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Le jaguarondi ou chat à tête de puma

Le jaguarondi est un petit félin américain qui semble avoir emprunté des morceaux à plusieurs animaux : une petite tête rappelant le puma, un corps long et bas, des pattes courtes et une queue démesurée qui lui ont valu le surnom de « chat-loutre ». Aujourd’hui nommé Herpailurus yagouaroundi, il appartient effectivement à la même lignée évolutive que le puma.

Mais ce drôle de chat sauvage accumule d’autres particularités. Il chasse surtout en plein jour, sait très bien grimper et nager, possède plusieurs couleurs de pelage allant du roux au presque noir et dispose d’un répertoire d’au moins treize vocalisations. Longtemps considéré comme peu préoccupant, le jaguarondi a en outre été reclassé « quasi menacé » par l’UICN en 2026.

Jaguarondi roux, le chat-loutre à tête de puma
Un jaguarondi au pelage roux, l’une des différentes couleurs que peut prendre l’espèce. Crédit photo Cédric Gravelle (CC BY-SA 3.0).

À retenir

  • Le jaguarondi porte aujourd’hui le nom scientifique Herpailurus yagouaroundi, mais l’ancien nom Puma yagouaroundi reste très répandu.
  • Il appartient à la lignée du puma et est plus proche du puma et du guépard que des autres petits félins néotropicaux.
  • Son corps mesure environ 49 à 78 cm, auxquels peuvent s’ajouter jusqu’à 59 cm de queue, pour un poids de 2,5 à 7,6 kg.
  • Son pelage peut être roux, gris ou brun très sombre, presque noir.
  • Contrairement à beaucoup de félins, il est principalement actif pendant la journée.
  • Il peut utiliser au moins treize vocalisations différentes.
  • Il n’a jamais été domestiqué, même si certains individus auraient été apprivoisés par des peuples précolombiens.
  • Depuis juillet 2026, le jaguarondi est classé quasi menacé sur la Liste rouge de l’UICN.

Le jaguarondi, un petit félin américain vraiment atypique

À première vue, le jaguarondi ne correspond pas vraiment au modèle classique du petit félin.

Sa tête est petite et allongée, ses oreilles sont courtes et arrondies, son corps est très bas sur pattes et sa queue paraît presque disproportionnée. Cette silhouette explique les comparaisons aussi bien avec le puma qu’avec la loutre.

Il ne s’agit pourtant évidemment ni d’un hybride ni d’un animal intermédiaire entre différentes espèces.

Le jaguarondi est un véritable félin. Les analyses phylogénétiques le placent dans la lignée du puma, aux côtés du puma (Puma concolor) et, plus étonnamment, du guépard (Acinonyx jubatus).

Sa ressemblance avec un petit puma n’est donc pas uniquement une impression visuelle.

Face du Jaguarondi en portrait


Face du Jaguarondi en portrait. Crédit photo Keven Law (CC BY-SA 2.0).

Jaguarondi, jaguarundi, eyra ou Puma yagouaroundi ?

Le nom de cet animal constitue presque une petite collection à lui seul.

En français, la forme jaguarondi est courante. On rencontre également très souvent jaguarundi, notamment dans les publications anglophones.

L’animal est aussi appelé eyra, un nom ancien encore associé à l’espèce dans de nombreuses sources.

Côté scientifique, une grande partie de la littérature du XXe siècle et du début du XXIe utilise Puma yagouaroundi. Ce nom reste donc très présent dans les recherches, les anciennes fiches zoologiques et les crédits photographiques.

Le Cat Specialist Group de l’UICN utilise désormais : Herpailurus yagouaroundi.

Le jaguarondi est placé dans son propre genre, Herpailurus, tout en restant phylogénétiquement très proche du puma.

Pourquoi appelle-t-on le jaguarondi « chat-loutre » ?

Le surnom anglais otter cat, littéralement « chat-loutre », vient essentiellement de sa morphologie.

Un adulte possède un corps très allongé porté par des pattes relativement courtes. Sa tête est petite et assez aplatie et sa queue peut atteindre presque 60 cm.

Cette longue queue lui donne une silhouette particulièrement fluide lorsqu’il se déplace dans la végétation basse.

Le jaguarondi est également un bon nageur, ce qui n’a probablement pas nui au succès de la comparaison avec la loutre.

Le surnom reste toutefois purement descriptif : contrairement au bassaris rusé, appelé « ring-tailed cat » alors qu’il n’est même pas un félin, le jaguarondi appartient bien à la famille des Felidae.

Jaguarondi ou chat-loutre avec son corps allongé et sa tête de puma
Jaguarondi montrant sa petite tête, son corps allongé et ses pattes relativement courtes. Crédit photo Alena Houšková (CC BY-SA 3.0).

Quelle taille fait un jaguarondi ?

Le jaguarondi reste un petit félin.

Son corps, sans la queue, mesure généralement entre 48,8 et 77,5 cm. La queue ajoute environ 27,5 à 59 cm.

Son poids est compris entre 2,5 et 7,6 kg.

Certains grands individus atteignent donc approximativement le poids d’un gros chat domestique, mais leur silhouette est complètement différente : corps plus long, ventre bas, petite tête et queue particulièrement développée.

Pour le replacer parmi ses cousins, on peut consulter cette comparaison de la taille des félins, du plus petit chat sauvage jusqu’au tigre.

Jaguarondi roux, gris ou presque noir

Tous les jaguarondis n’ont pas la même couleur.

Leur pelage est généralement uniforme et existe sous plusieurs phases allant du jaune roux au gris et au brun très sombre.

Ces différences ont autrefois été suffisamment marquées pour contribuer à la confusion autour de la classification de l’animal.

Aujourd’hui, elles sont considérées comme de simples variations de couleur d’une même espèce.

Les formes rousses semblent apparaître plus fréquemment dans certains environnements ouverts et secs, notamment dans la Caatinga brésilienne. Les individus très sombres sont davantage associés aux milieux forestiers humides.

Ce n’est toutefois pas une règle absolue : les différentes couleurs peuvent apparaître dans tous les types d’habitats.

Un jaguarondi noir n’est donc ni une autre espèce ni une « panthère noire miniature ».

Jaguarondi noir au pelage sombre, Herpailurus yagouaroundi


Jaguarondi au pelage très sombre photographié au zoo de São Paulo au Brésil. Crédit photo Fábio Manfredini (CC BY 2.0).

Un des rares félins surtout actifs pendant la journée

Le rythme de vie du jaguarondi constitue l’une de ses caractéristiques les plus remarquables.

Alors que de nombreux félins sauvages privilégient la nuit ou le crépuscule, le jaguarondi est principalement diurne.

Les données issues de pièges photographiques et de suivis par télémétrie montrent une activité particulièrement importante pendant la matinée et en fin d’après-midi, avec très peu d’activité après le coucher du soleil dans certaines populations étudiées.

Ce décalage horaire présente un avantage.

Le jaguarondi partage une partie de son territoire avec plusieurs félins plus puissants ou plus nocturnes. C’est notamment le cas de l’ocelot, autre félin des Amériques, capable d’exercer une forte pression sur les petits félins vivant dans les mêmes régions.

En chassant davantage pendant la journée, le jaguarondi limite une partie de cette concurrence.

Jaguarondi en chasse
Jaguarondi en chasse. Crédit photo Bird Brian (CC BY 2.0).

Un félin capable d’au moins treize vocalisations

Le jaguarondi ne se contente pas d’avoir une drôle de silhouette : il possède aussi l’un des répertoires vocaux les plus variés observés chez les félins.

Au moins treize types d’appels ont été décrits.

Ils comprennent notamment des ronronnements, des sifflements, des gazouillis, des sons de contact et des cris d’alerte.

Certains peuvent même rappeler les vocalisations d’un oiseau.

Cette diversité sert aux échanges entre individus, aux interactions entre une mère et ses petits ou encore aux avertissements.

Pour un animal souvent décrit comme discret, il dispose donc d’un vocabulaire plutôt fourni.

Que mange le jaguarondi ?

Le jaguarondi est un prédateur généraliste.

Il capture surtout de petites proies pesant moins d’un kilogramme :

  • rongeurs et autres petits mammifères ;
  • oiseaux ;
  • lézards et serpents ;
  • amphibiens ;
  • arthropodes ;
  • et occasionnellement des poissons.

Des proies plus importantes comme des lapins, des opossums ou de petits tatous peuvent également figurer au menu.

Les oiseaux constituent une ressource importante dans plusieurs régions. Le jaguarondi est même capable de bondir jusqu’à environ deux mètres pour tenter d’en capturer.

Il chasse principalement au sol, en utilisant la végétation basse comme couverture.

Puma yagouaroundi en plein repas au zoo de Prague
Puma yagouaroundi en plein repas au zoo de Prague. Crédit photo Matěj Baťha (CC BY-SA 3.0).

Un chasseur terrestre qui sait aussi grimper et nager

L’ancienne idée selon laquelle le jaguarondi serait un félin pratiquement incapable de grimper est incorrecte.

Il passe effectivement une grande partie de son temps au sol et y effectue l’essentiel de sa chasse.

Mais lorsqu’il en a besoin, il se révèle aussi très agile dans les arbres.

Des jaguarondis ont notamment été observés poursuivant des ouistitis dans la végétation arborée. Leur longue queue constitue alors un excellent balancier.

Ils nagent également très bien et fréquentent volontiers certains habitats proches de l’eau.

Terrestre ne signifie donc pas maladroit dès qu’une branche ou une rivière se présente.

Jaguarondi de profil avec son long corps et sa grande queue
Vue de profil d’un jaguarondi, montrant notamment son corps allongé et sa longue queue. Crédit photo JaKoMo (CC BY-SA 3.0).

Où vit le jaguarondi ?

L’aire de répartition du jaguarondi couvre une grande partie de l’Amérique tropicale et subtropicale.

Les populations confirmées s’étendent principalement du Mexique jusqu’au centre de l’Argentine, en passant par l’Amérique centrale, la Colombie, le Pérou, le Paraguay, le Brésil et l’Uruguay.

Sa présence actuelle dans le sud des États-Unis est beaucoup plus incertaine. Quelques individus pourraient subsister, mais les données récentes manquent.

Le jaguarondi occupe une étonnante diversité de milieux :

  • broussailles sèches ;
  • savanes ;
  • prairies humides ;
  • forêts secondaires ;
  • zones riveraines ;
  • forêts tropicales et subtropicales ;
  • milieux marécageux.

Il semble apprécier les paysages comportant une végétation basse et dense lui permettant de se dissimuler.

Même s’il est surtout considéré comme une espèce de basse altitude, il a été observé jusqu’à environ 3 200 mètres en Colombie.

Jaguarondi sauvage Herpailurus yagouaroundi en Argentine


Jaguarondi photographié à l’état sauvage dans la province de Misiones en Argentine. Crédit photo Hugo Hulsberg (CC0).

Le jaguarondi peut-il être domestiqué ?

Non, le jaguarondi n’est pas un chat domestique.

L’ancienne affirmation selon laquelle il aurait été utilisé comme un véritable chat domestique pour chasser les rongeurs est trop catégorique.

Des jaguarondis auraient été apprivoisés par certains peuples précolombiens, mais apprivoiser quelques individus ne signifie pas domestiquer une espèce.

La domestication résulte d’un processus sur plusieurs générations impliquant notamment le contrôle de la reproduction et la sélection des animaux. Rien de comparable n’a eu lieu avec le jaguarondi.

Un individu élevé en captivité peut éventuellement tolérer la présence humaine, mais il reste biologiquement et comportementalement un animal sauvage.

C’est aussi pour cette raison que les recherches du type « jaguarondi domestique » ou « chat puma domestique » peuvent prêter à confusion : son apparence de gros chat étrange ne le transforme pas en animal de compagnie.

Combien coûte un jaguarondi ?

Il n’existe pas de prix de référence comparable à celui d’une race de chat domestique.

Le jaguarondi est une espèce sauvage dont le commerce international est encadré par la CITES. Les populations d’Amérique du Nord et d’Amérique centrale figurent notamment à l’Annexe I, tandis que les autres populations sont inscrites à l’Annexe II.

La détention d’animaux sauvages dépend par ailleurs des réglementations nationales.

Chercher un « prix du jaguarondi » comme pour un Maine Coon ou un Bengal revient donc à partir d’une mauvaise comparaison : il ne s’agit pas d’une race de chat destinée au marché des animaux de compagnie.

Reproduction et jeunes jaguarondis

La femelle peut entrer en chaleur plusieurs fois dans l’année.

Après une gestation d’environ 72 à 75 jours, elle met généralement au monde entre un et quatre petits.

Les jeunes ouvrent les yeux après environ six à huit jours. Ils commencent à quitter leur abri vers quatre semaines et découvrent progressivement la nourriture solide.

Ils restent toutefois dépendants de leur mère pendant plusieurs semaines.

Bébé jaguarondi, jeune Puma yagouaroundi au Panama
Un jeune jaguarondi photographié au Panama. Crédit photo Ken Mayer (CC BY 2.0).

Le jaguarondi est désormais quasi menacé

La situation de l’espèce a récemment été réévaluée.

Pendant longtemps, le jaguarondi a été classé en catégorie « préoccupation mineure » sur la Liste rouge de l’UICN.

Lors de la mise à jour publiée en juillet 2026, l’espèce a été reclassée Near Threatened, ou quasi menacée.

Cette évolution correspond mieux aux inquiétudes apparues au fil des études.

Le jaguarondi semble notamment beaucoup moins abondant qu’on ne l’a longtemps supposé. Dans plusieurs régions étudiées, sa densité n’est que de quelques individus pour 100 km².

Sa visibilité pendant la journée a probablement contribué à donner autrefois l’impression d’une espèce relativement commune.

Parmi les principales pressions figurent :

  • la destruction et la fragmentation des habitats ;
  • la diminution de certaines populations de proies ;
  • les collisions routières ;
  • les représailles après des attaques sur des volailles ;
  • les captures pour différents usages, dont la détention comme animal sauvage ;
  • et surtout le manque encore important de données sur l’espèce.

La fragmentation est particulièrement problématique car le jaguarondi utilise parfois de vastes territoires et a besoin de pouvoir circuler entre les différents fragments de végétation.

Le jaguarondi ou chat a tete de puma 10
Jaguarundi noir. Crédit photo Thibaud Aronson (CC BY-SA 4.0).

Un petit félin encore étonnamment mal connu

Malgré une aire de répartition immense, le jaguarondi reste l’un des félins américains les moins bien documentés.

Sa robe uniforme complique notamment les études par pièges photographiques : contrairement aux félins tachetés, les individus possèdent peu de marques permettant de les distinguer facilement les uns des autres.

Un ocelot peut être reconnu grâce au dessin particulier de son pelage. Plusieurs jaguarondis gris filmés par une caméra automatique peuvent, eux, se ressembler désespérément.

Cette difficulté participe à l’incertitude sur les effectifs réels.

Morphologiquement, il constitue également presque l’opposé du manul ou chat de Pallas : l’un est long, bas sur pattes et doté d’un poil court, tandis que l’autre ressemble à une boule de fourrure montée sur quatre petites jambes. La famille des félins sait manifestement varier les carrosseries.

Vidéo du jaguarondi

Le jaguarondi restant particulièrement discret, les observations d’animaux sauvages sont intéressantes. Voici une famille de jaguarondis filmée au Costa Rica :

FAQ sur le jaguarondi

Le jaguarondi est-il un puma ?

Non. Le jaguarondi est une espèce distincte, Herpailurus yagouaroundi. Il appartient toutefois à la même lignée évolutive que le puma et en est un proche parent.

Pourquoi appelle-t-on le jaguarondi chat-loutre ?

Son corps très allongé, ses pattes courtes, sa petite tête et sa longue queue rappellent vaguement la silhouette d’une loutre. Il est également un bon nageur.

Le jaguarondi peut-il être domestiqué ?

Non. Quelques jaguarondis auraient été apprivoisés dans le passé, mais l’espèce n’a jamais fait l’objet d’un processus de domestication comparable à celui du chat domestique.

Le jaguarondi est-il dangereux ?

Le jaguarondi est un petit félin sauvage pesant généralement quelques kilos. Il n’est pas un animal domestique et ne doit pas être manipulé ou approché comme un chat familier.

Existe-t-il des jaguarondis noirs ?

Oui. Le pelage peut varier du jaune-roux au gris et au brun très sombre, donnant à certains individus une apparence presque noire. Il s’agit de variations de couleur au sein de la même espèce.

Quelle taille fait un jaguarondi ?

Son corps mesure environ 49 à 78 cm sans la queue. Celle-ci peut atteindre 59 cm supplémentaires. Un adulte pèse généralement entre 2,5 et 7,6 kg.

Où vit le jaguarondi ?

Il est principalement présent du Mexique jusqu’au centre de l’Argentine, à travers l’Amérique centrale et une grande partie de l’Amérique du Sud.

Jaguarondi et jaguarundi désignent-ils le même animal ?

Oui. Les deux orthographes désignent Herpailurus yagouaroundi. On rencontre également les noms eyra et, dans de nombreuses anciennes sources scientifiques, Puma yagouaroundi.

Le jaguarondi est-il menacé ?

Depuis la mise à jour de juillet 2026 de la Liste rouge de l’UICN, le jaguarondi est classé « quasi menacé » ou Near Threatened.

Face à face entre un Jaguarundi et un iguane
Face à face entre un Jaguarundi et un iguane. Crédit photo Warren Garst/DPLA (CC BY-SA 4.0).

Sources pour aller plus loin

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4 commentaires sur “Le jaguarondi ou chat à tête de puma”

  1. Retour de ping : Le manul ou chat de Pallas - 2Tout2Rien

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