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Les dendrolagues, ces étonnants kangourous qui vivent dans les arbres

Les dendrolagues, aussi appelés kangourous arboricoles, sont des marsupiaux méconnus vivant dans les forêts tropicales de Nouvelle-Guinée et du nord-est de l’Australie. Avec leurs oreilles arrondies, leurs grandes pattes et leur fourrure épaisse, ils ressemblent parfois davantage à de petites peluches qu’aux kangourous que l’on imagine bondissant dans les plaines australiennes.

Leur nom, issu du grec dendron (arbre) et lagos (lièvre), reflète leur mode de vie particulier : contrairement à leurs cousins terrestres, ces kangourous passent la majeure partie de leur existence dans les arbres, où ils trouvent leur nourriture et peuvent échapper à certains prédateurs. Ils ont même développé des adaptations étonnantes pour grimper, se déplacer sur les branches et effectuer des sauts dans la canopée.

Portrait d'un dendrolague de Goodfellow, kangourou arboricole au pelage brun-roux
Un dendrolague de Goodfellow (Dendrolagus goodfellowi) photographié dans un parc zoologique. Crédit photo belgianchocolate / Wikimedia Commons (CC BY 2.0).

À retenir

  • Les dendrolagues sont de véritables kangourous adaptés à la vie dans les arbres, principalement en Nouvelle-Guinée et dans le nord-est de l’Australie.
  • Le genre Dendrolagus comprend généralement 14 espèces reconnues, dont deux vivent en Australie.
  • Leurs griffes puissantes, leurs membres robustes et leur longue queue leur permettent de grimper et de garder l’équilibre sur les branches.
  • Ils se nourrissent surtout de feuilles et d’autres végétaux. Comme les autres marsupiaux, les femelles élèvent leurs petits dans une poche ventrale.
  • Plusieurs espèces sont menacées par la destruction des forêts, leur fragmentation et la chasse.

Portrait d’un acrobate arboricole

Contrairement aux kangourous terrestres, les dendrolagues ont développé des adaptations remarquables pour la vie dans les arbres. Leurs membres antérieurs puissants, leurs bras musclés et leurs griffes recourbées leur permettent de s’agripper aux troncs avec une étonnante efficacité.

Leurs pattes postérieures, plus courtes et plus robustes que celles des grands kangourous terrestres, facilitent également l’escalade. Une particularité importante : ils peuvent déplacer leurs pattes arrière de manière indépendante, contrairement aux kangourous terrestres lorsqu’ils se déplacent lentement. C’est un avantage considérable pour avancer sur des branches irrégulières.

Enfin, leur longue queue épaisse fonctionne comme un balancier. Elle aide à maintenir l’équilibre pendant les déplacements arboricoles, mais elle n’est pas préhensile : le dendrolague ne peut pas s’y suspendre comme certains singes.

Dendrolague de Goodfellow agrippé à un tronc, montrant ses membres robustes et ses griffes adaptées à l'escalade


Un dendrolague de Goodfellow au Caversham Wildlife Park, en Australie-Occidentale, en septembre 2023. Crédit photo Calistemon / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Ces caractéristiques font des dendrolagues des grimpeurs hors pair, capables de réaliser des sauts de plusieurs mètres entre les arbres. Certaines observations rapportent même des bonds particulièrement impressionnants depuis les branches, bien que les performances varient selon les espèces et les circonstances.

Au sol, en revanche, leur démarche paraît plus lourde et moins naturelle. Leur morphologie est surtout adaptée à la forêt, où l’agilité compte davantage que la vitesse sur terrain découvert.

Pour résoudre le problème des déplacements entre les arbres, d’autres mammifères ont développé des stratégies différentes. Le grand phalanger volant australien, lui aussi marsupial, utilise une membrane de peau pour planer sur de longues distances. Le colugo, parfois surnommé lémurien volant, possède une membrane encore plus étendue. Les dendrolagues, eux, préfèrent grimper et bondir sans équipement de vol intégré.

Le dendrolague, ou plutôt les dendrolagues : 14 espèces différentes

Le genre Dendrolagus comprend généralement 14 espèces connues, principalement réparties dans les forêts de Nouvelle-Guinée et du nord-est du Queensland australien. Cette classification peut évoluer avec les recherches génétiques et la découverte de populations encore mal étudiées.

Ces espèces ne possèdent pas toutes la même apparence. Certaines présentent un pelage brun sombre, d’autres des nuances dorées ou rousses, avec parfois des bandes claires sur le dos ou le corps.

Parmi les plus connues figurent :

  • Le dendrolague de Goodfellow (Dendrolagus goodfellowi), reconnaissable à son pelage brun-roux et à ses marques claires, notamment sur le dos.
  • Le dendrolague de Lumholtz (Dendrolagus lumholtzi), une espèce australienne vivant dans les forêts humides du Queensland.
  • Le dendrolague doré (Dendrolagus pulcherrimus), particulièrement rare et menacé, au pelage clair caractéristique.
  • Le dendrolague de Matschie (Dendrolagus matschiei), originaire notamment de la péninsule de Huon, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et classé en danger d’extinction.

Chaque espèce occupe un habitat particulier, parfois limité à un massif montagneux ou à une région forestière restreinte. Cette spécialisation géographique rend plusieurs populations particulièrement vulnérables aux changements de leur environnement.

Dendrolague de Matschie au pelage brun et clair photographié au zoo du Bronx
Un dendrolague de Matschie (Dendrolagus matschiei) photographié au zoo du Bronx, à New York, en juin 2009. Crédit photo Fred Hsu / Wikimedia Commons (CC BY-SA 3.0).

La Nouvelle-Guinée accueille l’essentiel de cette diversité. Ses reliefs, ses forêts tropicales et ses habitats montagneux ont contribué à l’évolution de différentes espèces de kangourous arboricoles, parfois isolées les unes des autres pendant de longues périodes.

En Australie, les deux représentants du genre sont les dendrolagues de Lumholtz et de Bennett. Malgré leur proximité avec les kangourous terrestres, leur apparence trapue, leurs griffes et leurs comportements leur donnent une silhouette très différente.

Dendrolague de Lumholtz accroché à un arbre dans une forêt australienne


Un dendrolague de Lumholtz (Dendrolagus lumholtzi) photographié de nuit en Australie en décembre 2013. Crédit photo Yvonne Lin / Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0).

Un kangourou qui vit dans les arbres : alimentation et comportement

Les dendrolagues habitent principalement les forêts tropicales denses, où ils trouvent nourriture et abri. Leur régime alimentaire est essentiellement herbivore : feuilles, fruits, fleurs et parfois écorces composent leur menu.

Selon les espèces et les ressources disponibles, d’autres aliments peuvent être consommés occasionnellement. Leur système digestif est adapté à une alimentation riche en végétaux fibreux : leur estomac comporte des régions où des microorganismes participent à la fermentation des aliments.

Cette digestion spécialisée leur permet de tirer parti de feuilles que beaucoup d’autres mammifères auraient du mal à exploiter efficacement.

Dendrolague photographié dans son environnement arboricole, au pelage dense et aux membres robustes
Crédit photo Michael Eisen (CC BY 2.0).

Généralement solitaires, ces marsupiaux occupent des territoires où les rencontres entre individus dépendent notamment de la reproduction et de la disponibilité des ressources. Leur activité peut se concentrer la nuit, au crépuscule ou à d’autres moments de la journée selon les espèces.

Leur comportement discret et leur habitat difficile d’accès compliquent les observations scientifiques. Dans les forêts montagneuses de Nouvelle-Guinée, suivre un animal qui passe une grande partie de son temps à plusieurs mètres au-dessus du sol demande quelques qualités d’acrobate, ou au moins une bonne paire de jumelles.

Kangourou arboricole photographié par Michael Eisen, montrant sa fourrure et sa silhouette trapue
Crédit photo Michael Eisen (CC BY 2.0).

Avec leurs formes rondes et leur épaisse fourrure, les dendrolagues évoquent parfois le quokka, ce petit marsupial australien connu pour son expression souriante. Ils partagent leur appartenance au groupe des macropodidés, mais ont adopté des modes de vie très différents.

Comment se reproduisent les dendrolagues ?

La reproduction des dendrolagues varie selon les espèces, mais suit le schéma classique des marsupiaux. Après une gestation relativement courte, souvent de l’ordre de quelques semaines, la femelle donne naissance à un nouveau-né minuscule et encore très immature.

Le petit rejoint alors la poche marsupiale de sa mère, où il s’accroche à une mamelle et poursuit son développement pendant plusieurs mois.

Cette poche lui offre protection et nourriture pendant une phase où il serait incapable de survivre seul. Avec le temps, il commence à sortir, à explorer son environnement et à développer les capacités nécessaires pour grimper.

Le calendrier exact dépend de l’espèce. Chez certains dendrolagues, le jeune reste longtemps dépendant de sa mère, même après ses premières sorties de la poche.

Portrait d'un dendrolague au pelage épais photographié par Richard Ashurst
Crédit photo Richard Ashurst (CC BY 2.0).

La reproduction relativement lente de ces animaux représente un défi pour la conservation : lorsqu’une population diminue fortement, elle ne peut pas nécessairement se reconstituer rapidement.

Des kangourous arboricoles menacés par la disparition des forêts

Malheureusement, plusieurs espèces de dendrolagues sont menacées d’extinction. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, leur situation varie considérablement d’une espèce à l’autre, mais certaines sont classées en danger ou en danger critique.

Les principales menaces sont la déforestation, la fragmentation de l’habitat et la chasse.

La conversion des forêts en terres agricoles ou en plantations réduit leur espace vital. Les routes et autres infrastructures peuvent isoler les populations, tandis que la chasse pour la viande constitue une pression supplémentaire dans certaines régions de Nouvelle-Guinée.

Pour un animal qui dépend directement des arbres, la disparition de la forêt ne signifie pas seulement perdre un abri : c’est aussi perdre ses voies de déplacement et une grande partie de ses ressources alimentaires.

Dendrolague ou kangourou arboricole photographié par spalti


Crédit photo spalti (CC BY-SA 2.0).

Des programmes de conservation ont été mis en place pour protéger ces marsupiaux. Ils associent notamment des zones forestières protégées, le suivi des populations, la sensibilisation et la participation des communautés locales.

Le Tree Kangaroo Conservation Program, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, illustre l’importance de cette approche : la protection des dendrolagues passe aussi par celle des territoires et par des solutions qui bénéficient aux habitants.

Certaines institutions zoologiques participent également à la reproduction et au suivi de populations menacées, notamment pour les dendrolagues de Goodfellow et de Matschie.

Kangourou arboricole au pelage dense photographié par pelican
Crédit photo pelican (CC BY-SA 2.0).

L’enjeu est d’éviter que ces marsupiaux ne subissent le sort d’autres espèces disparues. L’exemple du thylacine, ou tigre de Tasmanie, dont subsistent de rares images filmées, rappelle que la disparition d’un animal peut devenir irréversible.

Mais la Nouvelle-Guinée accueille aussi bien d’autres marsupiaux remarquables. Le quoll, ou dasyure, parfois surnommé chat marsupial, illustre cette diversité de mammifères à poche, dont les modes de vie peuvent être très éloignés de ceux des kangourous.

Pourquoi les dendrolagues sont-ils si particuliers ?

Avec leurs grandes griffes, leur queue-balancier et leur silhouette de peluche, les dendrolagues occupent une place singulière dans la famille des kangourous.

Leur évolution montre qu’un groupe principalement associé aux déplacements terrestres peut aussi conquérir la canopée. Ils n’ont ni queue préhensile ni membrane de vol plané, mais disposent d’une combinaison de muscles, de griffes et de membres suffisamment spécialisée pour vivre au-dessus du sol.

Portrait d'un dendrolague ou kangourou arboricole photographié par Andrew Arch
Crédit photo Andrew Arch (CC BY 2.0).

Le contraste entre leur apparence attendrissante et leurs capacités physiques est probablement ce qui les rend si surprenants. Mais derrière ces adorables boules de poils se trouvent surtout des espèces forestières spécialisées, dont la survie dépend de la préservation de leurs habitats.

Le dendrolague en vidéo

En complément, voici une courte vidéo montrant un bébé dendrolague. Une occasion d’observer de plus près ce petit marsupial, bien différent des grands kangourous des plaines australiennes.

Sources pour aller plus loin

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