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Le poisson dragon, le poisson d’aquarium le plus cher du monde

Le scléropage d’Asie, ou arowana asiatique (Scleropages formosus), est plus connu sous le surnom de poisson dragon. Avec ses grandes écailles métalliques, ses deux barbillons et sa nage ondulante, il est devenu l’un des poissons d’ornement les plus prestigieux au monde.

Originaire des eaux douces d’Asie du Sud-Est, ce grand prédateur peut atteindre environ 90 cm. Rare dans la nature, protégé par la CITES et entouré d’une forte symbolique de prospérité en Asie, il peut atteindre des prix vertigineux chez les collectionneurs.

Arowana asiatique Scleropages formosus surnommé poisson dragon
Arowana asiatique, ou poisson dragon, un grand poisson d’eau douce d’Asie du Sud-Est devenu particulièrement recherché en aquariophilie. Crédit photo Will Fisher (CC BY-SA 2.0).

À retenir

  • Le poisson dragon est l’arowana asiatique, Scleropages formosus, un poisson tropical d’eau douce d’Asie du Sud-Est.
  • Il peut mesurer environ 90 cm à l’âge adulte.
  • Il est classé En danger et inscrit à l’Annexe I de la CITES.
  • Des élevages enregistrés auprès de la CITES peuvent néanmoins commercialiser légalement des individus nés en captivité, généralement identifiés par micropuce.
  • Le prix dépend énormément de la couleur, de l’origine, de la morphologie et du pedigree : il n’existe pas de « prix moyen » universel fiable.
  • Des poissons exceptionnels peuvent atteindre des sommes très élevées ; un prix de 300 000 dollars a été rapporté pour un spécimen, sans preuve publique de la transaction.

Le poisson dragon, ou arowana asiatique

Scleropages formosus appartient à la famille des Osteoglossidae, les poissons à langue osseuse. Son aire naturelle s’étend du sud du Myanmar à la péninsule Malaise et à l’Indonésie, ainsi que dans certaines régions de Thaïlande.

Il fréquente notamment des rivières et ruisseaux forestiers aux eaux sombres chargées en tanins, ainsi que des zones marécageuses associées aux forêts tropicales.

Son corps est long et comprimé latéralement. Sa bouche orientée vers le haut convient particulièrement à une alimentation proche de la surface. Les jeunes consomment beaucoup d’insectes tandis que les adultes capturent notamment des poissons et d’autres petits vertébrés.

Arowana doré ou poisson dragon dans un aquarium


Gros plan sur un arowana doré nageant dans un aquarium. Crédit photo chaiyanunn / Depositphotos.

Pourquoi l’appelle-t-on poisson dragon ?

Le surnom vient en grande partie de son apparence. Ses grandes écailles métalliques peuvent rappeler des pièces de monnaie, tandis que les deux barbillons situés à l’extrémité de la mâchoire évoquent les moustaches d’un dragon asiatique.

Sa nage lente et ondulante participe encore à cette ressemblance. Dans la culture chinoise, le dragon est associé à la puissance, à la chance et à la prospérité. L’arowana a donc progressivement acquis une forte valeur symbolique, particulièrement lorsqu’il présente des couleurs rouges ou dorées.

Cette réputation de porte-bonheur explique une partie de son succès auprès des collectionneurs. Elle alimente aussi différentes croyances selon lesquelles le poisson protégerait son propriétaire ou absorberait la malchance. Ces récits relèvent toutefois de la tradition et non de la biologie.

Arowana rouge poisson dragon asiatique aux grandes écailles
Arowana rouge, une forme particulièrement recherchée dans le commerce des poissons d’ornement. Crédit photo Ginkgo100 (CC BY-SA 3.0).

Combien coûte un poisson dragon ?

C’est l’une des questions les plus recherchées autour de l’arowana, mais il n’existe pas de prix unique.

La valeur d’un poisson dragon dépend notamment de sa variété, de sa couleur, de sa taille, de sa morphologie, de son origine, de son pedigree et de la réputation de l’élevage. Les formes rouges ou dorées de haut niveau sont généralement beaucoup plus recherchées que les spécimens plus communs.

Les prix peuvent ainsi aller de sommes relativement accessibles pour certains individus issus d’élevage à plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de dollars pour des poissons très sélectionnés.

Le chiffre le plus spectaculaire souvent cité est celui de 300 000 dollars. La journaliste et autrice Emily Voigt a expliqué à National Geographic avoir entendu parler d’un arowana supposément vendu à ce prix à un haut responsable du Parti communiste chinois. Il faut toutefois rester précis : il s’agit d’une transaction rapportée, pas d’une vente publiquement documentée.

Un ancien président indonésien aurait par ailleurs payé environ 200 millions de roupies, soit environ 20 000 dollars à l’époque, pour un arowana présenté lors d’une exposition.

Ce marché place l’arowana loin devant la plupart des autres poissons d’ornement, comme les poissons combattants aux nageoires spectaculaires, dont le prix reste généralement beaucoup plus modeste.

Arowana rouge poisson dragon asiatique recherché en aquariophilie


Arowana rouge, une couleur particulièrement recherchée parmi les poissons dragons d’ornement. Crédit photo plepraisaeng / Depositphotos.

Pourquoi l’arowana est-il considéré comme le poisson d’aquarium le plus cher du monde ?

Le prix exceptionnel de certains individus repose sur plusieurs phénomènes qui se renforcent mutuellement.

D’abord, l’espèce est naturellement rare et protégée. Ensuite, sa symbolique de richesse a créé une clientèle prête à dépenser des sommes considérables pour les plus beaux spécimens. Enfin, les concours, les lignées sélectionnées et les élevages spécialisés ont transformé certains arowanas en véritables objets de prestige.

National Geographic qualifie ainsi l’arowana asiatique de poisson d’aquarium le plus cher du monde.

Cette réputation a aussi eu des effets moins reluisants : vols, contrebande et commerce illégal ont accompagné la hausse de sa valeur. Dans certains élevages haut de gamme, les poissons peuvent être protégés par des dispositifs de sécurité dignes d’objets de luxe.

Poisson dragon arowana asiatique nageant dans un aquarium
Arowana asiatique nageant dans un aquarium. Crédit photo Riza Gabriela / Unsplash.

Une espèce protégée par la CITES

L’arowana asiatique est inscrit à l’Annexe I de la CITES, le niveau de protection international réservé aux espèces particulièrement menacées par le commerce.

Cette inscription ne signifie toutefois pas que tous les arowanas présents dans les aquariums sont illégaux.

La CITES autorise le commerce de certains poissons issus d’opérations d’élevage enregistrées pour les espèces de l’Annexe I. Les spécimens destinés à l’exportation sont notamment identifiés à l’aide de micropuces PIT codées, ce qui permet d’en contrôler l’origine.

Le développement de ces fermes d’élevage crée une situation étonnante : une espèce menacée dans son milieu naturel peut parallèlement être produite en grand nombre pour le marché aquariophile.

Nouvelle image à importer : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Red_Asian_Arowana_(3371113925).jpg

Arowana asiatique rouge brun Scleropages formosus en aquarium
Arowana asiatique rouge brun élevé en aquarium. Crédit photo Elma (CC BY 2.0).

Quelle taille peut atteindre un arowana asiatique ?

Avec une longueur maximale documentée d’environ 90 cm, le poisson dragon est tout sauf un petit pensionnaire d’aquarium.

Sa morphologie très allongée exige beaucoup d’espace pour nager. Les adultes sont également de puissants prédateurs qui évoluent volontiers près de la surface.

Leur grande taille suffit à expliquer pourquoi ce poisson n’est pas adapté à un aquarium domestique classique. Il faut prévoir une installation de très grande capacité, une excellente filtration et surtout un couvercle particulièrement solide : les arowanas sont capables de bondir hors de l’eau.

À titre de comparaison, le poisson-chat à l’envers atteint à peine une dizaine de centimètres. On ne joue clairement pas dans la même catégorie d’aquarium.

Scleropages formosus arowana asiatique dans un grand aquarium
Arowana asiatique (Scleropages formosus) dans un aquarium à Prague. Crédit photo Karelj (CC BY-SA 3.0).

Un père qui garde ses petits dans sa bouche

La reproduction de l’arowana asiatique réserve elle aussi une particularité remarquable.

Après la ponte, le mâle féconde les œufs puis les recueille dans sa bouche. Les œufs y éclosent après environ une semaine, mais les jeunes restent encore protégés dans la cavité buccale pendant plusieurs semaines.

FishBase indique que les larves peuvent continuer à séjourner dans la bouche du mâle durant environ sept à huit semaines, jusqu’à résorption complète de leur sac vitellin.

Cette incubation buccale demande un investissement parental considérable : pendant cette période, le mâle protège littéralement sa descendance entre ses mâchoires.

Peut-on garder un poisson dragon en aquarium ?

Biologiquement, oui : l’arowana asiatique est depuis longtemps élevé en captivité. Mais entre sa taille adulte, ses besoins en espace, son comportement prédateur, son prix et sa réglementation, il s’adresse clairement à des aquariophiles très expérimentés.

Il faut surtout vérifier la législation du pays avant toute acquisition. Aux États-Unis, Scleropages formosus est inscrit comme espèce Endangered au titre de l’Endangered Species Act depuis 1976, ce qui rend son importation et son commerce extrêmement restrictifs pour l’aquariophilie privée.

Tous les arowanas ne sont pas concernés de la même manière : il ne faut pas confondre l’arowana asiatique avec les différentes espèces sud-américaines ou australiennes portant également le nom d’arowana.

Pour un autre record bien différent en aquariophilie, Methuselah, le plus vieux poisson d’aquarium du monde, montre qu’un aquarium peut aussi devenir une affaire de très longue durée.

Sources pour aller plus loin

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