Le plus gros flocon de neige jamais rapporté aurait mesuré environ 38 cm de large et 20 cm d’épaisseur. Cet incroyable record remonte à janvier 1887, dans le Montana aux États-Unis. Il figure toujours dans le Guinness World Records, mais il faut immédiatement préciser ce que l’on appelle ici un « flocon » : il s’agissait très probablement d’un énorme amas de nombreux cristaux de neige agglomérés.
Le record est beaucoup plus modeste si l’on parle d’un seul cristal de neige. Le plus grand spécimen naturel correctement documenté mesure 10 millimètres d’une pointe à l’autre. Il a été photographié par le physicien Kenneth Libbrecht au Canada en 2003. Entre le flocon de 38 cm et le cristal de 10 mm, la différence paraît énorme, mais les deux records ne mesurent tout simplement pas la même chose.
Cristal de neige en gros plan. Crédit photo Zdeněk Macháček (Licence Unsplash).
À retenir
- Le plus gros flocon de neige jamais rapporté aurait atteint 38 cm de large et 20 cm d’épaisseur dans le Montana en 1887.
- Ce record historique correspond presque certainement à un agrégat de nombreux cristaux collés les uns aux autres, et non à un cristal unique de 38 cm.
- Le témoignage de 1887 n’est accompagné d’aucune photographie ni d’une mesure scientifique moderne.
- Le plus grand cristal de neige individuel documenté mesure 10 mm.
- Il a été photographié par Kenneth Libbrecht le 30 décembre 2003 à Cochrane, en Ontario.
- De très gros flocons peuvent apparaître lorsque les cristaux entrent en collision et s’agglutinent dans un air humide et relativement peu turbulent.
- Les « flocons jumeaux » créés en laboratoire par Libbrecht sont extrêmement semblables, mais pas parfaitement identiques.
Quel est le record du plus gros flocon de neige ?
Le Guinness World Records attribue le record du plus gros flocon de neige à une chute de neige exceptionnelle survenue dans le Montana à la fin du mois de janvier 1887.
Les flocons observés auraient atteint jusqu’à 38 cm de large et 20 cm d’épaisseur. Pour donner une idée de l’échelle, 38 cm correspondent à peu près au diamètre d’une grande assiette ou d’un petit plateau.
Le récit n’est pas une invention récente d’Internet. Dès mars 1887, la revue scientifique Nature a relayé une lettre envoyée depuis le Montana décrivant des flocons énormes près du ranch de Matt Coleman. Certains auraient été plus grands que les récipients utilisés pour le lait et l’un d’eux aurait atteint environ 15 pouces, soit 38 cm.
Un transporteur de courrier présent pendant la tempête aurait également confirmé le caractère exceptionnel des précipitations.
Il reste toutefois un sérieux problème : personne n’a photographié ces flocons et aucune méthode de mesure comparable aux standards scientifiques actuels n’a été utilisée.
Un flocon de neige de 38 cm a-t-il vraiment existé ?
C’est possible, mais probablement pas sous la forme que l’on imagine en entendant « flocon de neige ».
Le magnifique cristal hexagonal à six branches que l’on dessine sur les cartes de Noël est un cristal de neige individuel. Pendant sa chute, ce cristal peut entrer en collision avec beaucoup d’autres cristaux.
Lorsque les conditions s’y prêtent, ils se collent les uns aux autres et forment un agrégat de plus en plus volumineux. Dans le langage courant, c’est également cet ensemble que nous appelons un flocon de neige.
Kenneth Libbrecht, professeur de physique au California Institute of Technology et spécialiste des cristaux de glace, explique que les flocons géants rapportés historiquement sont vraisemblablement des sortes de boules ou galettes constituées d’un très grand nombre de cristaux agglomérés.
Dans un air particulièrement calme, ces ensembles peuvent atteindre des dimensions étonnantes. Ils sont toutefois extrêmement fragiles et se désagrègent facilement lorsqu’ils touchent le sol.
Le record de 1887 est donc plausible en tant que gigantesque agrégat de neige. En revanche, imaginer un unique cristal hexagonal de 38 cm serait une tout autre affaire.
Fort Keogh ou Missoula : où est tombé le plus gros flocon ?
Les sources historiques ne s’accordent d’ailleurs pas parfaitement sur la localisation.
Le récit publié dans Nature en mars 1887 reprend une lettre datée de Fort Keogh, dans le Montana, et évoque le ranch de Matt Coleman lors d’une chute de neige le 28 janvier.
La fiche actuelle du Guinness World Records situe pour sa part le record dans la vallée de la Clark Fork, près de Missoula, et retient la date du 27 janvier 1887.
Ces divergences géographiques et chronologiques rappellent qu’il s’agit avant tout d’un record fondé sur des témoignages du XIXe siècle, et non d’une mesure effectuée sous le contrôle d’une équipe scientifique moderne.
Le chiffre de 38 cm reste néanmoins celui retenu par le Guinness pour le plus gros flocon de neige jamais rapporté.
Un flocon de neige n’est pas forcément un seul cristal
La distinction entre flocon et cristal permet de résoudre l’apparente contradiction entre un record de 38 cm et un autre de seulement 10 mm.
Un cristal de neige commence à se développer dans un nuage lorsque de la vapeur d’eau se dépose directement sous forme de glace. Ce processus est appelé déposition : l’eau passe de l’état gazeux à l’état solide sans devenir préalablement une goutte d’eau liquide.
Le cristal grossit ensuite en fonction notamment de la température et de l’humidité qu’il rencontre. La croissance de la glace peut produire des formes remarquablement complexes, comme le montrent aussi certaines formations de cristaux de glace observées en accéléré, même si le procédé présenté dans cette expérience est différent de celui d’un flocon naturel.
Lorsque plusieurs cristaux de neige se rencontrent pendant leur chute et restent attachés, on parle d’agrégation. Un gros flocon visible à l’œil nu peut ainsi contenir de très nombreux cristaux individuels.
Cristal de neige photographié en macrophotographie. Crédit photo Aaron Burden (Licence Unsplash).
Le plus grand cristal de neige documenté mesure 10 mm
Pour un cristal individuel, le record réellement documenté est beaucoup plus petit et beaucoup mieux établi.
Le 30 décembre 2003, Kenneth Libbrecht photographiait des cristaux de neige lors d’une légère chute de neige à Cochrane, en Ontario au Canada.
Il a alors observé pendant une dizaine de minutes des cristaux exceptionnellement grands. L’un d’eux mesurait 10,0 millimètres d’une pointe à l’autre.
Un centimètre ne semble évidemment pas gigantesque lorsque l’on vient de parler d’un flocon de 38 cm. Pour un unique cristal de neige naturel, c’est pourtant énorme.
Le Guinness World Records reconnaît séparément ce spécimen comme le plus grand cristal de neige documenté. Kenneth Libbrecht indiquait encore en 2025 qu’aucun cristal naturel mieux documenté n’avait battu son record.
Les conditions observées à Cochrane étaient particulièrement favorables : une température proche de −15 °C, un air très calme et une humidité permettant aux cristaux dendritiques de se développer fortement.
Comment se forment des flocons de neige aussi gros ?
Les plus gros flocons ne sont donc pas nécessairement ceux dont les cristaux individuels sont les plus grands.
L’agrégation devient particulièrement efficace lorsque des cristaux présentant des formes et des vitesses de chute différentes se rencontrent dans le nuage.
Le National Weather Service indique que les cristaux deviennent aussi plus susceptibles de se coller lorsque la température augmente. Dans une couche d’air humide située relativement près de 0 °C, de nombreux cristaux peuvent ainsi s’agglutiner et créer de très gros flocons.
Voilà pourquoi certaines chutes de neige produisent de minuscules grains tandis que d’autres font descendre de grandes masses floconneuses qui semblent flotter lentement avant de s’écraser au sol.
Pour atteindre les proportions rapportées en 1887, il aurait fallu des conditions remarquablement calmes permettant à de vastes agrégats de survivre suffisamment longtemps. Même dans ce cas, mieux valait probablement ne pas essayer de les mesurer avec une règle en appuyant dessus.
Pourquoi les cristaux de neige ont-ils six branches ?
Les cristaux de neige doivent leur symétrie à six branches à la structure moléculaire de la glace.
Lorsque l’eau gèle dans les conditions atmosphériques habituelles, ses molécules s’organisent selon une structure cristalline à symétrie hexagonale. La croissance du cristal reflète cette organisation microscopique.
La température et l’humidité déterminent ensuite la forme précise du cristal : plaques, aiguilles, colonnes, étoiles ou dendrites très ramifiées peuvent apparaître.
Tous ne ressemblent donc pas au flocon parfaitement étoilé des décorations hivernales, mais la structure hexagonale reste fondamentale.
Ces cristaux de glace présents dans l’atmosphère peuvent également produire des phénomènes optiques étonnants. Lorsqu’ils sont correctement orientés dans certains cirrus, ils peuvent par exemple contribuer à la formation d’un arc circumhorizontal, parfois surnommé arc-en-ciel de feu.
Cristaux de neige photographiés par Wilson Bentley dans le Vermont en 1902. Crédit photo Wilson Bentley (domaine public).
Deux flocons de neige peuvent-ils vraiment être identiques ?
Une autre affirmation souvent répétée veut qu’il soit absolument impossible de trouver deux flocons identiques.
Kenneth Libbrecht a réalisé une expérience intéressante en laboratoire. En contrôlant extrêmement précisément la température, l’humidité et la circulation de l’air, il a réussi à faire grandir côte à côte deux cristaux soumis pratiquement aux mêmes conditions.
Il les appelle ses « flocons jumeaux ».
Les deux cristaux présentent une ressemblance remarquable parce qu’ils ont connu presque exactement la même histoire de croissance. Mais Libbrecht apporte lui-même une précision essentielle : ils sont très semblables, pas parfaitement identiques.
L’expérience ne démontre donc pas que deux flocons naturels puissent être strictement identiques jusque dans leurs moindres détails. Elle montre plutôt à quel point la forme d’un cristal dépend finement des conditions rencontrées au cours de sa croissance.
Illustration de cristal de neige. Crédit image Gerd Altmann / geralt (Licence Pixabay).
Le mystère des flocons de neige en vidéo
Kenneth Libbrecht explique également ses recherches sur la croissance des cristaux dans cette vidéo de Veritasium, qui montre notamment comment des formes très différentes peuvent apparaître à partir de la même substance : de l’eau gelée.
Sources pour aller plus loin
- Guinness World Records – Largest snowflake : le record historique de 38 × 20 cm
- Guinness World Records – Largest snow crystal : le cristal de 10 mm de Kenneth Libbrecht
- Nature – témoignage publié en mars 1887 sur les flocons géants du Montana
- SnowCrystals.com – Kenneth Libbrecht et le cristal record photographié en 2003
- SnowCrystals.com – les « flocons jumeaux » cultivés en laboratoire
- National Weather Service – croissance et agrégation des cristaux de neige
- Caltech – le record du plus grand cristal naturel documenté



