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New York dans les années 1920 en couleur [vidéo]

À quoi ressemblait New York en 1920, lorsque les automobiles commençaient à envahir les avenues, que les tramways circulaient encore au milieu de Manhattan et que les gratte-ciel transformaient déjà la silhouette de la ville ? Cette vidéo restaurée et colorisée permet de retrouver un peu de l’agitation de New York au début des années folles.

Les couleurs ne sont évidemment pas celles enregistrées par la caméra d’époque : les films originaux étaient en noir et blanc et leur colorisation est une interprétation moderne. Mais entre les vêtements, les véhicules, les enseignes et les foules sur les trottoirs, ces images offrent un étonnant voyage dans le New York des années 1920.

Fifth Avenue à New York en 1920 avec voitures et passants
Une scène de rue sur Fifth Avenue à New York en 1920, entre automobiles et passants. Crédit photo George Grantham Bain Collection / Library of Congress (domaine public).

À retenir

  • En 1920, New York comptait 5 620 048 habitants et était de très loin la plus grande ville des États-Unis.
  • Manhattan rassemblait alors environ 2,28 millions d’habitants et Brooklyn un peu plus de 2 millions.
  • La vidéo est une restauration colorisée d’images anciennes : les couleurs et l’ambiance sonore ont été ajoutées après coup.
  • Les années 1920 correspondent à une période de profonde transformation de New York : développement du métro, circulation automobile croissante, construction de grands immeubles et vie culturelle intense.
  • La décennie marque aussi un tournant pour l’immigration : les lois de 1921 puis de 1924 réduisent fortement les arrivées et modifient le rôle d’Ellis Island.

New York en 1920 : déjà plus de 5,6 millions d’habitants

Le recensement américain de 1920 dénombrait exactement 5 620 048 habitants à New York. À elle seule, la ville comptait alors plus de deux fois la population de Chicago, deuxième agglomération du pays.

Manhattan comptait 2 284 103 habitants et Brooklyn 2 018 356. Le Bronx dépassait déjà 730 000 habitants, tandis que Queens approchait les 470 000.

New York n’avait donc rien d’une ville encore en devenir : c’était déjà une métropole gigantesque, dense et extrêmement mobile.

Le développement du métro avait beaucoup contribué à cette expansion. L’immense programme d’extension lancé avant la Première Guerre mondiale était pratiquement achevé en 1920. En 1925, environ 91 % des New-Yorkais vivaient à moins d’un demi-mile, soit environ 800 mètres, d’une ligne de métro.

Foule devant Ebbets Field à Brooklyn à New York en 1920


Une foule devant Ebbets Field, le stade des Brooklyn Dodgers, en 1920. Crédit photo Bain News Service / Library of Congress (domaine public).

Des rues où l’automobile prend de plus en plus de place

Sur les photographies et films de l’époque, l’un des détails les plus visibles est la diversité des moyens de transport.

Les automobiles se mêlent encore aux tramways, aux véhicules utilitaires et à une foule importante de piétons. Les rues ne ressemblent pas encore tout à fait aux grands axes entièrement dominés par la voiture de la seconde moitié du XXe siècle.

C’est aussi ce qui rend ces images si intéressantes : le New York moderne est déjà là, mais certaines habitudes du XIXe siècle n’ont pas encore complètement disparu.

Broadway, Fifth Avenue, Wall Street ou les quartiers plus populaires connaissent une activité permanente. Les vêtements, les publicités peintes sur les façades, les enseignes et la circulation donnent parfois davantage d’informations sur la vie quotidienne qu’un long chapitre de manuel d’histoire.

Wall Street faisait même travailler ses courtiers sur le trottoir

La finance new-yorkaise offre alors quelques scènes assez éloignées des salles de marché remplies d’écrans d’aujourd’hui.

En octobre 1920, des photographes du Bain News Service immortalisent ainsi une foule de curb brokers, littéralement des « courtiers de trottoir », en pleine activité à Wall Street.

Courtiers dans la rue à Wall Street à New York en 1920
Des « curb brokers » réunis à Wall Street le 2 octobre 1920 : une partie de l’activité financière new-yorkaise se déroulait encore littéralement dans la rue. Crédit photo Bain News Service / Library of Congress (domaine public).

Le contraste avec le New York financier actuel est assez savoureux : pas de fibre optique, pas de trading à la microseconde, mais beaucoup de chapeaux.

Les années folles commencent aussi sous la Prohibition

L’année 1920 marque également le début effectif de la Prohibition nationale. L’application du XVIIIe amendement et du Volstead Act débute le 17 janvier 1920 et interdit la production et la vente de boissons alcoolisées dans la plupart des cas.

L’interdiction ne fait évidemment pas disparaître l’alcool. Elle favorise au contraire le développement des bars clandestins, les fameux speakeasies, et d’un marché illégal particulièrement lucratif.

C’est dans ce décor que se développe le New York des « Roaring Twenties » : jazz, spectacles, clubs, publicité, cinéma, consommation de masse et croissance économique, jusqu’au krach boursier de 1929 qui ferme brutalement la parenthèse.

Ellis Island au début d’une nouvelle époque

Au début des années 1920, New York reste indissociable de l’immigration. Entre 1892 et 1954, près de 12 millions d’immigrants ont été traités par la station fédérale d’Ellis Island.

Les premières années de la décennie constituent toutefois un tournant majeur.

Une première loi de quotas est adoptée en 1921. Puis l’Immigration Act de 1924 durcit fortement les restrictions et impose aux futurs immigrants d’obtenir leur visa avant même d’embarquer pour les États-Unis.

Ellis Island perd alors progressivement son rôle de gigantesque porte d’entrée du pays.

Les visages de cette époque sont particulièrement bien documentés grâce aux portraits d’immigrants photographiés à Ellis Island entre 1892 et 1925, qui donnent un visage beaucoup plus humain aux statistiques.

Une vidéo colorisée, mais pas une archive couleur

La vidéo de NASS permet de rendre ces scènes anciennes beaucoup plus immédiates, mais il faut garder une distinction importante en tête.

Les images historiques n’ont pas été filmées en couleur. La restauration améliore la définition et la fluidité, tandis que les couleurs et le son ont été ajoutés pour recréer une ambiance.

Une robe bleue, une carrosserie verte ou une façade rouge ne doivent donc pas être considérées comme des informations historiques certaines.

C’est précisément pour cette raison que les photographies originales en noir et blanc restent précieuses : elles constituent le document historique brut, tandis que la version colorisée permet surtout de rendre le passé plus accessible.

Pour comparer deux grandes capitales à la même époque, on peut également regarder Paris dans les années 1920 en vidéos colorisées.

New York avant et après les années 1920

La ville visible ici était déjà méconnaissable par rapport à celle de la fin du XIXe siècle.

À peine trois décennies auparavant, le gigantesque blizzard de New York de 1888 avait paralysé une ville encore parcourue par de nombreuses infrastructures aériennes et des véhicules hippomobiles.

Et vingt ans seulement après les images de cette vidéo, la silhouette de Manhattan avait encore changé : Chrysler Building, Empire State Building et nouvelles tours avaient profondément transformé le paysage.

Une autre vidéo permet justement de poursuivre le voyage avec New York en 1940 en couleur.

En quelques décennies seulement, les rues semblent presque appartenir à trois villes différentes. Mais le rythme, les foules et cette impression que tout le monde est quelque part en retard sont déjà très new-yorkais.

Sources pour aller plus loin

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