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Quelques portraits de la sulfureuse Lola Montez

Lola Montez a été danseuse, actrice, aventurière, comtesse bavaroise, conférencière et surtout l’une des célébrités les plus habiles à fabriquer sa propre légende au XIXe siècle. Née en Irlande sous le nom de Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert, elle s’est inventé une identité de danseuse espagnole avant de parcourir l’Europe, de devenir la maîtresse du roi Louis Ier de Bavière puis de poursuivre sa carrière aux États-Unis et en Australie.

Sa réputation sulfureuse repose autant sur des faits bien documentés que sur des récits amplifiés par la presse, ses biographes et parfois Lola Montez elle-même. Ses nombreux portraits, ses daguerréotypes audacieux et sa fameuse danse de l’araignée montrent aussi une femme qui avait compris très tôt qu’une célébrité ne se construisait pas uniquement sur scène : il fallait également savoir fabriquer une image que le public n’oublierait pas.

Portrait de Lola Montez peint par Joseph Karl Stieler en 1847
Portrait de Lola Montez peint par Joseph Karl Stieler en 1847 pour la Galerie des Beautés de Louis Ier de Bavière. Crédit Joseph Karl Stieler (domaine public).

À retenir

  • Lola Montez était née en Irlande sous le nom de Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert.
  • Les sources institutionnelles ne s’accordent pas sur son année de naissance : 1818 ou 1821.
  • Elle s’est fait connaître à partir de 1843 en se présentant comme une danseuse espagnole.
  • Sa liaison avec Louis Ier de Bavière a provoqué une grave crise politique à Munich en 1847-1848.
  • Sa « Spider Dance », ou danse de l’araignée, est devenue son numéro le plus célèbre.
  • Elle a été mariée au moins trois fois et a fait l’objet d’une accusation de bigamie en 1849.
  • Plusieurs de ses daguerréotypes montrent qu’elle maîtrisait remarquablement sa propre image publique.
  • Elle est morte à New York le 17 janvier 1861.

Qui était vraiment Lola Montez ?

Même son état civil résiste à une réponse parfaitement simple.

Plusieurs institutions, dont le Metropolitan Museum of Art, le Smithsonian et la National Portrait Gallery australienne, la font naître en 1818. L’Australian Dictionary of Biography retient pour sa part le 17 février 1821 à Grange, dans le comté de Sligo en Irlande.

Son nom apparaît également sous plusieurs formes : Marie ou Maria Dolores Eliza Rosanna Gilbert, Elizabeth Rosanna Gilbert, tandis que son nom de scène s’écrit normalement Lola Montez. Les variantes « Lola Montes » et « Lola Montès » sont toutefois très répandues jusque dans des publications historiques.

Ce flou n’est finalement pas très étonnant pour une femme dont une grande partie de la carrière a consisté à brouiller les pistes entre biographie et personnage public.

Portrait de Lola Montez avec un châle de dentelle


Lola Montez enveloppée dans un grand châle de dentelle. Daguerréotype, photographe inconnu. Crédit Houghton Library, Harvard University, TC-75 (domaine public).

D’Eliza Gilbert à la « danseuse espagnole » Lola Montez

En 1837, elle a épousé l’officier britannique Thomas James et l’a accompagné en Inde. Le mariage a rapidement tourné court et le couple s’est séparé.

De retour en Europe, elle a appris la danse et surtout créé un nouveau personnage : Donna Lola Montez, danseuse espagnole.

Ses débuts londoniens ont eu lieu au Her Majesty’s Theatre en juin 1843. Le subterfuge n’a pas résisté longtemps : des spectateurs l’ont reconnue comme Mrs James, l’Irlandaise qu’ils connaissaient déjà.

Lola n’a pas abandonné pour autant.

Elle a poursuivi ses spectacles sur le continent, notamment à Berlin, Varsovie et Paris. Plusieurs critiques de l’époque ont jugé sa technique de danse assez limitée, mais sa présence scénique, sa beauté et son aptitude à provoquer la curiosité ont largement compensé ce handicap.

Autrement dit, Lola Montez n’était peut-être pas la meilleure danseuse d’Europe. Elle était déjà très bonne pour faire parler de Lola Montez.

Lola Montez en 1845, portrait de la célèbre danseuse
Lola Montez en 1845, au début de sa célébrité européenne. Portrait de Jules Laure (domaine public).

Franz Liszt et les amants de Lola Montez : entre histoire et légende

Les biographies de Lola Montez lui attribuent une impressionnante quantité d’amants célèbres.

Certaines relations sont mieux documentées que d’autres. Franz Liszt figure régulièrement parmi ses liaisons, tout comme Alexandre Dujarier, copropriétaire du journal La Presse, avec lequel elle a entretenu une relation à Paris.

Dujarier est mort lors d’un duel en mars 1845.

Alexandre Dumas est également cité par plusieurs sources, mais les listes qui ajoutent ensuite souverains, artistes et écrivains à la chaîne deviennent rapidement difficiles à vérifier.

Cette accumulation participe justement au problème lorsqu’on cherche « l’histoire vraie de Lola Montez » : sa célébrité a généré suffisamment de rumeurs pour que la légende finisse parfois par prendre le pas sur les documents.

Daguerréotype de Lola Montez sous un châle de dentelle


Lola Montez photographiée sous un châle de dentelle au XIXe siècle. Daguerréotype attribué à Montgomery P. Simons ou Frederick De Bourg Richards. Crédit Houghton Library, Harvard University, TC-74 (domaine public)..

Lola Montez et Louis Ier de Bavière : une liaison devenue affaire d’État

Le véritable tournant arrive à Munich à la fin de 1846.

Lola Montez rencontre Louis Ier de Bavière, alors âgé d’une soixantaine d’années. Le roi tombe sous son charme et leur liaison devient rapidement publique.

Il lui offre une confortable position à Munich, soutient son accession à la citoyenneté bavaroise et la fait comtesse de Landsfeld le 25 août 1847.

Le problème n’est bientôt plus seulement sentimental.

Lola intervient dans la vie publique, s’entoure de partisans et bénéficie d’une influence royale qui irrite profondément les ministres, les conservateurs, une partie de la bourgeoisie et les étudiants munichois.

Plusieurs gouvernements se sont retrouvés fragilisés par la volonté du roi de la soutenir.

Caricature de Lola Montez à Munich pendant la crise de 1848
Caricature allemande de 1848 consacrée à Lola Montez et aux troubles provoqués par sa présence à Munich. Stadtarchiv München / Historischer Verein von Oberbayern (Public Domain Mark).

La révolution de 1848 et la fuite de Munich

En février 1848, la situation est devenue explosive.

Des affrontements impliquant notamment des étudiants favorables ou hostiles à Lola se sont multipliés. Louis Ier a fermé l’université de Munich, provoquant une réaction encore plus violente.

Des manifestants se sont rassemblés devant la maison de Lola Montez, Barer Straße. Le roi a finalement accepté de rouvrir l’université et lui a ordonné de quitter Munich.

Elle a fui la Bavière.

Louis Ier n’a toutefois pas abdiqué uniquement « à cause de Lola Montez ». Sa relation avec elle avait profondément affaibli son autorité, mais la crise s’est ensuite inscrite dans le mouvement révolutionnaire européen de 1848 et dans des revendications politiques beaucoup plus larges.

Le roi a abandonné la couronne en mars 1848.

Lola a donc joué un rôle majeur dans sa chute, mais elle n’a pas renversé à elle seule le royaume de Bavière d’un mouvement de jupon.

Les mariages mouvementés de Lola Montez

Sa vie conjugale n’a pas été beaucoup plus tranquille que sa carrière.

Après Thomas James, Lola a épousé en juillet 1849 le jeune officier britannique George Trafford Heald.

Problème : la dissolution de son premier mariage n’était apparemment pas juridiquement achevée.

Une procédure pour bigamie a été engagée et Lola a été arrêtée avant d’être libérée sous caution. Elle a rapidement quitté l’Angleterre avec Heald.

En Californie, elle a ensuite épousé en 1853 le journaliste et éditeur Patrick Purdy Hull. Cette troisième union a elle aussi été très brève.

Ces mariages expliquent pourquoi les recherches sur les « époux de Lola Montez » donnent une réponse moins simple qu’on pourrait l’espérer.

Lola Montez avec un châle de dentelles et des gants de cuir dans un daguerréotype vers 1851
Crédit photo inconnu (domaine public).

Lola Montez avec Alights-on-a-Cloud : un étrange daguerréotype

Parmi les portraits les plus étonnants de Lola Montez figure un daguerréotype réalisé vers 1851-1852 où elle pose bras dessus bras dessous avec un homme cheyenne généralement identifié comme Alights-on-a-Cloud, ou « Lumières sur un nuage ».

La photographie est célèbre, mais sa provenance est moins solide qu’on pourrait le croire.

Différentes sources ont attribué la prise de vue à Josiah Hawes ou au photographe Marcus Aurelius Root, tandis que Wikimedia Commons indique aujourd’hui simplement un auteur inconnu.

Le document reste en revanche un parfait exemple de la manière dont Lola utilisait la photographie.

Au lieu d’un portrait de studio conventionnel, elle apparaît dans une composition étonnante qui avait toutes les chances d’attirer l’attention et de faire circuler son nom.

Lola Montez avec Alights-on-a-Cloud dans un daguerréotype vers 1851
Lola Montez avec l’homme cheyenne identifié comme Alights-on-a-Cloud, vers 1851-1852. Auteur du daguerréotype incertain (domaine public).

La danse de l’araignée, le numéro le plus célèbre de Lola Montez

Si une seule danse reste associée à Lola Montez, c’est la Spider Dance, ou danse de l’araignée.

Le principe était simple et suffisamment suggestif pour alimenter les journaux : Lola faisait semblant de découvrir une araignée cachée dans ses vêtements et secouait frénétiquement sa jupe pour tenter de s’en débarrasser.

Elle a elle-même défendu publiquement ce numéro après les attaques de la presse australienne, affirmant qu’il s’agissait d’une danse espagnole parfaitement respectable et qu’elle n’en était pas l’inventrice.

Tout le monde n’était manifestement pas du même avis.

Lors de sa tournée australienne de 1855-1856, certains journaux ont dénoncé la danse comme indécente tandis que le public se pressait dans les salles pour voir de quoi il retournait.

L’artiste John Michael Skipper a même réalisé en 1855 un dessin de Lola exécutant la Spider Dance à Adelaide, aujourd’hui conservé à la State Library of South Australia.

La meilleure publicité de Lola a souvent été l’indignation de ceux qui voulaient empêcher le public d’aller la voir.

Lola Montez danseuse en costume de scène en 1852


Lola Montez dans le rôle de Mariquita pour le ballet Un jour de carnaval à Séville en 1852. New York Public Library (domaine public).

De l’Amérique aux champs aurifères australiens

Après l’Europe, Lola a poursuivi sa carrière en Amérique.

Elle s’est notamment produite à New York, Philadelphie et en Californie avant de prendre la direction de l’Australie en 1855.

Elle a joué à Sydney, Melbourne et Adelaide, puis dans les villes des champs aurifères de Victoria comme Ballarat, Bendigo et Castlemaine.

La Spider Dance a accompagné une bonne partie de cette tournée.

À Ballarat, une autre scène devenue célèbre a encore renforcé sa réputation : après des articles qu’elle jugeait insultants, Lola a publiquement frappé avec une cravache Henry Seekamp, rédacteur du Ballarat Times.

La tournée australienne est un bon résumé de son mode de fonctionnement : spectacle, scandale, presse hostile, confrontation… puis salles pleines.

Une femme qui avait compris très tôt le pouvoir des portraits

Lola Montez a vécu exactement au moment où la photographie devenait un nouvel outil de représentation publique.

Le daguerréotype n’avait été rendu public qu’en 1839. Quelques années plus tard, artistes, responsables politiques et célébrités avaient déjà compris ce qu’un portrait photographique pouvait apporter à leur réputation.

Lola en a fait un usage particulièrement efficace.

Sur certains portraits, elle apparaît respectable et élégante. Sur d’autres, elle joue volontairement avec les conventions.

Cette utilisation consciente de l’image annonce, plusieurs décennies avant Sarah Bernhardt et sa remarquable maîtrise de la photographie, une manière très moderne de construire une célébrité.

Et lorsque Lola pose devant l’objectif, la photographie elle-même est encore toute jeune : le premier autoportrait photographique de Robert Cornelius ne remontait qu’à une douzaine d’années auparavant.

La photographie de Lola Montez avec une cigarette

L’un de ses portraits les plus célèbres est un daguerréotype réalisé par le studio américain Southworth & Hawes.

Lola y apparaît assise, élégamment vêtue, avec une cigarette très visible à la main.

Le Metropolitan Museum of Art, qui conserve le daguerréotype, la situe aujourd’hui vers 1850.

L’image est souvent présentée comme la première photographie connue d’une femme en train de fumer. Une formulation plus prudente s’impose : la National Portrait Gallery australienne indique qu’un biographe la considère comme la plus ancienne représentation photographique d’une femme fumant, mais il n’existe pas de registre universel permettant d’en faire un record incontestable.

Elle reste néanmoins extrêmement audacieuse pour son époque.

Le contraste entre la tenue bourgeoise très respectable et la cigarette participe clairement à la force du portrait. Le détail avait son importance puisqu’il n’était pas convenable de fumer en public pour les dames et encore moins bien sûr de se faire photographier en fumant.

Lola Montez avec une cigarette dans un daguerréotype vers 1850
Lola Montez avec une cigarette, vers 1850. Daguerréotype de Southworth & Hawes, Metropolitan Museum of Art (domaine public).

Des portraits très différents d’une même Lola Montez

Les images conservées de Lola montrent à quel point son apparence publique pouvait changer.

Sur le portrait peint par Stieler, elle correspond à l’idéal romantique qui lui a ouvert les portes de la Galerie des Beautés de Louis Ier.

Sur les daguerréotypes américains, elle est parfois beaucoup plus austère.

En 1853, le photographe Thomas Martin Easterly l’a notamment représentée de profil sous un voile noir. La pose sévère contraste fortement avec les représentations de danseuse espagnole qui avaient lancé sa carrière.

Portrait de profil de Lola Montez avec un voile noir en 1853
Crédit photo inconnu (domaine public).
Lola Montez photographiée de profil sous un voile noir en 1853. Daguerréotype de Thomas Martin Easterly, Missouri History Museum (domaine public).

Ses dernières années : des planches aux conférences

À partir de la seconde moitié des années 1850, sa carrière théâtrale s’est essoufflée.

Lola Montez s’est alors tournée vers les conférences.

Elle a parlé de beauté, de femmes, de société et de morale aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Elle a également publié des textes consacrés à la beauté et à l’amour.

La transformation est étonnante : celle qui avait passé une bonne partie de sa vie à provoquer les moralistes s’est retrouvée à monter sur scène pour donner des conférences de morale.

Mais même là, Lola restait Lola : elle transformait encore son propre passé en matière première pour attirer un public.

Portrait de Lola Montez vers 1858 par le studio Meade Brothers
Portrait tardif de Lola Montez vers 1858. Meade Brothers Studio, National Portrait Gallery, Smithsonian Institution (CC0).

La mort de Lola Montez en 1861

Sa santé s’est fortement dégradée à la fin de sa vie.

Elle a notamment subi un grave accident vasculaire en 1860 qui l’a laissée temporairement paralysée.

Elle est morte à New York le 17 janvier 1861 et a été enterrée au cimetière de Green-Wood à Brooklyn.

Les récits médicaux divergent sur la chaîne exacte des causes de sa mort : plusieurs sources institutionnelles évoquent les effets de la syphilis, tandis que d’autres biographies décrivent un AVC suivi d’une pneumonie.

Une incertitude supplémentaire dans une vie où même les détails les plus simples ont souvent fini entourés de versions concurrentes.

Une célébrité qui savait fabriquer Lola Montez

Il serait facile de résumer Lola Montez à une danseuse scandaleuse accumulant les amants et les incidents.

Ce serait aussi passer à côté de ce qui la rend vraiment intéressante.

Elle a compris très tôt comment créer un personnage reconnaissable, l’entretenir dans la presse et l’adapter d’un pays à l’autre. Elle a changé de nom, de nationalité affichée, de répertoire, de métier et même de discours public sans jamais perdre l’élément central : sa propre célébrité.

Ses portraits en offrent probablement la meilleure démonstration.

La danseuse espagnole, la comtesse de Landsfeld, la femme fumant devant l’objectif, l’amie photographiée avec Alights-on-a-Cloud et la conférencière respectable semblent parfois être plusieurs personnes.

Elles sont pourtant autant de versions soigneusement construites de la même femme.

FAQ sur Lola Montez

Quel était le vrai nom de Lola Montez ?

Elle est généralement identifiée sous le nom de Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert, avec plusieurs variantes selon les sources.

Lola Montez était-elle vraiment espagnole ?

Non. Elle était née en Irlande. Elle s’est créée une identité de danseuse espagnole au début de sa carrière artistique.

Quand est née Lola Montez ?

Les sources divergent. Plusieurs grands musées et institutions retiennent 1818, tandis que d’autres biographies institutionnelles donnent 1821.

Quelle était la danse de l’araignée de Lola Montez ?

La Spider Dance était un numéro dans lequel Lola faisait semblant de découvrir une araignée dans ses vêtements puis secouait sa jupe pour la faire tomber. Son caractère jugé suggestif a provoqué de nombreuses polémiques.

Lola Montez a-t-elle été la maîtresse de Louis Ier de Bavière ?

Oui. Leur liaison est parfaitement documentée. Le roi l’a notamment faite comtesse de Landsfeld en 1847.

Lola Montez a-t-elle provoqué l’abdication de Louis Ier ?

Elle a fortement contribué à la crise politique qui a affaibli le roi, mais son abdication de mars 1848 s’inscrit également dans le contexte beaucoup plus large des révolutions européennes de 1848.

Qui étaient les époux de Lola Montez ?

Elle a épousé Thomas James en 1837, George Trafford Heald en 1849 et Patrick Purdy Hull en 1853. Son mariage avec Heald a notamment provoqué une accusation de bigamie.

La photo de Lola Montez avec une cigarette date-t-elle vraiment de 1852 ?

Le Metropolitan Museum of Art date le célèbre daguerréotype de Southworth & Hawes d’environ 1850. La date de 1852 utilisée autrefois est donc à corriger.

Quand Lola Montez est-elle morte ?

Elle est morte à New York le 17 janvier 1861 et a été enterrée au cimetière de Green-Wood à Brooklyn.

Sources pour aller plus loin

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