Aller au contenu

La guêpe mygale (tarantula hawk) : la chasseuse de tarentules à la piqûre légendaire

Si vous croisez une grande guêpe noire ou bleu métallique aux ailes orange qui patrouille au ras du sol, inutile de chercher le bouton d’arrêt d’urgence. Il peut s’agir d’une tarantula hawk, aussi appelée guêpe tarentule, guêpe faucon ou guêpe mygale. Ces grandes guêpes solitaires des genres Pepsis et Hemipepsis sont spécialisées dans la chasse aux grosses araignées.

Elles sont surtout célèbres pour deux raisons assez difficiles à départager : la femelle paralyse une tarentule pour nourrir sa future larve et sa piqûre figure au niveau maximal de l’échelle de douleur de Schmidt. Impressionnant, certes, mais la tarantula hawk est généralement peu agressive envers l’être humain. Sa cible préférée possède huit pattes et beaucoup plus de poils.

Tarantula hawk ou guêpe tarentule avec une tarentule
Une tarantula hawk avec une tarentule, sa proie caractéristique. Crédit photo Ethan Lundgaard (CC BY 2.0).

À retenir

  • La tarantula hawk n’est pas une seule espèce mais un nom donné à de grandes guêpes chasseuses d’araignées, notamment des genres Pepsis et Hemipepsis.
  • On rencontre aussi en français les noms guêpe tarentule, guêpe mygale ou guêpe faucon.
  • Selon les espèces, elle mesure environ 1 à 5 cm.
  • La femelle paralyse une grosse araignée, la transporte dans un terrier et pond généralement un œuf sur son abdomen.
  • La larve se nourrit ensuite de l’araignée paralysée.
  • La piqûre de certaines Pepsis atteint le niveau 4, maximum de l’échelle de douleur de Schmidt.
  • Malgré cette réputation, les tarantula hawks sont généralement peu agressives envers l’être humain.

Qui est la « tarantula hawk » exactement ?

Le nom anglais tarantula hawk, littéralement « faucon des tarentules », ne désigne pas une espèce unique. Il est utilisé pour plusieurs grandes guêpes de la famille des Pompilidae, spécialisée dans la chasse aux araignées.

Les plus emblématiques appartiennent aux genres Pepsis et Hemipepsis. Le premier regroupe les célèbres tarantula hawks du Nouveau Monde, tandis que le second comprend également des espèces présentes dans l’Ancien Monde.

Ces insectes peuvent mesurer environ 10 à 50 millimètres selon les espèces. Certaines atteignent donc près de 5 cm, ce qui commence sérieusement à faire beaucoup de guêpe.

Leur apparence est également très reconnaissable : corps généralement noir ou bleu métallique, longues pattes et, chez de nombreuses espèces, grandes ailes orange à brun orangé. Cette coloration très visible joue vraisemblablement un rôle d’avertissement pour les prédateurs.

Contrairement au papillon frelon qui imite une guêpe pour paraître dangereux, la tarantula hawk ne bluffe pas vraiment : elle possède effectivement un aiguillon particulièrement dissuasif.

 Tarantula hawk wasp aux ailes orangées


Une tarantula hawk montrant la silhouette sombre et les ailes colorées caractéristiques de nombreuses espèces. Crédit photo Kretyen (CC BY 2.0).

Les femelles sont les chasseuses et ce sont elles qui possèdent l’aiguillon utilisé pour immobiliser leur proie. Chez plusieurs espèces, elles présentent également des antennes nettement recourbées, tandis que celles des mâles sont plus droites.

Où vit la guêpe mygale ?

L’image classique de la tarantula hawk évoluant sous un soleil de plomb dans le désert américain n’est pas totalement fantaisiste. Plusieurs espèces vivent effectivement dans des régions arides ou semi-arides, mais leur répartition est beaucoup plus large.

Le genre Pepsis est propre au Nouveau Monde et ses représentants vivent en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud. Certaines espèces, comme Pepsis grossa, occupent une vaste zone allant du sud-ouest des États-Unis jusqu’au nord de l’Amérique du Sud.

Les Hemipepsis, également appelées tarantula hawks, sont présentes dans plusieurs régions tropicales ou subtropicales de l’Ancien Monde, notamment en Afrique et en Asie. Une espèce, Hemipepsis mauritanica, atteint même le sud de l’Espagne.

Tarantula hawk photographiée à Quito en Équateur
Une tarantula hawk photographiée à Quito, en Équateur. Crédit photo Julio.ospinao (CC BY-SA 3.0).

Peut-on rencontrer une tarantula hawk en France ?

La spectaculaire Pepsis américaine aux grandes ailes orange n’est pas une guêpe de France métropolitaine : le genre Pepsis est un groupe du Nouveau Monde.

La France possède en revanche de nombreux autres Pompilidae, eux aussi chasseurs d’araignées. Il ne faut donc pas identifier automatiquement toute grosse guêpe sombre courant sur le sol comme une tarantula hawk.

Une guêpe solitaire et une technique de chasse spectaculaire

La tarantula hawk est une guêpe solitaire. Elle ne construit pas une grande colonie comparable à celle des guêpes sociales et n’a donc pas de nid collectif rempli d’ouvrières à défendre.

La femelle consacre en revanche beaucoup d’énergie à fournir à chacune de ses larves une réserve alimentaire assez extraordinaire : une grosse araignée vivante mais paralysée.

Sa cible classique est une tarentule au sens anglais, c’est-à-dire une grande araignée de la famille des Theraphosidae. Ces araignées appartiennent aux Mygalomorphae, comme les mygales.

Il n’y a donc aucune raison biologique d’opposer ici « tarentule » et « mygale » en affirmant que les premières vivraient dans le désert et les secondes uniquement en milieu humide. Les Theraphosidae occupent des environnements très variés, des forêts tropicales aux zones beaucoup plus sèches.

La femelle peut s’attaquer à une araignée considérablement plus massive qu’elle-même. Même la taille impressionnante de certaines espèces rappelle que, dans ce duel, le gabarit n’est pas tout. La mygale Goliath peut atteindre environ 30 cm d’envergure, mais les tarantula hawks sont justement spécialisées dans la maîtrise de grosses araignées.

Une tarentule paralysée pour nourrir une seule larve

Le scénario général est remarquablement bien documenté :

  • la femelle recherche une grande araignée ;
  • elle l’affronte et lui injecte son venin afin de la paralyser ;
  • elle transporte ensuite sa proie vers un terrier ou un autre abri ;
  • elle dépose généralement un seul œuf sur l’abdomen de l’araignée ;
  • après l’éclosion, la larve se nourrit progressivement de l’hôte immobilisé avant de se transformer en adulte.

• La femelle repère une tarentule / mygale (souvent plus massive qu’elle).
Tarantula hawk affrontant une tarentule


Une tarantula hawk et une tarentule au cours d’une séquence de prédation. Crédit photo Crume (CC BY 2.0).

• Elle la paralyse avec une piqûre précise.
Guêpe tarentule et mygale pendant une scène de chasse
La série photographique montre la relation spectaculaire entre la guêpe chasseuse et sa grande proie arachnéenne. Crédit photo Crume (CC BY 2.0).

• Elle traîne la proie jusqu’à un terrier, prépare la “nurserie”, et pond un œuf sur l’araignée (souvent sur l’abdomen).
Guêpe chasseuse de tarentule avec sa proie
Une autre étape de la série « Wasp 1, Tarantula 0 » consacrée à la chasse d’une tarentule par une tarantula hawk. Crédit photo Crume (CC BY 2.0).
Alt : Guêpe chasseuse de tarentule avec sa proie

Tarantula hawk avec une tarentule paralysée
Une tarantula hawk avec une tarentule paralysée dans la série photographique « Wasp 1, Tarantula 0 ». Crédit photo Crume (CC BY 2.0).
Alt : Tarantula hawk avec une tarentule paralysée

• La larve mettra une semaine à éclore et dévorera l’araignée pour assurer sa croissance. La larve évitera de consommer les organes vitaux de la tarentule afin de la maintenir en vie le plus longtemps possible. Un scénario assez horrible évidemment pour l’araignée mais qui est assez unique dans la nature, d’autant plus que dans ce cas la proie est souvent plus grande que le prédateur.

Ce mode de reproduction est un exemple de parasitoïdisme. Il est spectaculaire, mais loin d’être unique dans le monde des hyménoptères : de nombreuses guêpes parasitoïdes utilisent d’autres arthropodes pour assurer le développement de leur descendance.

Les adultes, eux, ne se nourrissent pas d’araignées. Ils consomment essentiellement du nectar et visitent différentes fleurs. Certaines tarantula hawks sont notamment d’importants pollinisateurs d’asclépiades.

tarentula hawk guepe mygale sur une fleur


Guêpe tarentule sure une fleur. Crédit photo Monkeystyle3000 (CC BY 2.0).

Pourquoi la piqûre de la tarantula hawk est-elle si célèbre ?

Parce qu’elle fait extrêmement mal. Sur ce point, sa réputation n’a pas vraiment besoin d’équipe marketing.

L’entomologiste américain Justin O. Schmidt a élaboré une échelle allant de 1 à 4 pour comparer la douleur provoquée par différentes piqûres d’hyménoptères. Les tarantula hawks du genre Pepsis atteignent le niveau 4, le maximum de cette échelle.

Elles partagent ce niveau avec plusieurs autres insectes, notamment la fourmi balle Paraponera clavata et certaines guêpes guerrières. Il est donc plus exact de parler de l’une des piqûres les plus douloureuses connues que de lui attribuer seule une médaille d’or incontestable.

Schmidt décrit la douleur de la tarantula hawk comme aveuglante, féroce et électrisante, en la comparant de façon imagée à un sèche-cheveux branché tombant dans une baignoire.

La formule souvent reproduite « pure, intense, brillante » ne concernait en réalité **pas la tarantula hawk mais la fourmi balle**.

Guêpe tarentule Pepsis connue pour sa piqûre très douloureuse
Une tarantula hawk adulte, guêpe connue pour sa piqûre extrêmement douloureuse. Crédit photo Astrobradley (domaine public).

La guêpe tarentule est-elle dangereuse pour l’homme ?

La douleur et la dangerosité ne sont pas la même chose.

Les femelles peuvent délivrer une piqûre extrêmement douloureuse, mais les tarantula hawks sont généralement considérées comme dociles vis-à-vis de l’être humain. Elles cherchent plutôt à s’éloigner et piquent surtout lorsqu’elles sont manipulées, coincées ou fortement provoquées.

Il ne faut donc évidemment pas tenter d’en saisir une à la main pour vérifier personnellement l’index de Schmidt. La science a déjà fait ce travail ; votre système nerveux peut rester simple spectateur.

Et ce n’est pas juste “aïe” : Justin Schmidt (l’entomologiste à l’origine de l’index) a décrit cette douleur avec des images devenues cultes. Une formulation souvent citée parle d’une douleur “pure, intense, brillante” (oui, la douleur a un service marketing).

Autre élément intéressant : ces guêpes font partie des insectes ayant beaucoup de venin par rapport à leur masse, ce qui aide à comprendre pourquoi l’impact est si violent… même si l’objectif du venin est surtout de paralyser une araignée, pas de faire la guerre à l’humanité.

Le principal risque médical sérieux reste celui qui accompagne d’autres piqûres d’hyménoptères : une réaction allergique sévère peut survenir chez une personne sensibilisée.

Cela reste une situation très différente d’un véritable envenimement potentiellement grave comme une piqûre de poisson-pierre ou celle du cône géographe.

tarentula hawk capturant une mygale
Guêpe faucon tarentule capturant une mygale. Crédit photo Charles J. Sharp (CC BY-SA 3.0).

Que faire en cas de piqûre ?

Pour une réaction locale simple, les recommandations générales appliquées aux piqûres de guêpes sont adaptées : nettoyer la zone à l’eau et au savon, appliquer du froid enveloppé dans un tissu et utiliser si nécessaire un antalgique adapté.

Il faut ensuite surveiller l’évolution.

Appelez immédiatement le 15 ou le 112 en cas de difficultés respiratoires ou à avaler, de gonflement de la langue, des lèvres ou de la gorge, de malaise, de perte de connaissance, d’urticaire généralisée ou d’autres signes évoquant une réaction allergique importante.

Une piqûre dans la bouche ou la gorge constitue également une situation d’urgence.

guepe pepsis sur une fleur
Guêpe Pepsis sur une fleur. Crédit photo Bernard DUPONT (CC BY-SA 2.0).

Une célébrité officielle au Nouveau-Mexique

La tarantula hawk possède aussi une distinction assez inhabituelle : elle est l’insecte officiel de l’État américain du Nouveau-Mexique depuis 1989.

Ce choix vient d’une initiative d’une classe d’école primaire d’Edgewood. Les élèves ont étudié les insectes emblématiques des différents États, sélectionné plusieurs candidats puis organisé un vote auprès d’autres élèves du Nouveau-Mexique.

La tarantula hawk a remporté l’élection avant d’être officiellement adoptée par la législature de l’État.

Une carrière institutionnelle plutôt honorable pour un insecte dont le CV commence par « paralyse des araignées géantes pour nourrir ses enfants ».

Vidéos de la guêpe tarantula hawk face aux tarentules

Les photos donnent déjà une bonne idée de la disproportion entre les deux adversaires, mais les vidéos permettent de mieux comprendre la technique employée par la femelle pour approcher et immobiliser une araignée beaucoup plus massive qu’elle.

Mini FAQ — guêpe tarentule et tarantula hawk

Qu’est-ce qu’une guêpe tarentule ?

La guêpe tarentule ou tarantula hawk est une grande guêpe solitaire de la famille des Pompilidae spécialisée dans la chasse aux grosses araignées. Les espèces les plus connues appartiennent notamment aux genres Pepsis et Hemipepsis.

Quelle taille peut atteindre une tarantula hawk ?

Selon les espèces, les adultes mesurent environ 10 à 50 mm. Les plus grandes approchent donc 5 cm.

Où vit la guêpe tarentule ?

Les Pepsis vivent dans les Amériques. D’autres tarantula hawks du genre Hemipepsis existent notamment en Afrique et en Asie, et une espèce atteint le sud de l’Espagne. La grande Pepsis américaine aux ailes orange n’est pas une espèce de France métropolitaine.

Sa piqûre est-elle vraiment l’une des plus douloureuses au monde ?

Oui. Des tarantula hawks du genre Pepsis atteignent le niveau 4, maximum de l’échelle de douleur de Schmidt. Elles ne sont toutefois pas seules à ce niveau et il est donc préférable de parler d’une des piqûres d’insectes les plus douloureuses plutôt que d’un record absolu.

Qui pique : le mâle ou la femelle?

La femelle pique (elle a un dard fonctionnel et chasse). Le mâle, lui, se contente de butiner et de faire le beau.

Sources pour aller plus loin

tarentula hawk capturant une mygale

Partager/Envoyer à une IA pour résumer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *