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Nouveaux billets en euros : Marie Curie ou des guêpiers sur le futur billet de 20 euros

La Banque centrale européenne a dévoilé dix séries finalistes pour renouveler le graphisme des billets en euros. Ces propositions couvrent toutes les coupures, de 5 à 200 euros, autour de deux thèmes : « La culture européenne » et « Fleuves et oiseaux ».

Ces images ne montrent toutefois pas les prochains billets définitifs. Le public européen peut donner son avis jusqu’au 21 septembre 2026, avant une décision de la BCE attendue vers la fin de l’année. Quant aux premières nouvelles coupures, elles ne devraient pas arriver dans nos portefeuilles avant le début des années 2030. Il reste donc encore un peu de temps avant de payer sa baguette avec Beethoven.

Pour comparer concrètement ces dix univers graphiques, le billet de 20 euros offre un face-à-face particulièrement parlant : cinq projets représentent Marie Curie, tandis que les cinq autres mettent en scène des guêpiers d’Europe. Une scientifique mondialement connue contre des oiseaux aux couleurs presque tropicales : la monnaie unique hésite encore entre laboratoire et vallée fluviale.

Proposition de nouveau billet de 20 euros avec le portrait de Marie Curie, design G présélectionné par la BCE
Proposition de graphisme G pour un possible futur billet de 20 euros, par Rubio & del Amo et Cruz más Cruz. Source : Banque centrale européenne.

À retenir

  • La BCE a dévoilé dix séries graphiques finalistes, et non dix billets isolés.
  • Chaque série comprend les coupures de 5, 10, 20, 50, 100 et 200 euros.
  • Cinq propositions développent le thème « La culture européenne » et cinq autres le thème « Fleuves et oiseaux ».
  • Le public peut donner son avis jusqu’au 21 septembre 2026.
  • Le projet définitif doit être choisi vers la fin de 2026.
  • Les premières coupures de la nouvelle série sont envisagées pour le début des années 2030.
  • Les billets actuels conserveront leur valeur et continueront à circuler.

Dix séries sont en compétition, et non dix nouveaux billets isolés

La Banque centrale européenne a présenté les projets finalistes le 23 juillet 2026. Ils sont issus d’un concours lancé dans toute l’Union européenne, qui a attiré plus de 1 200 candidatures de graphistes.

Vingt-cinq candidats ont ensuite été invités à développer une série complète. Un jury indépendant composé de 21 experts en graphisme, communication, histoire, neurosciences et autres disciplines a finalement retenu dix propositions.

Les projets sont désignés par les lettres A à J. Chacun propose un langage graphique cohérent pour les six valeurs encore émises dans la zone euro : 5, 10, 20, 50, 100 et 200 euros.

Il n’est donc pas question de choisir séparément un billet Marie Curie, un billet Beethoven et un billet martin-pêcheur. La BCE sélectionnera une série complète et le thème qui va avec.

Marie Curie, Beethoven et Léonard de Vinci sur les billets consacrés à la culture

Dans les cinq propositions consacrées à la culture européenne, les personnalités sont déjà imposées pour chaque valeur :

  • Le billet de 5 euros représente la cantatrice Maria Callas.
  • Le billet de 10 euros met à l’honneur Ludwig van Beethoven.
  • Le billet de 20 euros montre Marie Curie.
  • Le billet de 50 euros représente l’écrivain Miguel de Cervantes.
  • Le billet de 100 euros est consacré à Léonard de Vinci.
  • Le billet de 200 euros rend hommage à Bertha von Suttner, écrivaine pacifiste et première femme à recevoir le prix Nobel de la paix.

Marie Curie et Bertha von Suttner figurent d’ailleurs toutes les deux parmi ces 30 femmes exceptionnelles qui ont changé le monde.

Le choix de Léonard de Vinci rappelle que le célèbre Florentin ne s’est pas limité à la peinture. Il a aussi imaginé des machines, des systèmes hydrauliques et même une inquiétante tenue de scaphandrier en cuir, plusieurs siècles avant les équipements de plongée modernes.

Au verso des billets culturels, les portraits sont associés à des espaces collectifs : spectacles de rue, festival de musique, école, bibliothèque, exposition artistique ou jardin public. L’idée consiste à ne pas seulement célébrer quelques grands noms, mais aussi les lieux où la culture continue à se transmettre.

Le futur billet de 20 euros résume les dix projets de nouveaux billets

Les dix images présentées ici ne correspondent pas à dix billets qui seraient mis en circulation simultanément. Elles montrent la coupure de 20 euros de chacune des dix séries finalistes sélectionnées par la Banque centrale européenne.

Dans les cinq séries consacrées à la culture, le billet de 20 euros rend hommage à Marie Curie. Dans les cinq séries naturalistes, il représente des guêpiers d’Europe évoluant près d’un fleuve ou dans une vallée encaissée.

Ce face-à-face entre la scientifique et les oiseaux permet de comparer immédiatement les styles graphiques, les couleurs et les deux visions proposées pour renouveler l’apparence des billets en euros.

Cinq projets de billet de 20 euros avec Marie Curie

Design A : des portraits découpés autour du regard

Le projet A du Studio Joost Grootens se concentre sur les yeux, la bouche et les expressions des personnalités. Ces fragments de portraits représentent l’observation, le dialogue et la transmission culturelle.

Le visage de Marie Curie est ainsi construit à partir de plusieurs zones photographiques, dans une composition qui se situe quelque part entre le billet de banque, l’affiche moderniste et un puzzle qui aurait obtenu son diplôme aux Beaux-Arts.

Projet A de nouveau billet de 20 euros montrant un portrait fragmenté de Marie Curie


Proposition de graphisme A pour un possible futur billet de 20 euros, par le Studio Joost Grootens. Source : Banque centrale européenne.

Design C : Marie Curie entre photographie et formes géométriques

La proposition C de Neue Gestaltung GmbH associe des portraits photographiques à de grandes formes géométriques. Chaque coupure conserve une couleur dominante facilement identifiable.

Au verso, une carte de l’Europe, des constellations et des scènes culturelles contemporaines relient les personnages historiques aux Européens d’aujourd’hui.

Projet C de futur billet de 20 euros avec Marie Curie et des formes géométriques bleues
Proposition de graphisme C pour un possible futur billet de 20 euros, par Neue Gestaltung GmbH. Source : Banque centrale européenne.

Design E : une esthétique proche de la gravure scientifique

Le design E de Myrsini Vardopoulou adopte un aspect plus classique. Le portrait de Marie Curie est dessiné à la manière d’une gravure monétaire, entouré de cercles et de symboles évoquant ses recherches scientifiques.

Le résultat ressemble davantage à un billet traditionnel, tout en intégrant une composition contemporaine et des références discrètes aux travaux de chaque personnalité.

Projet E de nouveau billet de 20 euros avec un portrait gravé de Marie Curie et des symboles scientifiques


Proposition de graphisme E pour un possible futur billet de 20 euros, par Myrsini Vardopoulou. Source : Banque centrale européenne.

Design F : portraits dessinés et collages colorés

Jan Robert Dünnweller propose avec le design F une série fondée sur le collage. Des portraits dessinés à la main se superposent à des textures, des taches d’encre et des fragments graphiques.

La composition illustre la devise de l’Union européenne, « Unie dans la diversité », en réunissant des formes très différentes dans un ensemble volontairement foisonnant.

Projet F de futur billet de 20 euros avec un portrait dessiné de Marie Curie dans un collage bleu
Proposition de graphisme F pour un possible futur billet de 20 euros, par Jan Robert Dünnweller. Source : Banque centrale européenne.

Design G : un portrait central traversé de lignes

Le design G, visible en ouverture de cet article, est signé Rubio & del Amo et Cruz más Cruz. Le portrait occupe le centre du billet et semble apparaître derrière un réseau de lignes concentriques.

La structure du billet s’appuie également sur quatre blocs inspirés des lettres E, U, R et O. Marie Curie devient ici presque hypnotique : difficile de savoir si elle observe le porteur du billet ou vérifie discrètement ses comptes.

Des oiseaux et des fleuves pour raconter les paysages européens

L’autre thème suit le parcours symbolique d’un cours d’eau, depuis une source de montagne jusqu’à la mer. Chaque valeur associe un paysage à une espèce d’oiseau :

  • Le billet de 5 euros montre un tichodrome échelette (passereau de montagne) près d’une source de montagne.
  • Le billet de 10 euros représente un martin-pêcheur près d’une chute d’eau.
  • Le billet de 20 euros accueille une colonie de guêpiers d’Europe dans une vallée encaissée.
  • Le billet de 50 euros montre une cigogne blanche au-dessus des méandres d’une rivière.
  • Le billet de 100 euros représente une avocette élégante dans une vasière située près d’une embouchure.
  • Le billet de 200 euros suit un fou de Bassan au-dessus de grandes vagues marines.

Les versos de ces billets sont consacrés aux institutions européennes : Parlement, Commission européenne, Banque centrale européenne, Cour de justice, Conseil européen et Cour des comptes.

Le recours aux oiseaux pour illustrer une monnaie n’a rien d’inédit. Les pièces nationales utilisent déjà largement la faune comme symbole historique ou politique. C’est notamment le cas de la chouette antique reproduite sur la pièce grecque de 1 euro, héritée d’une monnaie frappée à Athènes il y a environ 2 500 ans.

Cinq projets avec des guêpiers d’Europe

Design B : un billet qui donne presque la fiche technique de l’oiseau

La proposition B de PunktFormStrich associe chaque espèce à son environnement, mais aussi à des informations naturalistes. Des structures horizontales traduisent graphiquement le chant de l’oiseau, tandis qu’une échelle verticale évoque sa vitesse de vol.

Sur le billet de 20 euros, les guêpiers sont accompagnés de données sur leur taille, leur poids, leur envergure et leur longévité. Voilà enfin un billet capable de financer un café tout en improvisant une petite fiche ornithologique.

Projet B de nouveau billet de 20 euros montrant des guêpiers d’Europe et des informations naturalistes
Proposition de graphisme B pour un possible futur billet de 20 euros, par PunktFormStrich. Source : Banque centrale européenne.

Design D : des guêpiers dans un paysage presque abstrait

Le projet D de Rudy Guedj et François Girard-Meunier place les oiseaux dans des paysages très graphiques, traversés par la lumière et par le mouvement de l’eau.

Les guêpiers apparaissent sous plusieurs angles, comme observés au cours d’une séance de terrain. Le billet accumule les plumes, les silhouettes, les traces et les détails, invitant son détenteur à examiner l’image comme un ornithologue.

Projet D de futur billet de 20 euros avec plusieurs guêpiers dans un paysage abstrait bleu
Proposition de graphisme D pour un possible futur billet de 20 euros, par Rudy Guedj et François Girard-Meunier. Source : Banque centrale européenne.

Design H : une illustration lumineuse et immédiatement lisible

L’Atelier Goppel-Toperngpong a choisi pour le design H une approche très illustrée. Trois guêpiers aux couleurs vives se détachent sur un paysage de rivière stylisé.

L’eau sert de fil conducteur à toute la série. Elle symbolise à la fois la diversité des milieux naturels, le mouvement et la capacité de millions d’éléments individuels à former un ensemble puissant.

Projet H de nouveau billet de 20 euros illustré avec trois guêpiers d’Europe colorés


Proposition de graphisme H pour un possible futur billet de 20 euros, par l’Atelier Goppel-Toperngpong. Source : Banque centrale européenne.

Design I : le mouvement d’un oiseau entre photographie et dessin

La designer française Isabelle Daëron place le mouvement au centre du projet I. L’oiseau, représenté seul au recto puis en groupe au verso, devient un messager entre les sociétés humaines et les milieux naturels.

La proposition mélange des motifs dessinés au feutre, des formes vectorielles, des photographies et des lignes qui rappellent le courant d’une rivière ou les battements d’ailes.

Projet I de futur billet de 20 euros avec un guêpier en vol sur un fond graphique bleu
Proposition de graphisme I pour un possible futur billet de 20 euros, par Isabelle Daëron. Source : Banque centrale européenne.

Design J : du dessin naturaliste pour suivre une rivière jusqu’à la mer

Ville Tietäväinen raconte avec le design J une véritable histoire visuelle. La coupure de 5 euros commence près d’une source de montagne, puis chaque valeur descend progressivement le cours d’une rivière jusqu’au billet de 200 euros et son paysage marin.

Le billet de 20 euros montre un guêpier dans une composition proche du carnet de voyage naturaliste. Les éléments de sécurité suivent eux aussi le parcours du fleuve et fonctionnent presque comme une petite infographie.

Projet J de nouveau billet de 20 euros avec un guêpier dessiné dans une vallée fluviale
Proposition de graphisme J pour un possible futur billet de 20 euros, par Ville Tietäväinen. Source : Banque centrale européenne.

Comment voter pour les futurs billets en euros ?

La Banque centrale européenne a ouvert une enquête en ligne consacrée aux dix graphismes finalistes. Elle est accessible aux personnes résidant en Europe jusqu’au 21 septembre 2026.

Les participants doivent examiner les différentes séries, indiquer leurs préférences et répondre à plusieurs questions sur leur lisibilité, leur aspect esthétique et leur capacité à représenter l’Europe.

Une seconde enquête est menée parallèlement par un organisme indépendant auprès d’un échantillon représentatif de la population de la zone euro. Le vote en ligne ne constitue donc pas un référendum où le graphisme arrivé en tête gagne automatiquement.

Le Conseil des gouverneurs prendra en compte les réponses du public, l’avis du jury, une évaluation technique et les contraintes liées à la fabrication des billets.

Quand les nouveaux billets en euros seront-ils mis en circulation ?

Les nouveaux billets ne seront pas mis en circulation à la fin de 2026. Cette date correspond uniquement au choix attendu du graphisme définitif.

Le projet retenu devra ensuite être affiné, adapté aux dispositifs de sécurité, testé et préparé pour une production industrielle. Il faudra également permettre aux banques, distributeurs automatiques, machines de paiement et équipements de contrôle de reconnaître les nouvelles coupures.

En juin 2026, Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, a indiqué que l’institution préparait l’émission des premières valeurs de la nouvelle série pour le début des années 2030.

Toutes les coupures ne seront pas nécessairement lancées le même jour. La précédente série, appelée « Europe », avait elle-même été introduite progressivement entre 2013 et 2019.

Pourquoi la BCE veut-elle remplacer le graphisme actuel ?

Les premiers billets en euros ont été mis en circulation en 2002. Ils représentent des fenêtres, des portes et des ponts inspirés de différentes périodes architecturales européennes, mais volontairement imaginaires afin de ne privilégier aucun pays.

La série Europe a ensuite apporté de nouveaux portraits, hologrammes et éléments de sécurité, sans transformer complètement le thème graphique d’origine.

La future série doit permettre à la BCE :

  • d’intégrer de nouveaux dispositifs contre la contrefaçon ;
  • de faciliter l’authentification des billets ;
  • d’améliorer leur utilisation par les personnes malvoyantes ;
  • d’augmenter leur durabilité ;
  • de réduire leur empreinte environnementale ;
  • de proposer des images plus représentatives de l’identité européenne actuelle.

La monnaie n’est jamais un simple support neutre. Les portraits, animaux, monuments et symboles choisis racontent toujours quelque chose du territoire qui les émet. Un billet constitue à la fois un moyen de paiement, un objet graphique et une minuscule affiche qui passe de main en main.

Les anciens billets en euros resteront-ils valables ?

Oui. La BCE précise que les billets des séries précédentes conserveront leur valeur et continueront à circuler parallèlement aux nouvelles coupures.

Le changement se fera progressivement, à mesure que les banques centrales introduiront les nouveaux billets et retireront les exemplaires usés. Il n’y aura donc pas besoin de vider précipitamment les matelas, les tirelires ou les enveloppes cachées derrière les boîtes de pâtes.

La BCE communiquera bien avant la mise en circulation sur le calendrier, les caractéristiques visuelles et les nouveaux éléments de sécurité.

Reste maintenant à savoir ce que les Européens préfèrent manipuler chaque jour : les portraits de Marie Curie et Beethoven, ou les plumes d’un martin-pêcheur et d’un fou de Bassan.

Et vous, quelle proposition choisiriez-vous ?

Sources pour aller plus loin

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