Vishwanath Mallabadi Davangere est un artiste indien installé à Bangalore qui transforme les déchets électroniques en sculptures. Cartes mères, câbles, connecteurs, résistances, condensateurs, claviers, lecteurs DVD, vieux PC ou téléphones hors d’usage deviennent entre ses mains des insectes, des animaux, des bustes, des robots, des bijoux ou des tableaux.
Son travail appartient à la famille de l’e-waste art, cet art qui détourne les rebuts électroniques pour leur donner une seconde vie. Ici, le vieux composant ne finit pas dans une boîte “au cas où” au fond du garage : il tente une reconversion beaucoup plus glorieuse en papillon, poisson, cerf ou personnage mécanique. C’est mieux qu’une retraite dans un tiroir de câbles VGA.
À retenir
- Vishwanath Mallabadi Davangere est un artiste de Bangalore, en Inde, spécialisé dans l’art à partir de déchets électroniques.
- Il utilise des composants issus de vieux ordinateurs, lecteurs DVD, téléphones, claviers et cartes électroniques.
- Ses créations prennent la forme d’animaux, d’insectes, de robots, de bustes, de bijoux, de tableaux et d’installations décoratives.
- Son travail mêle sculpture, design, recyclage créatif et sensibilisation à l’impact des déchets électroniques.
- La fusion de ces deux anciens articles permet de concentrer les signaux SEO sur une seule URL plus complète.
Quand l’électronique devient matière artistique
L’intérêt du travail de Vishwanath Mallabadi Davangere vient de cette double lecture permanente. De loin, on voit une sculpture : un animal, un visage, un robot, une silhouette ou une forme décorative. De près, l’œil reconnaît les fragments d’origine : circuits imprimés, fils colorés, touches de clavier, connecteurs, résistances, puces, nappes, vis et petits éléments récupérés sur des appareils obsolètes.
Il ne cache pas complètement la matière technique. Au contraire, il l’exploite. Une carte électronique devient surface texturée, un fil devient ligne, une résistance devient motif, un connecteur devient articulation. L’ancien matériel garde son identité, mais change de fonction. Le rebut informatique quitte la catégorie “déchet” pour entrer dans celle de la sculpture.
Cette manière de transformer l’obsolescence en matière visuelle rejoint le travail de Zak Miskry, qui assemble lui aussi des déchets électroniques en sculptures. Même logique de départ : là où l’on voit un rebut technique, l’artiste repère une texture, un volume, une ligne ou une créature possible.
Des vieux PC, DVD et téléphones transformés en sculptures
Dans ses créations, Vishwanath utilise des pièces issues de matériels informatiques ou électroniques promis au rebut : ordinateurs, lecteurs DVD, téléphones, claviers, circuits imprimés ou petits appareils domestiques. Il démonte, trie, sélectionne les composants selon leur forme, leur couleur, leur texture et leur potentiel visuel.
Ce travail demande un œil très particulier. Là où beaucoup ne voient qu’une carte mère usée ou un câble sans intérêt, l’artiste repère une aile, une écaille, une nervure, une antenne, un bijou ou une structure de visage. Il y a là quelque chose de très proche de la sculpture traditionnelle, sauf que le marbre a été remplacé par une vieille nappe IDE, ce qui donne moins envie de tousser dans un musée.
Un bestiaire né des déchets électroniques
Vishwanath Mallabadi Davangere fait surgir tout un bestiaire de vieux composants électroniques : insectes, oiseaux, poissons, cerfs, créatures hybrides ou animaux plus imaginaires. Le choix est particulièrement efficace, car ces matériaux ont déjà une vie graphique très forte. Les circuits imprimés évoquent des nervures, les câbles deviennent des pattes ou des antennes, les connecteurs suggèrent des articulations. Sous son regard, la carcasse électronique cesse d’être un rebut : elle retrouve presque un comportement d’animal.
Dans un esprit voisin, mais avec une approche plus délicate et miniature, Alice Chappell transforme elle aussi les composants électroniques en insectes, comme si les cartes mères avaient décidé de prendre leur envol au lieu de finir dans une déchetterie.
Ce basculement est particulièrement intéressant dans les bijoux et objets décoratifs. Un composant électronique, pris isolément, semble froid, technique et interchangeable. Placé dans une composition artistique, il devient détail visuel. Le déchet gagne une valeur nouvelle, non pas parce qu’il fonctionne encore, mais parce qu’il raconte autre chose.
Ce goût pour les créatures assemblées à partir de pièces techniques dialogue aussi avec ces animaux mécaniques aux airs steampunk, où la machine devient elle aussi presque vivante.
Un art de récupération avec un message écologique
L’e-waste art n’est pas seulement une affaire de style. Les déchets électroniques sont un problème environnemental massif. Le Global E-waste Monitor 2024 estime que le monde a généré 62 milliards de kilos de déchets électroniques en 2022, dont seulement 22,3 % ont été documentés comme collectés et recyclés formellement dans de bonnes conditions.
Le sujet dépasse largement la petite sculpture d’atelier. Les déchets électroniques sont aussi devenus une matière de dénonciation spectaculaire, comme le montre Mount Recyclemore, le mont Rushmore des dirigeants du G7 fabriqué en e-waste. Chez Vishwanath, l’échelle est plus intime, mais le message reste proche : nos objets numériques ne disparaissent pas quand on cesse de les utiliser.
Dans ce contexte, les sculptures de Vishwanath fonctionnent comme des rappels visuels. Elles ne résolvent évidemment pas à elles seules le problème mondial de l’obsolescence, des appareils jetés et du recyclage insuffisant. Mais elles donnent une forme visible à ce que l’on oublie souvent : nos objets électroniques ont une matière, une durée de vie, une fin, et parfois une seconde vie possible.
Transformer le rebut en objet désirable
Le grand intérêt de ces sculptures est qu’elles inversent notre regard. Un vieux clavier, une carte électronique ou un lecteur DVD démonté sont généralement perçus comme des objets morts. Une fois intégrés dans une œuvre, ils deviennent des fragments d’un nouvel ensemble. Le matériau garde son passé technique, mais gagne une présence artistique.
Cette logique rejoint d’autres pratiques d’art recyclé. Les animaux en métaux récupérés de Barbara Franc montrent par exemple comment des fragments promis au rebut peuvent devenir des créatures expressives. Chez Vishwanath, la matière n’est pas seulement métallique : elle est électronique, donc directement liée à nos écrans, ordinateurs, claviers et appareils trop vite remplacés.
Le charme particulier des composants électroniques
Les composants électroniques ont une beauté discrète que l’on remarque rarement. Les cartes imprimées dessinent des villes miniatures, les soudures créent de petits points métalliques, les résistances alignent des bandes colorées, les fils introduisent des lignes souples, les nappes ajoutent des surfaces graphiques.
Vishwanath exploite cette richesse visuelle. Il ne peint pas simplement par-dessus les matériaux pour les rendre méconnaissables. Il laisse souvent les éléments parler : un circuit reste un circuit, mais il devient aussi aile, peau, robe, crête, armure ou décor. Le plaisir vient précisément de cette hésitation : regardons-nous encore une pièce informatique ou déjà une sculpture ?
Une démarche entre art, design et économie circulaire
Sur ses supports officiels, Vishwanath Mallabadi Davangere présente son travail comme une forme d’eco-art, avec l’idée de détourner les déchets électroniques de leur destin habituel tout en sensibilisant à la circularité. Son projet ne se limite donc pas à “faire joli avec des déchets”. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’usage, la récupération et la valeur des matériaux.
Cette approche est aussi très design. Elle consiste à regarder un objet non plus pour sa fonction initiale, mais pour ses qualités plastiques : forme, couleur, rigidité, texture, brillance, répétition. C’est exactement ce qui transforme une vieille carte électronique en mosaïque, un câble en ligne graphique, ou un ensemble de touches en motif décoratif.
Dans une veine plus ornementale, ce tapis réalisé avec des pièces informatiques recyclées montre la même logique : le rebut numérique peut devenir motif, composition et objet visuel, au lieu de rester un simple cadavre de bureau.
Des œuvres qui parlent à tout le monde
Vishwanath revendique une idée simple : l’art doit pouvoir parler au plus grand nombre. Ses sculptures sont facilement lisibles parce qu’elles partent de formes reconnaissables : animaux, visages, robots, objets décoratifs. On n’a pas besoin d’un doctorat en esthétique contemporaine pour comprendre qu’un vieux circuit imprimé vient de devenir un poisson ou un insecte.
C’est probablement ce qui rend son travail efficace. Le spectateur reconnaît d’abord la forme, puis découvre la matière. L’œuvre fonctionne donc en deux temps : surprise visuelle, puis prise de conscience. Et parfois, en troisième temps, cette petite phrase intérieure : “j’ai peut-être vraiment trop de vieux chargeurs dans un tiroir”.
Quelques sculptures en recyclage d’électronique de Vishwanath
Vishwanath Mallabadi Davangere fait surgir tout un bestiaire de vieux composants électroniques : insectes, oiseaux, poissons, cerfs, créatures hybrides ou animaux plus imaginaires. Le choix est particulièrement efficace, car ces matériaux ont déjà une vie graphique très forte. Les circuits imprimés évoquent des nervures, les câbles deviennent des pattes ou des antennes, les connecteurs suggèrent des articulations. Sous son regard, la carcasse électronique cesse d’être un rebut : elle retrouve presque un comportement d’animal.
Démonstration avec quelques autres de ses créations:
Toutes les photos : crédits Vishwanath Mallabadi Davangere / Sustainable Eco Art.
Mini FAQ
Qui est Vishwanath Mallabadi Davangere ?
Vishwanath Mallabadi Davangere est un artiste indien basé à Bangalore, connu pour ses sculptures et objets d’art réalisés à partir de déchets électroniques.
Quels matériaux utilise-t-il dans ses sculptures ?
Il utilise notamment des circuits imprimés, câbles, connecteurs, résistances, condensateurs, touches de clavier, pièces de vieux PC, lecteurs DVD, téléphones et autres composants électroniques obsolètes.
Qu’est-ce que l’e-waste art ?
L’e-waste art est une forme d’art qui utilise des déchets électroniques comme matériau de création. Il peut s’agir de sculptures, tableaux, bijoux, installations ou objets décoratifs réalisés à partir d’appareils et composants destinés au rebut.
Pourquoi transformer des déchets électroniques en art ?
Cette démarche donne une seconde vie à des matériaux souvent difficiles à recycler et attire l’attention sur le problème des déchets électroniques. Elle permet aussi de révéler la beauté graphique de composants que l’on considère habituellement comme inutiles.
Où voir davantage de créations de Vishwanath ?
Ses créations sont visibles sur son site officiel Sustainable Eco Art, sa page Behance et ses réseaux sociaux consacrés à The Upcycle Store.
Sources pour aller plus loin
• Sustainable Eco Art — site officiel de Vishwanath Mallabadi Davangere, créations, démarche et contacts
• Behance — portfolio de Vishwanath Davangere Mallabadi et projets d’e-waste art
• Indian Express — exposition EcoInnovations et œuvres réalisées à partir de composants électroniques
• The Better India — portrait de Vishwanath Mallabadi Davangere et de son travail d’upcycling
• Global E-waste Monitor 2024 — rapport international sur les volumes de déchets électroniques et leur recyclage
• ITU — chiffres clés du Global E-waste Monitor 2024


















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