Ces portraits anciens de femmes malgaches offrent un aperçu précieux de la richesse des coiffures portées à Madagascar au début du XXe siècle. Tresses fines, volumes sculptés, cheveux séparés avec soin ou formes plus architecturées : chaque image montre un véritable travail capillaire, bien loin de la simple “coiffure de tous les jours”.
Ces photographies doivent toutefois être regardées avec leur contexte. Beaucoup d’images de cette époque circulaient sous forme de cartes postales ou de portraits ethnographiques, dans un Madagascar alors placé sous domination coloniale française. Elles documentent donc des coiffures, des visages et des gestes, mais aussi le regard photographique de leur temps.
À retenir
Les coiffures traditionnelles malgaches visibles sur ces portraits montrent une grande diversité de formes, de tresses et de volumes.
Elles peuvent renvoyer à des usages sociaux, régionaux ou esthétiques, mais les identifications précises doivent rester prudentes si les sources d’origine ne les confirment pas clairement.
Ces images sont à la fois des documents historiques, des portraits de femmes et des archives de savoir-faire capillaire.
Des coiffures comme langage visuel
Dans de nombreuses cultures, les cheveux ne sont jamais un simple détail. Une coiffure peut signaler un âge, un statut, une appartenance locale, une occasion particulière ou une mode. Les portraits réunis ici montrent combien la chevelure pouvait devenir un véritable langage visuel.
Certaines coiffures jouent sur la symétrie, d’autres sur la hauteur, la densité des tresses ou le volume latéral. Elles construisent une silhouette autant qu’un visage. Cette place donnée aux cheveux se retrouve dans bien d’autres contextes : en Europe, les ondes Marcel des années 1920 deviendront elles aussi un marqueur très reconnaissable de modernité féminine.
Madagascar, les portraits et le début du XXe siècle
Au début du XXe siècle, Madagascar est déjà un territoire très divers, avec des traditions régionales multiples. Les légendes anciennes mentionnent parfois des groupes ou régions comme Merina, Sakalava ou Vezo, mais il vaut mieux ne pas attribuer une identité précise à une photo si la source ne le permet pas.
La prudence n’enlève rien à l’intérêt des images. Au contraire, elle évite de transformer ces portraits en catalogue figé. Une coiffure peut relever d’une tradition, mais aussi d’un choix personnel, d’une mise en scène photographique ou d’une mode locale. Les photos anciennes ne sont jamais totalement neutres : elles capturent autant une personne qu’une façon de la montrer.
Tresses, volumes et savoir-faire
Les coiffures visibles dans cette série demandent visiblement du temps et de l’adresse. Tresses serrées, séparations nettes, cheveux ramenés ou sculptés : ces formes témoignent d’un savoir-faire transmis, adapté et réinventé selon les contextes.
Dans un autre registre, les séries de coiffures féminines hongroises des années 1900-1910 rappellent que les cheveux sont souvent l’un des meilleurs indices visuels d’une époque. Un portrait ancien parle par le visage, bien sûr, mais aussi par la manière dont les cheveux encadrent, élèvent ou prolongent ce visage.
Des formes presque sculpturales
Certaines coiffures malgaches du début du XXe siècle frappent par leur dimension sculpturale. Elles ne se contentent pas d’ordonner les cheveux : elles modifient le profil, le port de tête, la présence entière de la personne photographiée.
Cette force visuelle se retrouve dans d’autres traditions capillaires très identifiables, comme les coiffures à macarons des jeunes femmes Hopi, dont les formes sont devenues célèbres bien au-delà de leur contexte d’origine. Les styles sont différents, mais l’idée reste proche : une coiffure peut devenir une architecture culturelle.
Une galerie à regarder avec attention
Ces images ne sont pas seulement belles ou étonnantes. Elles permettent de voir comment la photographie ancienne a conservé des gestes, des formes et des styles capillaires qui auraient pu disparaître de la mémoire visuelle.
Comme pour les portraits de femmes aux très longs cheveux du début du XXe siècle, la chevelure devient ici un sujet photographique en soi. À Madagascar, ce n’est pas seulement la longueur qui attire le regard, mais l’organisation, la structure et la variété des coiffures.
Sources pour aller plus loin
• Design You Trust — Vintage Photos of Madagascan Women Showcasing Their Beautiful Hairstyles in the Early 20th Century
• Larousse — Madagascar
• Encyclopaedia Britannica — Madagascar, période coloniale




















Retour de ping : Le Marcelling - les coiffures marcellées aux ondes Marcel des années 1920 - 2Tout2Rien
bonjour où avez vous trouvé les photos de cet article – sont-elles libre de droit ? existent-elles en meilleur qualité ?
merci pour le partage,
AF
Bonjour, la source (vintage everyday) est fournie en fin d’article. Je n’ai malheureusement pas plus d’infos sur les droits associés, j’ai imaginé que leur ancienneté pouvait les conférer à du domaine public mais ce n’est pas forcément le cas.