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Chocolate Hills, les monts chocolat de Bohol

Sur l’île de Bohol, aux Philippines, des centaines de collines presque parfaitement arrondies se répètent jusqu’à l’horizon. Ce paysage étrange porte le nom de Chocolate Hills, ou monts chocolat, et rassemble environ 1 776 reliefs coniques répartis sur une vaste partie du centre de l’île.

Leur nom ne vient évidemment pas d’un sol riche en cacao. Pendant la saison humide, les collines sont vertes ; lorsque les pluies diminuent, leur couverture herbeuse brunit progressivement et transforme le paysage en une succession de bosses couleur chocolat. Vu de loin, le résultat donne presque l’impression qu’un pâtissier particulièrement ambitieux a disposé des milliers de truffes géantes dans la campagne de Bohol.

Vue aérienne des Chocolate Hills à Bohol aux Philippines
Vue aérienne des Chocolate Hills sur l’île de Bohol, aux Philippines. Crédit photo rogel tura (CC0 1.0).

À retenir

  • Les Chocolate Hills se trouvent au centre de l’île de Bohol, aux Philippines.
  • Le site compte environ 1 776 collines de forme globalement conique.
  • Ces reliefs sont constitués de calcaire marin ancien façonné par le soulèvement tectonique, la dissolution et l’érosion.
  • Les collines deviennent brunes pendant la saison sèche, ce qui explique leur nom.
  • Le site est classé National Geological Monument depuis 1988 et figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006.

Pourquoi les Chocolate Hills deviennent-elles marron ?

Le surnom de « monts chocolat » vient directement de leur changement de couleur saisonnier.

Pendant les périodes humides, les collines sont couvertes d’une végétation verte. Quand les précipitations diminuent pendant la saison sèche, l’herbe jaunit puis brunit progressivement. La forme régulière des reliefs accentue alors l’impression d’une succession de dômes en chocolat.

L’UNESCO décrit précisément ce phénomène : les collines sont recouvertes d’herbe et deviennent brun chocolat lorsque les pluies deviennent insuffisantes pendant la saison sèche.

Chocolate Hills brunies pendant la saison sèche à Bohol


Les Chocolate Hills de Bohol pendant la saison sèche, lorsque l’herbe des collines brunit et leur donne leur célèbre couleur chocolat. Crédit photo shankar s. (CC BY 2.0).

Comment se sont formées les Chocolate Hills ?

Sous leur apparence très régulière, les Chocolate Hills sont avant tout un immense paysage karstique.

La région était autrefois occupée par une mer peu profonde où se sont accumulés des dépôts calcaires issus notamment de récifs coralliens et d’autres organismes marins. Le site touristique officiel de Bohol situe cette formation principalement au Pliocène, il y a environ 2 à 5 millions d’années.

Ces couches calcaires ont ensuite été soulevées au-dessus du niveau de la mer puis fracturées. L’eau de pluie, les ruisseaux et les circulations souterraines ont progressivement dissous la roche calcaire et sculpté le relief.

Le résultat est ce paysage de collines isolées, aux formes arrondies et coniques particulièrement régulières.

On peut rapprocher ce travail de l’érosion de celui des dômes de Fabédougou au Burkina Faso, même si la géologie est différente : à Fabédougou, ce sont surtout des grès anciens qui ont été découpés et sculptés par le temps. Ici, le décor est construit dans du calcaire marin.

Vue aérienne des Chocolate Hills avec le Chocolate Hills Complex de Carmen
Vue aérienne des Chocolate Hills à Bohol. Au centre, le Chocolate Hills Complex de Carmen est aménagé sur l’une des collines avec son belvédère et ses installations touristiques. Crédit photo Rene Padillo (Unsplash).

Environ 1 776 collines réparties dans le centre de Bohol

Le chiffre de référence est aujourd’hui d’environ 1 776 collines. Il apparaît à la fois dans les documents philippins de protection du site et dans la fiche de l’UNESCO.

Ces reliefs sont principalement répartis dans les secteurs de Carmen, Batuan et Sagbayan, même si la zone protégée s’étend également vers d’autres municipalités du centre de Bohol.

Le décret présidentiel de 1997 établissant le Chocolate Hills Natural Monument mentionne explicitement les quelque 1 776 collines et met en place des protections destinées à empêcher leur exploitation inappropriée.

Leur répétition est probablement ce qui rend le paysage aussi étrange. Une seule colline n’aurait rien d’extraordinaire ; des centaines de cônes similaires occupant tout l’horizon deviennent beaucoup plus difficiles à ignorer.

Chocolate Hills près de Carmen sur l’île de Bohol


Les Chocolate Hills près de Carmen, sur l’île de Bohol, avec leur végétation brunie par la saison sèche. Crédit photo Hannah Tessa Obedencio (CC BY-SA 4.0).

Les légendes des Chocolate Hills

Un paysage aussi étrange ne pouvait évidemment pas rester sans explication mythologique.

L’une des légendes raconte qu’un combat opposa deux géants. Ils se lancèrent d’énormes pierres pendant plusieurs jours avant de s’épuiser et de finalement abandonner leur querelle. Les projectiles laissés sur place seraient devenus les Chocolate Hills.

L’histoire rappelle celle de la Chaussée des Géants en Irlande du Nord, où la légende attribue également un paysage géologique spectaculaire à l’intervention de personnages de taille franchement peu réglementaire.

Une autre tradition raconte l’histoire plus mélancolique du géant Arogo, amoureux d’une jeune femme mortelle appelée Aloya. Lorsque celle-ci mourut, le géant aurait pleuré pendant des jours. Ses immenses larmes, tombées au sol puis séchées, seraient devenues les collines.

Comme souvent avec les légendes, la géologie propose une version moins romantique mais nettement plus réaliste.

Chocolate Hills sur l’île de Bohol aux Philippines
Les Chocolate Hills sur l’île de Bohol, aux Philippines. Crédit photo Burgermac (CC BY 2.0).

Un paysage naturel protégé

Les Chocolate Hills ont été déclarées troisième National Geological Monument des Philippines le 18 juin 1988, en reconnaissance de leur intérêt scientifique et géomorphologique.

En 1997, une proclamation présidentielle a ensuite créé le Chocolate Hills Natural Monument afin de protéger environ 1 776 collines et leur environnement contre les aménagements incompatibles avec la conservation du paysage.

Depuis 2006, le site figure également sur la liste indicative des Philippines pour le patrimoine mondial de l’UNESCO. Il ne faut donc pas le présenter comme déjà inscrit au patrimoine mondial : il s’agit d’une candidature potentielle, pas d’un classement définitif.

Cette protection est d’autant plus importante que le paysage paraît uniforme mais reste géologiquement et écologiquement fragile. Une colline détruite ou profondément remodelée ne se reconstruit pas exactement comme un château de sable après le goûter.

Chocolate Hills verdoyantes pendant la saison humide à Bohol
Les Chocolate Hills couvertes d’une végétation bien verte pendant la saison humide à Bohol. Crédit photo Parizfranz (CC BY-SA 4.0).

Vidéo des Chocolate Hills

Une vue aérienne permet de mieux comprendre l’échelle du site et surtout la répétition presque hypnotique des collines.

Où voir les Chocolate Hills à Bohol ?

Le point de vue le plus classique se trouve dans la municipalité de Carmen, au cœur de Bohol. Le site touristique officiel de l’île présente Carmen comme l’un des principaux accès pour découvrir les Chocolate Hills et leur paysage karstique.

Les coordonnées générales du secteur sont approximativement : 9°55′N, 124°10′E.

Voici cette position sur Google Maps:

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Le choix de la saison change complètement le décor. Pour voir les collines véritablement « chocolat », il faut privilégier la saison sèche. Pendant la saison humide, elles sont beaucoup plus vertes, mais le contraste avec la végétation environnante reste spectaculaire.

Bohol possède d’ailleurs d’autres paysages calcaires remarquables et s’inscrit dans un contexte géologique plus vaste. Pour prolonger le voyage aux Philippines, l’île de Coron et ses falaises karstiques plongeant dans des lagons turquoise offre une tout autre variation sur le calcaire tropical.

Sources pour aller plus loin

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