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Un capybara sous l’eau : l’étonnante glisse du plus grand rongeur du monde [vidéo]

Avec son corps massif et ses airs de cochon d’Inde passé au format XXL, le capybara ne semble pas forcément taillé pour évoluer avec grâce sous l’eau. Pourtant, cette séquence tournée au Brésil montre exactement l’inverse : un capybara glisse au fond d’une rivière avec une aisance étonnante, utilisant ses pattes pour se propulser entre les rochers.

La vidéo a été filmée par Fernando Maidana au Recanto Ecológico Rio da Prata, à Jardim, dans le Mato Grosso do Sul. Le mammifère traversait le lit du río Olho d’Água, dont les eaux particulièrement transparentes permettent d’observer son déplacement presque comme derrière la vitre d’un aquarium.

Capybara nageant dans une rivière du Pantanal au Brésil
Un capybara (Hydrochoerus hydrochaeris) nageant dans le Pantanal brésilien. Crédit Photo Charles J. Sharp (CC BY-SA 4.0).

À retenir

  • Le capybara (Hydrochoerus hydrochaeris) est le plus grand rongeur vivant au monde.
  • C’est un animal semi-aquatique, naturellement très à l’aise dans les rivières, marais et zones inondées.
  • Ses pieds sont partiellement palmés et ses yeux, oreilles et narines sont placés haut sur la tête.
  • Il peut rester jusqu’à environ cinq minutes sous l’eau.
  • La vidéo a été tournée en juin 2020 dans le río Olho d’Água, au Mato Grosso do Sul, au Brésil.

Pourquoi le capybara est-il aussi à l’aise sous l’eau ?

La scène paraît inhabituelle surtout parce que nous avons tendance à imaginer le capybara comme un gros animal terrestre. En réalité, l’eau fait partie intégrante de son mode de vie.

Ses pieds sont partiellement palmés, ce qui facilite la propulsion lorsqu’il nage. Ses pattes arrière sont également légèrement plus longues que les antérieures, une morphologie bien adaptée aux déplacements entre terre ferme, berges et zones inondées.

Autre détail particulièrement pratique : les yeux, les petites oreilles et les narines se trouvent sur la partie supérieure de la tête. Le capybara peut donc rester presque entièrement immergé tout en continuant à voir, entendre et respirer.

Le San Diego Zoo Wildlife Alliance indique également que ces grands rongeurs peuvent rester sous la surface pendant environ cinq minutes, notamment pour échapper à un prédateur.

La silhouette un peu pataude sur la terre ferme cache donc un nageur très correctement équipé. Comme souvent, il suffisait de lire la fiche technique avant de juger la carrosserie.

Un capybara qui marche presque au fond de la rivière

La vidéo de Fernando Maidana est particulièrement intéressante parce que le capybara ne se contente pas de nager à la surface.

Il descend vers le fond et utilise les reliefs du lit de la rivière pour avancer avec ses pattes, entre course lente, bonds et nage. Cette manière de se déplacer réduit probablement l’effort nécessaire lorsque la profondeur et le courant le permettent.

Les eaux du río Olho d’Água sont suffisamment transparentes pour suivre très précisément chacun de ses mouvements. Le mammifère paraît presque flotter au ralenti au-dessus des pierres.

Fernando Maidana travaillait alors comme moniteur environnemental sur le site. Lors d’une tournée de surveillance le 2 juin 2020, il a croisé l’animal une première fois sans pouvoir le filmer. Le capybara est ensuite revenu à la surface puis a replongé alors que la caméra était prête.

Le capybara est le plus grand rongeur du monde

Le gabarit de l’animal rend ses capacités aquatiques encore plus surprenantes.

Un capybara adulte mesure généralement autour de 1,06 à 1,34 mètre de longueur et peut atteindre environ 60 cm au garrot. Animal Diversity Web donne une masse habituelle comprise entre environ 35 et 66 kg, même si des individus exceptionnellement plus lourds ont été signalés.

Malgré son allure très particulière, le capybara reste bien un rongeur. Il appartient à la famille des Caviidés, qui comprend également les cobayes.

Dans la catégorie des gros rongeurs particulièrement bien équipés pour l’eau, le castor joue évidemment dans la même équipe. Lui a choisi une autre spécialité : un castor peut ainsi couper un petit tronc de peuplier en moins d’une minute. L’un glisse sous l’eau, l’autre arrive avec les outils.

Capybara nageant dans une rivière au Brésil avec seule sa tête hors de l’eau


Un capybara nageant dans le parc d’État Encontro das Águas, au Brésil. Crédit Photo Giles Laurent (CC BY-SA 4.0).

L’eau est aussi un refuge contre les prédateurs

Dans la nature, les capybaras vivent à proximité permanente de l’eau : marais, berges de rivières, plaines inondables et autres zones humides d’Amérique du Sud.

L’eau sert à se déplacer et à se rafraîchir, mais aussi à échapper à certains prédateurs. Face à une menace, un groupe peut rapidement rejoindre la rivière et s’immerger.

Ce comportement n’a donc rien à voir avec celui de certains animaux qui apprennent simplement à nager parce que les circonstances les y encouragent.

C’est par exemple le cas des cochons nageurs des Bahamas à Pig Beach. Les porcs de Big Major Cay sont parfaitement capables de nager, mais ils ne possèdent pas les adaptations semi-aquatiques du capybara : ils ont surtout appris à rejoindre les bateaux parce que leur arrivée est souvent associée à la nourriture.

Chez le capybara, l’eau n’est pas une attraction touristique : c’est une véritable composante de son habitat et de sa stratégie de survie.

Une vidéo tournée dans les eaux cristallines du río Olho d’Água

Le río Olho d’Água traverse le Recanto Ecológico Rio da Prata, près de Jardim, dans une région du Mato Grosso do Sul connue pour ses rivières extrêmement transparentes et ses activités d’écotourisme.

Cette transparence explique la qualité inhabituelle de la séquence : au lieu de distinguer seulement une masse sombre sous la surface, on voit clairement le corps du capybara, ses mouvements de pattes et sa trajectoire entre les pierres.

Le comportement lui-même n’a rien d’anormal pour l’espèce. Ce qui est rare, c’est surtout de pouvoir l’observer aussi nettement sous l’eau, dans son milieu naturel.

Sources pour aller plus loin

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