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Seiichi Sano, le plus vieux surfeur du monde selon Guinness

Quand Seiichi Sano a commencé le surf, il avait déjà 80 ans. Le Japonais n’était ni un ancien champion ni un vétéran des vagues revenant à son sport après quelques décennies : il apprenait réellement à tenir sur une planche pour la première fois. Quelques années plus tard, cette vocation particulièrement tardive lui a valu un record Guinness.

Le 8 juillet 2022, Seiichi Sano avait exactement 88 ans et 288 jours lorsque Guinness World Records a validé son titre de plus vieille personne à pratiquer le surf dans la catégorie masculine. Né le 23 septembre 1933, il avait pourtant découvert ce sport presque par hasard après avoir gravi le mont Fuji. Et le plus étonnant est peut-être qu’il ne se considère même pas comme un grand surfeur : il préfère se définir avec humour comme un homme de petites vagues.

Surfeur sur une vague, image d’illustration de l’article consacré à Seiichi Sano
Image d’illustration : le surfeur photographié n’est pas Seiichi Sano. Crédit photo Jeremy Bishop / Unsplash.

À retenir

  • Seiichi Sano a commencé le surf à l’âge de 80 ans, après avoir gravi le mont Fuji.
  • Guinness World Records a homologué son record le 8 juillet 2022, alors qu’il avait 88 ans et 288 jours.
  • Il pratique principalement près de Fujisawa, sur la côte de la préfecture de Kanagawa, au Japon.
  • Il ne se présente pas comme un surfeur de haut niveau et préfère les petites vagues.
  • Il a continué à pratiquer après son record et a notamment surfé autour de son 90e anniversaire.
  • Guinness indiquait encore en 2026 que Seiichi Sano détenait toujours le record masculin de la personne la plus âgée à surfer.

Seiichi Sano a commencé le surf à 80 ans

Son histoire ne commence pas sur une plage, mais sur la plus haute montagne du Japon.

À 80 ans, Seiichi Sano gravit le mont Fuji, culminant à 3 776 mètres. Après cette ascension, il cherche déjà un nouveau défi. L’idée du surf lui vient à la suite d’une conversation professionnelle avec un responsable bancaire particulièrement bronzé.

Sano lui demande s’il joue au golf. L’homme lui répond qu’il fait du surf.

Trois jours plus tard, selon le récit livré à Guinness World Records, Seiichi Sano possède une combinaison, une planche et se retrouve sur une plage pour commencer son apprentissage. À cet âge, beaucoup réfléchissent longuement avant de changer de canapé ; lui avait apparemment une procédure de décision un peu plus rapide.

Ce qui rend son parcours inhabituel est précisément son absence de passé sportif dans cette discipline. Pour voir le contraste, il suffit de remonter un siècle avec ces anciennes photographies de surfeurs du début du XXe siècle : chez Seiichi Sano, l’histoire du surf commence lorsque d’autres songent depuis longtemps à raccrocher la planche.

Un record Guinness à 88 ans et 288 jours

Le 8 juillet 2022, Guinness World Records vérifie officiellement la performance de Seiichi Sano à Fujisawa, au Japon.

Il est alors âgé de :

88 ans et 288 jours.

Le titre officiel anglais est Oldest person to surf (male), soit la personne masculine la plus âgée à pratiquer le surf. Il ne s’agit donc ni d’un championnat du monde ni d’un record de vitesse ou de hauteur de vague.

Guinness indiquait encore en janvier 2026 que ce record appartenait toujours à Seiichi Sano. Cette précision est importante : les records pouvant changer, mieux vaut éviter de transformer un titre Guinness en statut éternel gravé dans le granit.

La vidéo officielle de Guinness World Records montre Seiichi Sano sur sa planche lors de la période où son record a été médiatisé.

Un « surfeur de petites vagues » près d’Enoshima

Seiichi Sano n’a jamais cherché à se faire passer pour Kelly Slater version nonagénaire.

Dans les interviews consacrées à son record, il explique volontiers qu’il n’est pas un excellent surfeur et se définit plutôt comme un « small-wave surfer », un surfeur de petites vagues. Il aime aussi simplement s’asseoir sur sa planche et regarder l’horizon.

Il surfe notamment dans le secteur de Fujisawa, sur la côte de la préfecture de Kanagawa, près de l’île d’Enoshima. Ce littoral est fréquenté par de nombreux surfeurs et permet de pratiquer sur des vagues relativement modestes, bien adaptées à la manière dont Sano envisage son activité.

Plage de Katase Nishihama à Fujisawa près d’Enoshima au Japon


Plage de Katase Nishihama à Fujisawa, près d’Enoshima, dans la région où Seiichi Sano pratique le surf. Crédit photo Σ64 (CC BY 4.0).

Avant le surf, une longue vie professionnelle

Le parcours de Seiichi Sano ne ressemble pas davantage à celui d’un sportif professionnel.

Après ses études secondaires, il passe notamment par une école de télégraphie sans fil et exerce plusieurs métiers dans le Japon de l’après-guerre. Il travaille ensuite dans le secteur du bois, avant de créer sa propre entreprise, qu’il dirige pendant plusieurs décennies.

Le travail lui laisse longtemps peu de temps libre. Ce n’est finalement qu’à l’approche de ses 80 ans qu’il commence à multiplier les nouveaux défis.

Le mont Fuji, puis le surf : chez lui, la retraite ne semble donc pas avoir été conçue comme une longue période consacrée à vérifier quotidiennement si les géraniums ont suffisamment d’eau.

Une nouvelle vie à un âge où beaucoup ralentissent

Ce qui distingue surtout Seiichi Sano n’est pas d’être resté performant dans une activité commencée pendant sa jeunesse. Il a fait exactement l’inverse : il a appris quelque chose de totalement nouveau à 80 ans.

Son histoire offre ainsi une image assez différente du vieillissement : celle d’une personne qui continue à expérimenter, à rencontrer du monde et à se fixer des objectifs sans forcément chercher la performance extrême.

Le Japon réserve d’ailleurs d’autres histoires étonnantes autour de seniors qui restent actifs et socialement présents. Dans un tout autre registre, il existe même un service permettant de « louer » les services d’une grand-mère pour quelques heures au Japon, notamment pour bénéficier de son expérience ou simplement d’une présence bienveillante.

Chez Seiichi Sano, pas de service tarifé : pour obtenir ses conseils, il faut plutôt accepter de se mouiller les pieds.

À presque 90 ans, il cherchait encore de nouveaux défis

L’obtention du record Guinness n’a pas marqué la fin de l’histoire.

En septembre 2023, quelques jours autour de son 90e anniversaire, la télévision japonaise Nippon TV lui consacrait encore un reportage dans lequel il tentait une nouvelle figure sur sa planche.

Guinness a également indiqué par la suite qu’il avait célébré ses 90 ans en allant surfer. Autrement dit, le record établi en 2022 n’a pas été une sortie exceptionnelle organisée uniquement pour obtenir un certificat : Sano a continué à fréquenter les vagues après son homologation.

Il faut en revanche rester prudent sur son activité actuelle. En l’absence de document récent suffisamment précis, mieux vaut ne pas affirmer qu’il surfe encore chaque semaine aujourd’hui. Ce que l’on peut certifier est que son record restait officiellement attribué à son nom en 2026.

Un rapport au surf très éloigné de la compétition

Pour Seiichi Sano, le surf ne consiste pas à affronter les plus grosses vagues possibles.

Il apprécie la sensation de glisse, l’océan et le simple fait d’être sur sa planche. Guinness rapporte notamment qu’il peut passer du temps assis dessus à contempler le paysage et qu’il n’a jamais eu l’ambition de devenir un surfeur professionnel.

Une philosophie assez éloignée de l’histoire héroïque du surf incarnée par Duke Kahanamoku, champion olympique et grand ambassadeur du surf hawaïen.

Un siècle sépare les deux hommes et leurs parcours n’ont pratiquement rien en commun. Pourtant, ils illustrent chacun à leur manière une caractéristique du surf : nul besoin d’une infrastructure compliquée une fois au bord de l’eau. Une planche, une vague adaptée et l’envie d’y retourner peuvent déjà suffire.

Jusqu’à 100 ans sur une planche ?

Lorsqu’on lui demandait combien de temps il envisageait de continuer, Seiichi Sano évoquait l’idée de surfer jusqu’à 100 ans.

Ce n’était pas une promesse ni un nouveau record déjà programmé, mais plutôt une manière de conserver un objectif. Le principe correspond assez bien à son parcours : ne pas imaginer qu’une activité doit être poursuivie éternellement avant même de l’avoir commencée.

Il expliquait d’ailleurs qu’il était du genre à abandonner rapidement les choses. Sa méthode consistait paradoxalement à ne pas se mettre trop de pression : essayer quelques jours, s’arrêter, puis recommencer.

Dans son cas, cette philosophie assez peu académique a tout de même conduit d’une première leçon de surf à 80 ans à un record Guinness huit ans plus tard.

Pas mal pour quelqu’un qui, au départ, avait simplement remarqué qu’un banquier était particulièrement bronzé.

Sources pour aller plus loin

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