Sur les pentes de Table Mountain, au Cap, le jardin botanique de Kirstenbosch possède une passerelle qui semble se faufiler entre les arbres avant de surgir au-dessus de leur feuillage. Longue de 130 mètres et culminant à environ 12 mètres au-dessus du sol, elle permet de traverser une partie de la canopée sans transformer l’arboretum en parc d’attractions.
Son nom officiel est Centenary Tree Canopy Walkway, mais tout le monde ou presque l’appelle le Boomslang. Construite en 2013-2014 pour le centenaire de Kirstenbosch, cette structure d’acier et de bois reprend volontairement la forme d’un squelette de serpent et serpente entre plus de 450 espèces d’arbres d’Afrique australe.
Le Tree Canopy Walkway de Kirstenbosch, surnommé le Boomslang. Crédit photo Meraj Chhaya (CC BY 2.0).
À retenir
- Le Centenary Tree Canopy Walkway se trouve dans le jardin botanique national de Kirstenbosch, au Cap, en Afrique du Sud.
- Cette passerelle de 130 mètres s’élève jusqu’à environ 12 mètres au-dessus du sol.
- Elle est surnommée le Boomslang, un mot afrikaans signifiant « serpent arboricole ».
- Sa structure en acier et bois est directement inspirée du squelette d’un serpent.
- Elle a été construite en 2013-2014 pour célébrer le centenaire de Kirstenbosch et a ouvert au public le 17 mai 2014.
- La passerelle traverse l’arboretum de Kirstenbosch, qui rassemble plus de 450 espèces d’arbres d’Afrique australe.
- L’accès au Boomslang est compris dans le billet d’entrée du jardin.
Le Boomslang, le Centenary Tree Canopy Walkway de Kirstenbosch
Le terme « pont » reste pratique pour décrire l’ouvrage, mais il ne s’agit pas vraiment d’un pont suspendu. Le Boomslang est plutôt une passerelle-pont surélevée en acier et en bois, portée par de minces colonnes et profitant de la pente naturelle de l’arboretum.
Elle commence au niveau du sol, s’élève progressivement entre les arbres, passe au-dessus de la canopée puis redescend jusqu’au terrain naturel.
Ce dessin permet d’éviter escaliers et pylônes monumentaux. Vu depuis le jardin, l’ouvrage reste étonnamment discret pour une structure longue de 130 mètres.
Le Centenary Tree Canopy Walkway serpente entre les arbres de Kirstenbosch. Crédit photo Meraj Chhaya (CC BY 2.0).
Le projet a été réalisé pour célébrer le centenaire du jardin botanique, créé en 1913. Sa planification débute en 2012, les fondations sont mises en place à partir de juin 2013 et la structure ouvre officiellement au public le 17 mai 2014.
Pourquoi cette passerelle s’appelle-t-elle le Boomslang ?
Le surnom n’a pas été choisi simplement parce que le pont fait quelques virages.
En afrikaans, boomslang signifie littéralement « serpent arboricole ». C’est également le nom commun de Dispholidus typus, un serpent arboricole africain doté d’un venin particulièrement puissant.
Les architectes se sont directement inspirés d’un squelette de serpent. Le tube central en acier joue le rôle d’une colonne vertébrale tandis que des pièces métalliques transversales rappellent les côtes.
Le résultat est une structure qui ne se contente donc pas de suivre un tracé sinueux : jusque dans sa construction, elle reprend l’anatomie de l’animal dont elle porte le nom.
La structure sinueuse du Boomslang dans l’arboretum de Kirstenbosch. Crédit photo Axxter99 (CC BY-SA 3.0).
Une structure de 130 mètres qui monte jusqu’à 12 mètres
Le Boomslang mesure 130 mètres de long. Son tracé en croissant exploite le relief de Kirstenbosch pour s’élever progressivement sans imposer une forte pente aux visiteurs.
À son point le plus haut, la passerelle se trouve à environ 12 mètres au-dessus du sol.
Elle reste volontairement étroite sur la plus grande partie de son parcours, mais s’élargit à certains endroits pour créer des zones où les visiteurs peuvent s’arrêter et observer le jardin.
Lorsque la structure ressort au-dessus de la végétation, la vue s’ouvre sur les arbres, les montagnes entourant Kirstenbosch, les jardins et les Cape Flats.
La passerelle Boomslang au milieu de la végétation du jardin botanique de Kirstenbosch. Crédit photo Malcolm Manners (CC BY 2.0).
Ce principe est assez différent des ouvrages qui cherchent avant tout le spectaculaire, comme le Golden Bridge du mont Bà Nà et ses gigantesques mains de pierre. À Kirstenbosch, le pont cherche plutôt à se faire oublier.
Une passerelle construite autour des arbres
C’était l’une des difficultés majeures du projet : installer une structure métallique de cette taille dans un arboretum sans commencer par abattre les arbres qui gênaient.
Avant la conception, le terrain, les chemins, les niveaux et les principaux arbres ont été précisément relevés afin d’adapter le tracé à la végétation existante. Selon les architectes, aucun arbre n’a été coupé pour construire la passerelle.
La structure elle-même a été préfabriquée en sections d’environ 6 mètres, transportées jusqu’au site puis levées par grue et boulonnées sur place.
Cette méthode a permis de réduire fortement la durée des travaux au milieu de l’arboretum.
Les fondations ont également demandé quelques précautions. Elles reposent sur des plots en béton armé creusés manuellement, disposés à environ 12 mètres les uns des autres. Les excavations ont été réalisées de manière à éviter d’endommager les systèmes racinaires.
Le Boomslang est constitué d’une ossature métallique surmontée d’un platelage en bois. Crédit photo Malcolm Manners (CC BY 2.0).
Le « squelette » principal est réalisé en acier tubulaire avec des côtes soudées et un contreventement léger. Le sol de la passerelle est constitué de lattes de pin traité, tandis que les mains courantes suivent continuellement les courbes de l’ouvrage.
Le projet associe Mark Thomas Architects et les ingénieurs de Henry Fagan & Partners.
Son coût de construction a atteint environ 5 millions de rands, financés par des legs de bienfaiteurs du jardin, dont un million de rands provenant de Mary Mullins.
Plus de 450 espèces d’arbres sous la passerelle
Le Boomslang traverse l’arboretum de Kirstenbosch, installé entre le Protea Garden, le Cycad Amphitheatre, le Dell, Mathews Rockery et la grande pelouse des concerts.
Cet arboretum réunit plus de 450 espèces d’arbres originaires d’Afrique australe, avec une forte présence d’espèces provenant des régions subtropicales de l’est du continent.
On y rencontre notamment des stinkwoods, des knobwoods, des pigeon woods, des coral trees et différents arbres adaptés aux zones ombragées.
La passerelle change complètement le point de vue : au lieu de regarder les arbres depuis leurs pieds, les visiteurs arrivent au niveau des branches, des fleurs et des fruits.
C’est également une bonne zone d’observation des oiseaux.
Le Tree Canopy Walkway permet de traverser l’arboretum à hauteur de feuillage. Crédit photo Malcolm Manners (CC BY 2.0).
Pour ceux qui apprécient ce type de cheminement construit au cœur d’un paysage naturel, les Paiva Walkways au Portugal déroulent huit kilomètres de passerelles en bois, mais dans un décor de vallée et de rivière très différent.
Kirstenbosch, un jardin botanique créé en 1913
Le Kirstenbosch National Botanical Garden est installé sur les pentes orientales de Table Mountain, au Cap.
Le domaine couvre environ 528 hectares. Seuls quelque 36 hectares correspondent au jardin cultivé et aménagé avec pelouses, collections végétales, chemins et équipements pour les visiteurs ; le reste comprend notamment des forêts naturelles et du fynbos sur les pentes de la montagne.
L’histoire du lieu est beaucoup plus ancienne, mais le gouvernement sud-africain réserve officiellement le domaine à la création d’un jardin botanique national en mai 1913. Le terrain est confié à son conseil d’administration le 1er juillet de la même année.
Aujourd’hui, Kirstenbosch est autant un jardin botanique qu’une porte d’entrée vers la végétation naturelle de Table Mountain.
Une vue du Boomslang au sein du jardin botanique national de Kirstenbosch. Crédit photo Meraj Chhaya (CC BY 2.0).
Kirstenbosch figure d’ailleurs dans cette sélection des plus beaux jardins du monde, même si le Boomslang apporte depuis 2014 une manière assez inhabituelle de le parcourir : quelques mètres plus haut que les allées habituelles.
Une architecture spectaculaire qui cherche pourtant à disparaître
C’est peut-être ce qui distingue le mieux le Boomslang de nombreuses passerelles touristiques contemporaines.
Sa structure est immédiatement reconnaissable lorsqu’on marche dessus, mais depuis les pelouses du jardin, ses fines colonnes et ses courbes se mélangent largement aux troncs et aux branches.
Les architectes cherchaient justement à créer une construction légère, organique et peu intrusive.
L’approche est presque opposée à celle de la spectaculaire passerelle-escalier de Vøringsfossen en Norvège, dont la géométrie métallique assume franchement sa présence au-dessus du paysage.
À Kirstenbosch, la prouesse consiste plutôt à faire passer 130 mètres de pont dans une forêt en donnant l’impression qu’un très grand serpent avait simplement décidé de se poser là.
Vidéo du Boomslang de Kirstenbosch
Voici également une vidéo qui permet de découvrir le Centenary Tree Canopy Walkway en mouvement :
Visiter le Tree Canopy Walkway de Kirstenbosch
Le Boomslang est situé à l’intérieur du Kirstenbosch National Botanical Garden.
Adresse :
Rhodes Drive, Newlands, Cape Town, 7735, Afrique du Sud.
Les coordonnées du jardin sont approximativement :
-33.9866, 18.4327. Voici sa position sur Google Maps:
La passerelle elle-même ne nécessite aucun billet supplémentaire : son accès est compris dans le prix d’entrée de Kirstenbosch.
Pour la période tarifaire 2026-2027, SANBI indique notamment un tarif standard de 270 rands pour les visiteurs adultes venant de pays situés hors d’Afrique et de la SADC. Les tarifs étant susceptibles d’évoluer, mieux vaut les vérifier avant le départ.
Le jardin ouvre actuellement :
- de 8 h à 19 h de septembre à mars ;
- de 8 h à 18 h d’avril à août.
Le Boomslang lui-même est accessible en fauteuil roulant, mais il y a une nuance importante : l’arboretum se trouve sur une pente assez raide. SANBI indique qu’une assistance peut être nécessaire pour rejoindre la passerelle et recommande aux personnes en fauteuil d’approcher par Rycroft Gate, la porte 3.
Les parkings des portes 1, 2 et 3 sont gratuits.
Une promenade au niveau des arbres
Le Boomslang n’est donc ni le plus long pont du monde ni la passerelle la plus vertigineuse. Son intérêt vient plutôt de la manière dont il utilise l’architecture pour changer discrètement la perception du jardin.
En quelques dizaines de mètres, on passe du pied des arbres à leurs branches, puis au-dessus de leur feuillage, avec Table Mountain en toile de fond. Et malgré ses 130 mètres d’acier et de bois, l’ouvrage réussit presque à se faire oublier au milieu de la végétation.
Pour un pont inspiré d’un serpent très venimeux, le Boomslang de Kirstenbosch se montre finalement particulièrement bien élevé.
Sources pour aller plus loin
- SANBI — présentation officielle du Centenary Tree Canopy Walkway : https://www.sanbi.org/gardens/kirstenboch/tours/tree-canopy-walkway/
- SANBI — arboretum de Kirstenbosch et ses collections d’arbres : https://www.sanbi.org/gardens/kirstenboch/history/kirstenbosch-nbg-arboretum/
- SANBI — histoire du jardin botanique de Kirstenbosch : https://www.sanbi.org/gardens/kirstenboch/history/history/
- SANBI — horaires, tarifs et informations pratiques 2026-2027 : https://www.sanbi.org/gardens/kirstenboch/visitor-information/information/
- ArchDaily — conception et architecture du Kirstenbosch Centenary Tree Canopy Walkway : https://www.archdaily.com/529581/kirstenbosch-centenary-tree-canopy-walkway-mark-thomas-architects






