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Une comparaison de la vitesse des animaux terrestres [vidéo]

Une comparaison en animation 3D de la vitesse de plus de 50 animaux terrestres, de l’escargot au guépard. Animation : Red Side.

Du paisible escargot au guépard lancé à pleine vitesse, les animaux terrestres se déplacent à des allures radicalement différentes. Cette animation 3D de Red Side propose une comparaison de la vitesse de plus de 50 animaux en les faisant défiler du plus lent au plus rapide.

La vidéo offre une visualisation spectaculaire, mais les chiffres de vitesse maximale doivent être considérés avec une certaine prudence : mesurer un animal lancé à fond est autrement plus compliqué que lire le compteur d’une voiture. Espèce, individu, terrain, distance parcourue et méthode de mesure peuvent faire varier les valeurs annoncées.

À retenir

  • Le guépard est le mammifère terrestre le plus rapide, avec des pointes généralement situées entre 96 et 112 km/h.
  • Le pronghorn peut approcher 88 km/h et surtout maintenir une vitesse élevée beaucoup plus longtemps que le guépard.
  • Un éléphant peut atteindre environ 25 km/h malgré sa masse considérable.
  • Les vitesses maximales des animaux ne sont pas toujours mesurées dans des conditions comparables : un classement au km/h près serait donc trompeur.
  • À partir de 7 min 02 dans la vidéo, les animaux sont également montrés en course avec un point de vue donnant une meilleure impression de leur vitesse.

Comparaison de la vitesse de plus de 50 animaux terrestres

L’animation commence avec quelques champions de la lenteur avant de faire progressivement accélérer le compteur. Elle permet surtout de visualiser des écarts difficiles à imaginer lorsque les vitesses ne sont présentées que sous forme de chiffres.

Le classement aboutit au guépard, mais on y croise des animaux aux morphologies extrêmement différentes : petits et grands mammifères, oiseaux coureurs ou encore imposants herbivores. L’animation reste toutefois une représentation visuelle : les allures et mouvements générés ne reproduisent pas nécessairement avec exactitude la biomécanique réelle de chaque espèce.

Le guépard, champion de la vitesse sur terre

Le guépard (Acinonyx jubatus) reste la référence lorsqu’il est question de vitesse chez les animaux terrestres. Le Smithsonian National Zoo indique une vitesse maximale moyenne comprise entre 96 et 112 km/h. À pleine vitesse, le félin peut effectuer environ quatre foulées par seconde, chacune pouvant atteindre près de 7 mètres.

Mais ce record a une contrepartie : le guépard est avant tout un sprinteur. Il ne peut maintenir sa vitesse maximale que sur environ 274 mètres. Son corps est entièrement adapté à ces accélérations très brèves : longues pattes, colonne vertébrale particulièrement flexible, larges voies respiratoires, griffes semi-rétractiles améliorant l’adhérence et longue queue participant à l’équilibre dans les changements de direction.

Cette mécanique impressionnante est particulièrement visible dans cette course d’un guépard filmée au ralenti.

Le pronghorn : moins rapide, mais beaucoup plus endurant

Le guépard domine le sprint, mais le pronghorn (Antilocapra americana) possède un autre atout : son endurance à très grande vitesse. Cet animal des plaines nord-américaines peut atteindre environ 88 km/h sur quelque 800 mètres et approcher 72 km/h sur des distances bien supérieures.

Cette aptitude est d’autant plus étonnante qu’aucun de ses prédateurs actuels ne peut rivaliser avec lui sur une telle course. Une hypothèse avancée par des scientifiques est que cette vitesse extrême constitue un héritage évolutif de la cohabitation avec des prédateurs nord-américains aujourd’hui disparus, notamment le « guépard américain », présent jusqu’à la fin du Pléistocène.

Le pronghorn illustre ainsi une difficulté fondamentale des classements : le meilleur sprinteur n’est pas nécessairement celui qui peut courir très vite le plus longtemps.

Hippopotame et éléphant : les poids lourds sont loin d’être immobiles

La masse ne condamne pas nécessairement un animal à se déplacer lentement. C’est particulièrement visible chez certains des géants présentés dans la comparaison.

L’éléphant en fournit un exemple bien documenté. Des chercheurs ont mesuré des éléphants d’Asie se déplaçant jusqu’à 6,8 m/s, soit environ 25 km/h. Leur façon de se déplacer à grande vitesse est d’ailleurs assez particulière : elle conserve l’apparence d’une marche tout en présentant certaines caractéristiques biomécaniques associées à la course.

L’hippopotame est lui aussi capable de déplacements rapides malgré son allure massive. Les chiffres de vitesse maximale que l’on rencontre à son sujet varient cependant fortement selon les sources. Mieux vaut donc se méfier des valeurs extrêmement précises souvent reprises en ligne : elles ne reposent pas toujours sur des mesures expérimentales comparables.

Cette difficulté explique pourquoi deux classements de la vitesse des animaux terrestres peuvent donner des valeurs sensiblement différentes pour une même espèce.

Pourquoi les plus gros animaux ne sont-ils pas les plus rapides ?

On pourrait imaginer qu’un animal possédant de très longues pattes devrait mécaniquement distancer un animal plus petit. La réalité est beaucoup moins simple.

La vitesse maximale dépend notamment de la masse, de la longueur des membres, de la puissance musculaire, de la fréquence et de l’amplitude des foulées, mais aussi des contraintes mécaniques imposées aux os, aux muscles et aux articulations. À mesure que la masse augmente, accélérer rapidement un corps gigantesque devient particulièrement exigeant.

À l’autre extrême, être minuscule ne garantit évidemment pas davantage une grande vitesse absolue. C’est entre ces deux limites que certaines espèces ont développé des morphologies particulièrement efficaces pour la course.

Peut-on vraiment établir un classement précis de la vitesse des animaux ?

Un tableau donnant une vitesse maximale au kilomètre-heure près pour chaque espèce donnerait une impression de précision assez trompeuse.

Chez le guépard, par exemple, les performances correspondent à de très courtes accélérations. Le pronghorn peut maintenir une vitesse élevée beaucoup plus longtemps. Pour d’autres animaux, les chiffres disponibles reposent parfois sur des observations ponctuelles, des estimations ou des conditions expérimentales très différentes.

Il faut également distinguer vitesse de pointe, vitesse soutenue et endurance. Deux animaux annoncés à 70 km/h ne sont pas nécessairement capables de conserver cette allure pendant la même durée ni sur le même terrain.

C’est pourquoi cette animation doit surtout être regardée comme une manière ludique de visualiser les différences de vitesse entre les animaux, plutôt que comme un chronométrage scientifique définitif.

Et dans les airs ?

Cette comparaison concerne les déplacements terrestres. Dès que l’on prend de l’altitude, les performances changent complètement.

La chauve-souris à queue libre du Brésil, Tadarida brasiliensis, a ainsi fait l’objet de mesures spectaculaires en vol horizontal. Elle constitue un excellent exemple de la difficulté à désigner un unique « animal le plus rapide », puisque les résultats dépendent de ce que l’on compare : course, vol horizontal ou vol en piqué. Retrouvez cette étonnante chauve-souris brésilienne et ses performances en vol.

Le faucon pèlerin atteint quant à lui des vitesses bien supérieures lors de ses piqués, mais il bénéficie alors de la gravité : là encore, la comparaison directe avec un guépard courant ou une chauve-souris battant des ailes n’aurait guère de sens.

Pour poursuivre dans le même registre visuel, découvrez également ce comparatif entre la taille d’animaux disparus et celle de leurs descendants.

Sources pour aller plus loin

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