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Coiffures des femmes hongroises vers 1900-1910

Les coiffures des femmes hongroises vers 1900-1910 jouent volontiers sur le volume : cheveux relevés, chignons souples, mèches ondulées et masses de cheveux disposées autour du sommet ou des côtés de la tête. Les portraits de cette époque montrent une étonnante diversité, bien loin d’une unique « coupe de cheveux 1900 » que toutes les femmes auraient portée de la même façon.

Ces photographies ont été réalisées dans le royaume de Hongrie de l’époque austro-hongroise, notamment à Budapest et à Karcag, ou représentent des femmes hongroises clairement identifiées. Elles témoignent autant de la mode capillaire que de l’art du portrait de studio : coiffure, vêtements, posture et accessoires étaient soigneusement composés avant que le photographe ne déclenche son appareil.

Kornélia Lotz avec une coiffure de femme hongroise en 1900
Kornélia Lotz photographiée en 1900, avec une coiffure féminine caractéristique du tournant du XXe siècle. Crédit photo FOTO:FORTEPAN / SK (CC BY-SA 3.0).

À retenir

  • Vers 1900, les cheveux féminins restent généralement longs mais sont souvent relevés en chignons, pompadours et coiffures volumineuses.
  • Les portraits hongrois de l’époque montrent plusieurs styles : volumes souples, raies centrales ou latérales, ondulations, tresses et cheveux rassemblés au sommet ou à l’arrière de la tête.
  • La célèbre Gibson Girl est un idéal américain de la même époque : elle aide à comprendre certaines tendances internationales, mais ne constitue pas un modèle spécifiquement hongrois.
  • Les ondes Marcel existaient déjà : Marcel Grateau avait mis au point sa technique d’ondulation au fer dès 1872.
  • Les photographies de studio montrent surtout des femmes qui avaient accès au portrait professionnel et ne constituent donc pas un catalogue exhaustif de toutes les femmes de Hongrie.
  • La Hongrie des années 1900 appartenait à l’Autriche-Hongrie et ses frontières étaient beaucoup plus étendues que celles de la Hongrie actuelle.

Les coiffures des femmes hongroises vers 1900

Au tournant du XXe siècle, la longueur des cheveux reste essentielle. Beaucoup de femmes portent une chevelure suffisamment longue pour être relevée, enroulée ou transformée en chignon.

Les portraits ne montrent donc pas nécessairement une « coupe » au sens contemporain. Ce qui change surtout est la manière de disposer les cheveux : ils peuvent être gonflés au-dessus du front, étalés autour des tempes, relevés vers le sommet du crâne ou rassemblés plus bas à l’arrière.

Cette abondance de cheveux permet des volumes qu’il serait difficile d’obtenir avec une coupe courte. Certaines femmes de la même époque poussaient même cette logique beaucoup plus loin, comme le montrent ces portraits de femmes aux cheveux extraordinairement longs au début du XXe siècle.

Portrait d’une femme avec une coiffure du début des années 1900


Portrait féminin daté de 1900 provenant des archives Fortepan. Crédit photo FOTO:FORTEPAN (domaine public).

Rózsi Molnár avec une coiffure féminine vers 1900
L’actrice hongroise Rózsi Molnár photographiée vers 1900. Crédit photo József Kossak (domaine public).

Des cheveux longs transformés en volumes et en chignons

Pour obtenir ces silhouettes imposantes, les cheveux pouvaient être ondulés, crêpés, roulés ou disposés autour de supports et de postiches. Le but n’était pas nécessairement de montrer toute la longueur de la chevelure, mais au contraire de la transformer en volume.

Les grands chapeaux à la mode imposaient eux aussi certaines contraintes. Une masse de cheveux relevée offrait un support pratique tout en donnant au visage cette silhouette immédiatement reconnaissable du début du XXe siècle.

Les résultats variaient énormément. Certaines coiffures sont très hautes, d’autres beaucoup plus souples. Certaines encadrent presque entièrement le visage tandis que d’autres dégagent nettement le front et les oreilles.

Ilonka Szoyer avec une coiffure féminine hongroise au début du XXe siècle


La chanteuse hongroise Ilonka Szoyer au début du XXe siècle. Crédit photo József Kossak (domaine public).

Janka Csatay avec une coiffure de femme hongroise en 1906
L’actrice hongroise Janka Csatay photographiée en 1906. Crédit photo Sándor Strelisky (domaine public).

La Gibson Girl et la mode des cheveux relevés

La Gibson Girl a profondément marqué l’imaginaire de cette période. Créée dans les années 1890 par l’illustrateur américain Charles Dana Gibson, elle représentait un idéal de femme jeune, élégante, sûre d’elle et moderne.

Sa coiffure faisait partie intégrante de sa silhouette : les cheveux étaient relevés et donnaient beaucoup de volume autour du sommet de la tête.

Il faut cependant éviter le raccourci consistant à transformer toutes les femmes de Budapest en Gibson Girls. Il s’agissait d’un modèle américain largement diffusé par les illustrations, la presse et la mode internationale. Les portraits hongrois montrent certaines ressemblances avec cet idéal, mais aussi de nombreuses variations.

Gibson Girl avec une coiffure féminine relevée vers 1900
Une Gibson Girl dessinée par Charles Dana Gibson, avec sa coiffure relevée et volumineuse caractéristique. Crédit illustration Charles Dana Gibson (domaine public).

Le rapprochement est surtout intéressant pour comprendre une tendance générale de la Belle Époque : la coiffure participe pleinement à la construction de la silhouette, au même titre que le corsage, le chapeau ou le col.

Les ondes Marcel existaient déjà avant les années 1920

Les cheveux ondulés ne sont pas une invention des Années folles. Le coiffeur français Marcel Grateau avait mis au point dès 1872 une technique permettant de créer des ondulations temporaires avec un fer chauffé et un peigne.

Ces ondulations, connues sous le nom d’ondes Marcel, ont continué à être utilisées pendant des décennies. Autour de 1900, elles pouvaient être associées aux coiffures relevées et aux pompadours.

Les années 1920 ont ensuite donné au marcelling une silhouette beaucoup plus immédiatement reconnaissable, en particulier lorsqu’il est appliqué sur des cheveux plus courts. Vous pouvez voir cette évolution dans ces coiffures féminines aux ondes Marcel des années 1920.

Portrait de femme avec une coiffure du début du XXe siècle en 1908
Portrait féminin daté de 1908 dans les archives Fortepan. Crédit photo FOTO:FORTEPAN / Lipóth Lászlóné (CC BY-SA 3.0).

Femme photographiée en 1908 avec une coiffure relevée de l’époque


Portrait féminin daté de 1908, conservé dans les archives Fortepan. Crédit photo FOTO:FORTEPAN (domaine public).

Une coiffure n’était pas seulement une affaire de mode

Les cheveux peuvent aussi révéler le milieu social, l’âge, le contexte géographique ou l’occasion pour laquelle une personne est photographiée.

Une coiffure de studio portée par une actrice de Budapest ne doit donc pas être interprétée comme la coiffure quotidienne d’une agricultrice vivant dans la Grande Plaine hongroise.

Un cliché pris à Karcag en 1908 montre par exemple une femme aux cheveux tressés, offrant une silhouette très différente des grands portraits mondains réalisés dans les studios urbains.

Femme aux cheveux tressés à Karcag en Hongrie en 1908
Une femme photographiée à Karcag, en Hongrie, en 1908, portant les cheveux tressés. Crédit photo FOTO:FORTEPAN / Magyar Földrajzi Múzeum / Erdélyi Mór cége (CC BY-SA 3.0).

Cette diversité rappelle qu’une coiffure peut devenir un véritable marqueur culturel. Le phénomène est encore plus visible dans d’autres régions du monde, par exemple dans ces coiffures de femmes malgaches photographiées au début du XXe siècle ou dans les spectaculaires coiffures traditionnelles des jeunes femmes hopi.

Les coiffures des femmes vers 1910

En approchant de 1910, les coiffures volumineuses ne disparaissent pas brutalement. Les changements de mode sont progressifs et les anciens styles coexistent avec des formes nouvelles.

On voit notamment apparaître des volumes moins perchés au sommet du crâne et davantage concentrés autour de l’arrière ou des côtés de la tête. Les chignons restent très présents, tout comme les cheveux ondulés.

Les photographies réalisées à Budapest en 1910 sont particulièrement intéressantes parce qu’elles montrent les femmes dans un intérieur plutôt que dans le décor neutre d’un studio photographique.

Femme à Budapest en 1910 avec une coiffure féminine de l’époque
Femme photographiée dans un intérieur de Rákóczi út à Budapest en 1910. Crédit photo FOTO:FORTEPAN / Saly Noémi (CC BY-SA 3.0).

Portrait d’une femme hongroise à Budapest en 1910
Portrait féminin dans un intérieur de Budapest en 1910. Crédit photo FOTO:FORTEPAN / Saly Noémi (CC BY-SA 3.0).

La Hongrie de 1900 n’avait pas les frontières actuelles

Parler de « femmes hongroises » entre 1900 et 1910 nécessite une petite précision historique. La Hongrie faisait alors partie de la monarchie austro-hongroise et le royaume de Hongrie couvrait un territoire beaucoup plus vaste que l’État hongrois actuel.

Une photographie réalisée à Temesvár, par exemple, était alors prise dans le royaume de Hongrie alors que cette ville est aujourd’hui Timișoara, en Roumanie.

Cette situation rend les anciennes collections particulièrement intéressantes, mais elle impose aussi de ne pas attribuer automatiquement une identité nationale contemporaine à toutes les personnes présentes sur les photographies.

Ce que ces portraits anciens nous montrent vraiment

Ces images permettent de suivre les modes, les volumes et certaines techniques de coiffure, mais elles doivent être regardées comme des portraits construits.

Passer devant un photographe au début du XXe siècle n’avait rien du selfie pris en trois secondes. La tenue était choisie, les cheveux arrangés, la pose travaillée et le décor préparé.

Les actrices et chanteuses sont particulièrement bien représentées dans les archives, simplement parce qu’elles ont été beaucoup photographiées. Elles donnent donc une image précieuse de la mode, mais une image socialement sélectionnée.

C’est une limite que l’on retrouve dans beaucoup de collections anciennes. Les portraits féminins du début du XXe siècle diffusés sous forme de cartes postales montrent eux aussi combien coiffure, costume, lumière et posture participaient à fabriquer une image destinée à être regardée.

Ces portraits hongrois restent néanmoins de remarquables documents. Plus d’un siècle après leur réalisation, leurs coiffures paraissent parfois étonnamment modernes, parfois extrêmement complexes, et parfois suffisamment ambitieuses pour donner envie de connaître le temps passé chaque matin devant le miroir.

Toutes les femmes ne portaient pas pour autant de longues chevelures relevées en chignon. Le portrait de l’actrice hongroise Lujza Blaha, réalisé en 1900, montre au contraire une coiffure courte et beaucoup plus sobre. Les archives photographiques rappellent ainsi qu’il n’existait pas une seule coiffure féminine « type » au tournant du XXe siècle.

Lujza Blaha avec une coiffure courte en 1900


L’actrice hongroise Lujza Blaha photographiée en 1900 avec une coiffure courte, très différente des grands chignons également en vogue à cette époque. Crédit photo Frigyes Kurzweil (domaine public).

Sources pour aller plus loin

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