L’Otocyon megalotis est un canidé particulier d’Afrique, mieux connu sous le nom de renard à oreilles de chauve-souris ou renard oreillard. Avec son museau fin, son masque sombre et ses immenses oreilles, il ressemble à un renard dessiné par quelqu’un qui aurait un peu forcé sur les antennes.
Mais ces oreilles ne sont pas seulement là pour le style. Elles lui servent à repérer les insectes, notamment les termites, à communiquer avec ses congénères et à évacuer la chaleur dans les savanes africaines. Chez ce petit canidé d’environ 46 à 66 cm de long pour 3 à 5 kg, l’oreille est à la fois radar, éventail et panneau de signalisation.
Tanzania, maart 2010 par Martha de Jong-Lantink (CC BY-NC-ND 2.0).
À retenir
- Le renard à oreilles de chauve-souris est un petit canidé africain, aussi appelé otocyon ou renard oreillard.
- Ses grandes oreilles peuvent atteindre environ 11,4 à 13,5 cm et lui servent à entendre les insectes, à communiquer et à réguler sa température.
- Son alimentation est dominée par les insectes, surtout les termites moissonneurs, mais aussi les bousiers, larves, criquets, scorpions ou petits vertébrés.
- Il possède 46 à 50 dents, davantage que les autres canidés, une adaptation utile pour broyer rapidement les insectes.
- L’espèce n’est pas considérée comme menacée à l’échelle mondiale, mais elle peut souffrir localement de la perte d’habitat, des routes et de persécutions humaines.
Qu’est-ce que le renard à oreilles de chauve-souris ?
Le renard à oreilles de chauve-souris appartient à la famille des canidés, comme les loups, les renards, les chacals ou les chiens. Il est cependant assez à part : l’Otocyon megalotis est la seule espèce actuelle du genre Otocyon, un nom tiré du grec et que l’on peut résumer par “chien à grandes oreilles”.
Son pelage est généralement gris sable à brun jaunâtre, avec le ventre plus clair. Le contour des yeux, le museau, l’arrière des oreilles, les pattes et l’extrémité de la queue sont plus sombres, ce qui lui donne un petit air masqué. Le résultat est très reconnaissable, entre le renard miniature, le chien des savanes et la créature qui aurait entendu un secret à 3 kilomètres.
Bat-Eared Fox par Rene Rivers (CC BY-NC-ND 2.0).
C’est un canidé atypique, à l’instar du loup à crinière, ce canidé sud-américain qui ressemble à un renard sur échasses. L’otocyon, lui, a choisi une autre extravagance anatomique : moins de jambes interminables, beaucoup plus d’oreilles.
Pourquoi l’Otocyon megalotis a-t-il de si grandes oreilles ?
Les oreilles du renard oreillard sont d’abord un formidable outil de prédation. L’animal se déplace lentement, le nez près du sol, les oreilles orientées vers la source des sons. Il peut détecter les mouvements d’insectes dans l’herbe, dans les déjections d’herbivores ou même sous la surface du sol. Quand il localise sa proie, il bondit, gratte ou creuse rapidement pour l’attraper.
Cette technique rappelle un peu le aye-aye, l’étrange primate de Madagascar, qui repère les larves dans le bois grâce à ses grandes oreilles et à son doigt démesuré. La méthode est différente, mais l’idée générale est la même : écouter avant de manger. Dans la nature, le repas commence parfois par une séance d’audition très sérieuse.
Crédit photo MAKY_OREL/Pixabay.
Ces oreilles servent aussi à la régulation de température. Parcourues de vaisseaux sanguins, elles permettent de dissiper une partie de la chaleur, ce qui est utile dans les milieux ouverts et chauds d’Afrique. Elles jouent enfin un rôle dans la communication sociale : posture des oreilles, mouvements de la queue, vocalisations douces, tout un petit langage de canidé discret mais bien équipé.
Un renard qui mange surtout des termites
Le renard à oreilles de chauve-souris ne dédaigne pas quelques rongeurs, oiseaux, œufs, lézards ou fruits, mais son régime est très largement dominé par les insectes. Les termites moissonneurs constituent sa grande spécialité, avec les bousiers, les larves, les sauterelles, les scorpions, les araignées ou les mille-pattes.
Les sources varient selon les régions et les études, mais l’idée générale est claire : l’otocyon est un canidé très insectivore. San Diego Zoo indique que les termites peuvent représenter jusqu’à 70 % de son régime, tandis qu’Animal Diversity Web rappelle que termites et bousiers peuvent constituer jusqu’à 80 % de son alimentation dans certains contextes.
Gremlins par Steve Garvie ((CC BY-NC-SA 2.0)).
Ce régime explique aussi pourquoi il suit parfois les troupeaux d’herbivores comme les zèbres, les antilopes ou les gnous. Non, il ne tente pas de croquer un zèbre au petit-déjeuner. Les excréments de ces grands animaux attirent quantité d’insectes, notamment des bousiers, et l’otocyon vient surtout profiter du buffet indirect.
Dans le club très sélect des mangeurs de termites africains, il a un excellent collègue avec le protèle, ou loup fouisseur, cette hyène spécialisée dans les termites. L’un est un canidé, l’autre un hyénidé, mais tous deux prouvent qu’une grande partie de la savane se joue parfois au ras du sol.
Plus de dents que les autres canidés
L’Otocyon megalotis se distingue aussi par sa dentition. Il possède généralement 46 à 50 dents, soit davantage que les autres canidés. Animal Diversity Web indique même qu’il a plus de dents que n’importe quel autre mammifère placentaire hétérodonte, ce qui mérite tout de même une petite médaille dentaire.
Cette dentition n’est pas décorative. Les molaires supplémentaires et la musculature associée permettent de mâcher rapidement des proies petites, dures et nombreuses : termites, coléoptères, larves, carapaces d’insectes. Un renard classique n’a pas besoin de broyer une armée de termites à chaque repas ; l’otocyon, lui, a investi dans l’équipement.
Bat-eared Fox (Otocyon megalotis) par Johann du Preez (CC BY-NC-ND 2.0).
Ce détail permet de rappeler que le renard oreillard n’est pas juste “un renard avec de grandes oreilles”. C’est un animal spécialisé, dont le crâne, les dents, les oreilles et le comportement convergent vers une même activité : trouver et avaler beaucoup d’insectes, vite et bien.
Où vit le renard à oreilles de chauve-souris ?
Le renard à oreilles de chauve-souris vit en Afrique, principalement dans les savanes, plaines herbeuses, zones semi-arides et terres légèrement boisées. On distingue généralement deux grandes populations : l’une en Afrique de l’Est, de l’Éthiopie et du Soudan du Sud vers la Tanzanie, l’autre en Afrique australe, notamment en Namibie, Botswana, Zimbabwe, Angola, Afrique du Sud et régions voisines.
Il préfère les zones à herbe courte, où il peut mieux repérer ses proies et détecter les prédateurs. Ses terriers sont essentiels : il peut les creuser lui-même, agrandir des terriers abandonnés ou utiliser d’anciennes termitières. Un bon terrier sert à dormir, à se protéger de la chaleur, à élever les petits et à éviter de servir de casse-croûte à plus grand que soi.
Tanzania, maart 2010 par Martha de Jong-Lantink (CC BY-NC-ND 2.0).
Ses principaux prédateurs incluent notamment les aigles, les chacals et les hyènes. L’otocyon préfère généralement la fuite au combat, avec des changements de direction rapides. En résumé : de grandes oreilles pour entendre, de bonnes pattes pour filer, et très peu d’envie de jouer les héros.
Un canidé social, loin du renard solitaire
Contrairement à l’image du renard solitaire, le renard oreillard peut vivre en couples, en familles ou en petits groupes. San Diego Zoo indique que les groupes comptent souvent de 2 à 5 individus, tandis que l’organisation sociale varie selon les régions. En Afrique australe, on observe souvent des couples avec leurs jeunes ; en Afrique de l’Est, les groupes peuvent être plus larges.
Les oreilles, la queue, les postures et les petits cris participent à cette communication. L’animal utilise plusieurs vocalisations, souvent discrètes, adaptées à la vie en groupe. Les jeunes, appelés kits ou petits, émergent du terrier après quelques jours et apprennent à chercher leur nourriture auprès des adultes.
Tanzania, maart 2010 par Martha de Jong-Lantink (CC BY-NC-ND 2.0).
Chez l’otocyon, les mâles participent souvent activement à la garde, au toilettage et au jeu avec les jeunes. Ce côté familial n’empêche pas l’animal de rester sauvage, mais il donne une image plus nuancée de ce petit canidé africain, moins “renard solitaire” que “tribu à grandes oreilles”.
Un animal calé sur l’activité des insectes
L’otocyon est souvent présenté comme nocturne, et c’est vrai dans de nombreuses situations. Mais son rythme peut varier selon la région, la température et surtout l’activité des termites. En Afrique de l’Est, il est souvent plus actif la nuit ; en Afrique australe, il peut devenir davantage diurne en hiver et nocturne en été.
Cette souplesse comportementale est logique : quand votre alimentation dépend autant d’insectes, mieux vaut sortir quand les insectes sont disponibles. L’otocyon adapte donc son emploi du temps au menu. C’est moins romantique qu’un renard hurlant à la lune, mais beaucoup plus efficace.
Otocyon_megalotis_2 par David Bygott (CC BY-NC-SA 2.0).
Dans la même famille élargie des canidés qui brouillent les pistes, on peut aussi citer le chien raton laveur, alias tanuki, un canidé bien réel entouré de légendes japonaises. L’otocyon n’a pas le même folklore, mais il a largement ce qu’il faut côté bizarrerie biologique.
Le renard oreillard est-il menacé ?
À l’échelle mondiale, le renard à oreilles de chauve-souris est classé en préoccupation mineure. L’espèce reste assez commune dans plusieurs régions d’Afrique orientale et australe. Elle n’est donc pas considérée comme gravement menacée aujourd’hui.
Cela ne veut pas dire qu’elle ne rencontre aucun problème. Localement, elle peut être affectée par la perte ou la dégradation de son habitat, l’expansion agricole, les collisions avec les véhicules ou la chasse pour sa fourrure. Elle peut aussi être tuée par erreur lorsqu’elle est perçue comme une menace pour le bétail, alors que son régime alimentaire est surtout insectivore.
Bat eared foxes par Tambako The Jaguar (CC BY-ND 2.0).
En réalité, l’otocyon rend plutôt service aux écosystèmes en consommant une grande quantité d’insectes. Ce n’est peut-être pas l’animal le plus connu de la savane, mais il participe à l’équilibre discret des plaines herbeuses.
Des oreilles de chauve-souris, mais un vrai renard africain
Son nom peut prêter à confusion : le renard à oreilles de chauve-souris n’est évidemment pas une chauve-souris, pas plus qu’il n’est un animal hybride. C’est un canidé à part entière, spécialisé dans une niche écologique inhabituelle pour un renard.
Ses grandes oreilles lui donnent un aspect très expressif, presque souriant selon certaines photos. Ce côté mignon explique sans doute pourquoi l’animal attire autant l’œil. Mais le plus intéressant reste son adaptation : entendre les insectes, supporter la chaleur, vivre en groupe, broyer les termites, suivre les troupeaux sans jamais vouloir les chasser.
Bat-eared Fox at the Los Angeles Zoo par Mario Pineda (CC BY-NC-SA 2.0).
Dans la catégorie renards étonnants, probablement plus élégant que ce renard à oreilles de chauve-souris mais moins équipé pour écouter les termites, découvrez également la beauté rare des renards noirs et argentés. Et pour une dose maximale de mignonnerie plus classique, il reste toujours ces adorables bébés renards, beaucoup moins spécialisés en termites mais très efficaces sur le plan émotionnel.
Vidéo du renard à oreilles de chauve-souris
Voici une petite vidéo de renards à oreilles de chauve-souris dans la savane. Elle permet de mieux voir leur démarche, leurs interactions et cette manière très particulière de scruter le sol avec les oreilles dressées.
Bat Eared Fox par Mark Dumont (CC BY-NC 2.0).
Bat-Eared Fox par Rene Rivers (CC BY-NC-ND 2.0).
Bat eared fox par Dave Pullig (CC BY 2.0).
Bat-eared Fox at the Los Angeles Zoo par Mario Pineda (CC BY-NC-SA 2.0).
FAQ rapide
Quel est le vrai nom du renard à oreilles de chauve-souris ?
Son nom scientifique est Otocyon megalotis. Il est aussi appelé renard oreillard ou bat-eared fox en anglais.
Pourquoi a-t-il de si grandes oreilles ?
Ses grandes oreilles lui permettent d’entendre les insectes, notamment les termites et les larves, mais aussi de réguler sa température et de communiquer avec les autres membres du groupe.
Le renard à oreilles de chauve-souris mange-t-il des chauves-souris ?
Non. Son nom vient de la forme de ses oreilles, pas de son régime. Il mange surtout des insectes, en particulier des termites, ainsi que des bousiers, larves, scorpions, petits vertébrés ou fruits.
Où vit l’Otocyon megalotis ?
Il vit en Afrique orientale et australe, dans les savanes, plaines herbeuses, zones semi-arides et milieux légèrement boisés.
Combien de dents possède le renard oreillard ?
Il possède généralement entre 46 et 50 dents, soit davantage que les autres canidés. Cette dentition l’aide à broyer rapidement les insectes.
Le renard à oreilles de chauve-souris est-il menacé ?
L’espèce est classée en préoccupation mineure à l’échelle mondiale, mais elle peut subir localement la perte d’habitat, les collisions routières ou la chasse.
Est-ce un animal nocturne ?
Il est souvent nocturne, mais son activité varie selon les régions, les saisons et la disponibilité des termites. En Afrique australe, il peut être plus diurne en hiver et plus nocturne pendant les mois chauds.
Sources pour aller plus loin
- Animal Diversity Web — Otocyon megalotis
- San Diego Zoo — Bat-eared Fox
- Smithsonian National Zoo — Bat-eared fox
- IUCN Red List — Otocyon megalotis
- African Wildlife Foundation — Bat-eared fox














J’ai lu aussi sur Wiki que l’otocyon se distingue par une caractéristique unique en son genre: il a beaucoup plus de dents que tous les autres mammifères: entre 46 et 50 dents et entre () l’animal qui a le plus de dents est la souris eh oui
Elle n’a pourtant pas besoin de beaucoup de chicots pour grignoter le fromage :p
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