jusqu’aux criques et nous baigner. Nous sommes repartis avec l’impression d’avoir découvert un paysage qui raconte aussi ce qui aurait pu lui arriver, ce qui lui est arrivé et la manière dont il recommence déjà à changer.
Pour poursuivre autour de l’île, le décor devient totalement différent sur la côte orientale avec Taormine et la petite Isola Bella. La Sicile a au moins une qualité pratique pour remplir une carte mémoire : elle change de visage avant même que l’appareil photo ait le temps de refroidir.
Sources pour aller plus loin
- Riserva Naturale Orientata dello Zingaro — histoire et création de la réserve
- Riserva Naturale Orientata dello Zingaro — sentier côtier
- Riserva Naturale Orientata dello Zingaro — tarifs et informations pratiques
- Regione Siciliana / ORBS — fiche officielle de la réserve naturelle du Zingaro
- Regione Siciliana — réouverture après l’incendie
- Rai News — réouverture de l’entrée nord en mai 2026
- Annals of Botany — résilience de Chamaerops humilis après les incendies







