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Pleurote de l’olivier : le champignon toxique qui ressemble à une girolle

Le pleurote de l’olivier est un champignon orange toxique qui peut être confondu avec une girolle. Appelé scientifiquement Omphalotus olearius, il provoque principalement des troubles digestifs parfois sévères : douleurs abdominales, nausées, vomissements et diarrhées pouvant entraîner une déshydratation.

Ce champignon méditerranéen réserve une autre surprise : ses lamelles peuvent émettre une faible lumière verdâtre dans l’obscurité. Malgré son nom traditionnel, il n’appartient plus au genre des véritables pleurotes et ne pousse pas uniquement sur les oliviers.

Pleurotes de l’olivier orange poussant au pied d’un arbre sur du bois en décomposition
Crédit photo ibogdan/DepositPhotos.

À retenir

  • Le pleurote de l’olivier, Omphalotus olearius, est un champignon toxique et non comestible.
  • Il est aussi appelé clitocybe de l’olivier, omphalote de l’olivier ou jack-o’-lantern mushroom en anglais.
  • Il peut être confondu avec une girolle en raison de sa couleur jaune orangé.
  • Il possède de véritables lamelles fines, contrairement à la girolle, dont la face inférieure présente des plis épais et ramifiés.
  • Il pousse souvent en touffes sur du bois mort, des souches ou des racines enterrées.
  • Il ne se développe pas uniquement sur les oliviers, mais aussi sur différents feuillus.
  • Son ingestion peut provoquer des vomissements, des douleurs abdominales et des diarrhées sévères.
  • Ses lamelles peuvent émettre une faible lumière verte, souvent difficile à voir à l’œil nu.

Qu’est-ce que le pleurote de l’olivier ?

Le pleurote de l’olivier porte le nom scientifique Omphalotus olearius. Il appartient à la famille des Omphalotaceae et à l’ordre des Agaricales.

Les anciens noms scientifiques Pleurotus olearius et Clitocybe olearia expliquent ses noms français de pleurote de l’olivier et de clitocybe de l’olivier. La classification actuelle le place cependant dans le genre Omphalotus : ce n’est donc pas un véritable pleurote du genre Pleurotus.

Cette précision est importante, car plusieurs véritables pleurotes sont comestibles. C’est notamment le cas du pleurote du panicaut présenté dans l’article consacré au plus grand champignon comestible du monde. La ressemblance des noms ne constitue absolument pas une indication de comestibilité.

Le pleurote de l’olivier est surtout présent dans les régions au climat méditerranéen ou relativement chaud. Ses fructifications apparaissent généralement de la fin de l’été à l’automne, parfois après une période humide.

Pleurotes de l’olivier orange poussant au pied d’un arbre sur du bois en décomposition


Deux pleurotes de l’olivier, Omphalotus olearius, photographiés sur du bois en décomposition en Grèce. Crédit photo Chris Taklis (CC BY 4.0).

Le pleurote de l’olivier est-il toxique ou mortel ?

Le pleurote de l’olivier est un champignon toxique qui ne doit jamais être consommé.

Il provoque principalement un syndrome gastro-intestinal. L’intoxication peut être très pénible et suffisamment sévère pour nécessiter une prise en charge médicale, notamment lorsque les vomissements et les diarrhées entraînent une importante perte d’eau.

Il n’est toutefois pas généralement classé parmi les champignons responsables des intoxications hépatiques potentiellement mortelles, comme l’amanite phalloïde. Il est donc trompeur de le présenter comme un champignon habituellement mortel.

Cette nuance ne doit pas conduire à minimiser son danger. Une forte déshydratation peut être grave, notamment chez un enfant, une personne âgée ou une personne fragile. La quantité consommée, l’état de santé et le délai de prise en charge peuvent également modifier la gravité de l’intoxication.

La cuisson ne doit jamais être considérée comme une méthode permettant de le rendre consommable. Un pleurote de l’olivier identifié ou suspecté doit rester dans la forêt, et certainement pas finir dans la poêle.

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Crédit photo ibogdan/DepositPhotos.

Quels sont les symptômes d’une intoxication ?

Les symptômes les plus fréquemment associés à l’ingestion du pleurote de l’olivier sont :

  • des nausées ;
  • des vomissements répétés ;
  • des douleurs et des crampes abdominales ;
  • des diarrhées parfois abondantes ;
  • une faiblesse liée à la déshydratation.

Le délai d’apparition peut varier. Comme pour toute intoxication liée à des champignons, il ne faut pas attendre que les symptômes deviennent importants avant de demander conseil.

L’Anses cite la confusion entre les girolles ou chanterelles et le clitocybe de l’olivier parmi les confusions fréquemment rapportées aux Centres antipoison. Les troubles digestifs peuvent être sévères et conduire à une déshydratation.

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Crédit photo ibogdan/DepositPhotos.

Comment reconnaître le pleurote de l’olivier ?

Le pleurote de l’olivier présente généralement un chapeau de couleur jaune orangé, orange cuivré ou brun orangé. Celui-ci est d’abord convexe, puis il s’aplatit et se creuse progressivement au centre en vieillissant.

Le chapeau peut dépasser une dizaine de centimètres de diamètre. Sa surface est relativement lisse, parfois légèrement fibreuse, avec une couleur souvent plus foncée vers le centre.

Le pied est généralement robuste, jaune orangé à brun orangé. Lorsque plusieurs champignons poussent ensemble, leurs pieds peuvent se rejoindre à la base et former une touffe dense.

Le critère le plus intéressant se trouve sous le chapeau. Le pleurote de l’olivier possède de véritables lamelles :

  • elles sont fines et nombreuses ;
  • elles descendent le long du pied ;
  • elles peuvent être séparées ou cassées individuellement ;
  • leur couleur varie du jaune orangé à l’orange vif.

Véritables lamelles orange du pleurote de l’olivier descendant le long du pied
Les véritables lamelles fines et serrées du pleurote de l’olivier descendent le long du pied. Crédit photo João Valença (CC BY-SA 4.0).

Le champignon pousse fréquemment en bouquets serrés. Il peut sembler sortir directement du sol, mais son mycélium est alors généralement relié à une racine morte, une souche ou une pièce de bois enterrée.

Sa couleur, sa forme et son mode de croissance sont utiles pour orienter une identification. Ils ne suffisent cependant jamais à garantir qu’un champignon peut être consommé.

Comment différencier une girolle du pleurote de l’olivier ?

La girolle commune, Cantharellus cibarius, et le pleurote de l’olivier peuvent partager une couleur jaune orangé. La ressemblance est toutefois moins forte lorsque l’on observe attentivement leur face inférieure et leur manière de pousser.

Critère Pleurote de l’olivier Girolle
Nom scientifique Omphalotus olearius Cantharellus cibarius
Comestibilité Toxique Comestible après identification certaine
Face inférieure Véritables lamelles fines et séparables Plis épais, émoussés et ramifiés
Mode de croissance Souvent en touffes denses Plutôt isolée ou en petits groupes
Substrat Bois mort, souches ou racines enterrées Directement sur le sol, en relation avec les arbres
Couleur Orange vif, cuivré ou brun orangé Jaune pâle à jaune d’œuf
Bioluminescence Possible, mais faible et irrégulière Aucune

La différence essentielle réside dans les structures situées sous le chapeau. Les « lamelles » de la girolle sont en réalité des plis charnus, épais, arrondis et souvent fourchus. Ils font corps avec la chair du champignon.

Les lamelles du pleurote de l’olivier sont au contraire fines, nombreuses, relativement tranchantes et bien individualisées. Elles ressemblent davantage aux pages serrées d’un livre.

Plis épais et fourchus sous le chapeau d’une girolle pour comparaison avec les lamelles du pleurote de l’olivier
Gros plan de la face inférieure d’une girolle, Cantharellus cibarius. Les plis épais, fourchus et interconnectés se distinguent des véritables lamelles du pleurote de l’olivier. Crédit photo Inger-Lise Fonneland (CC BY 4.0).

Le lieu de pousse apporte également une indication. Le pleurote de l’olivier est un champignon lignicole : il tire ses ressources du bois. La girolle vit au contraire en association avec les racines d’arbres vivants et pousse directement sur le sol forestier.

Aucun de ces critères ne doit toutefois être utilisé seul pour décider de consommer un champignon. Une photographie, une application mobile ou un tableau comparatif ne remplacent pas l’examen complet d’un spécimen par un mycologue ou un pharmacien compétent.

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Crédit photo wirestock_creators/DepositPhotos.

Le pleurote de l’olivier pousse-t-il uniquement sur les oliviers ?

Malgré son nom, le pleurote de l’olivier ne pousse pas exclusivement sur les oliviers.

On peut le trouver sur des souches, des troncs affaiblis, du bois mort ou des racines enterrées de différents feuillus. Il a notamment été observé sur des oliviers, des chênes, des châtaigniers, des hêtres et d’autres arbres à bois dur.

Sa présence au sol peut donc être trompeuse. Lorsque les champignons semblent sortir de terre, ils sont souvent reliés à une racine ou à un morceau de bois décomposé caché sous les feuilles.

Pleurotes de l’olivier orange poussant parmi des feuilles mortes et des racines de feuillus


Pleurotes de l’olivier photographiés en Serbie parmi les feuilles mortes et les racines de feuillus. Crédit photo GLJIVARSKO DRUSTVO NIS (CC BY 2.0).

Le nom de l’espèce témoigne surtout de son association historique avec les paysages méditerranéens dominés par les oliviers. Ces paysages abritent aussi des arbres remarquables, comme l’olivier millénaire de Vouves en Crète ou le très vieil olivier de Roquebrune-Cap-Martin.

La présence du champignon n’est cependant ni normale ni systématique sur un vieil olivier. Son nom ne doit pas être interprété comme celui d’une maladie propre à cette espèce d’arbre.

Pourquoi ce champignon est-il bioluminescent ?

Le pleurote de l’olivier est l’un des rares champignons européens capables de produire sa propre lumière.

Cette bioluminescence résulte d’une réaction chimique au cours de laquelle une molécule appelée luciférine fongique est oxydée grâce à une enzyme, la luciférase, et à l’oxygène. Une partie de l’énergie libérée apparaît sous la forme d’une lumière verte.

La lueur est généralement observée au niveau des lamelles et peut aussi concerner certaines parties du mycélium. Elle reste cependant beaucoup moins spectaculaire que celle d’une luciole ou d’un objet fluorescent.

Pour espérer la distinguer à l’œil nu, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • le champignon doit être frais et réellement bioluminescent ;
  • l’obscurité doit être complète ;
  • les yeux doivent avoir eu le temps de s’habituer au noir ;
  • aucune source lumineuse proche ne doit gêner l’observation.

La bioluminescence ne constitue donc pas un critère fiable d’identification. Un pleurote de l’olivier peut être toxique même si aucune lueur n’est visible.

Lamelles vertes bioluminescentes du pleurote de l’olivier photographiées dans l’obscurité
Bioluminescence des lamelles d’Omphalotus olearius dans l’obscurité complète. Crédit photo The Brook (CC BY-SA 4.0).

Cette photographie nocturne ne représente pas exactement ce qu’un promeneur verrait à l’œil nu. Elle a nécessité une pose de 924 secondes, soit plus de quinze minutes, avec une sensibilité élevée. L’appareil a donc accumulé une lumière beaucoup trop faible pour apparaître aussi nettement en vision directe.

Le rôle écologique exact de cette lueur n’est pas entièrement établi. L’hypothèse d’une attraction des insectes capables de transporter les spores a été proposée pour certains champignons lumineux, mais elle ne doit pas être présentée comme une certitude propre au pleurote de l’olivier.

Quel rôle joue-t-il dans la forêt ?

Le pleurote de l’olivier est un organisme décomposeur. Son mycélium se développe dans le bois affaibli ou mort et dégrade progressivement des molécules végétales complexes comme la cellulose et la lignine.

Ce travail discret participe au recyclage de la matière organique. Les éléments contenus dans le bois retournent progressivement dans le sol et deviennent disponibles pour d’autres organismes.

Ce rôle de nettoyeur du bois mort est partagé par de nombreux champignons aux formes très différentes. C’est notamment le cas de la xylaire polymorphe, surnommée champignon doigt du diable, ou de l’Oreille-de-Judas, un champignon comestible en forme d’oreille.

D’autres espèces entretiennent au contraire une relation parasitaire beaucoup plus complexe avec les arbres, comme la rouille du genévrier et ses étonnantes excroissances orange.

La couleur vive du pleurote de l’olivier rejoint enfin celle d’autres champignons particulièrement photogéniques, à l’image de l’entolome de Hochstetter et de son chapeau bleu ciel. Dans les deux cas, une belle couleur n’indique pas que le champignon est comestible.

Et après cette année de croissance de champignons dans un time-lapse de 3 minutes, voici un time-lapse de la croissance de ce champignon toxique bioluminescent sur 9 jours:

Que faire en cas de doute ou après ingestion ?

Au moindre doute sur un champignon récolté, il ne faut pas le consommer. L’ensemble de la cueillette doit être présenté à un pharmacien disposant de compétences en mycologie ou à une association mycologique.

Il ne faut jamais décider de manger un champignon uniquement à partir :

  • d’une photographie trouvée sur Internet ;
  • d’une application de reconnaissance ;
  • d’un échange sur un réseau social ;
  • de sa ressemblance avec une espèce déjà consommée.

Après l’ingestion d’un champignon suspect, l’apparition de nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales, vertiges ou autres symptômes impose de contacter immédiatement un Centre antipoison.

En France, le numéro d’urgence national indiqué par l’Anses pour les Centres antipoison est le 01 45 42 59 59. En cas de détresse vitale, de perte de connaissance ou de difficulté respiratoire, il faut appeler le 15 ou le 112.

Il est utile de conserver :

  • les restes du repas ;
  • les champignons non cuisinés ;
  • une photographie de la récolte ;
  • l’heure du repas et celle d’apparition des premiers symptômes.

Ces éléments peuvent aider les toxicologues et les mycologues à identifier l’espèce et à adapter la prise en charge.

Sources pour aller plus loin

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