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Salton Sea : le lac salé de Californie devenu un cimetière de poissons

Au milieu du désert du sud de la Californie s’étend un immense lac que l’on pourrait croire installé là depuis toujours. Pourtant, la Salton Sea, parfois appelée « mer de Salton », doit sa forme actuelle à un accident hydraulique survenu en 1905. Quelques décennies plus tard, ses plages, ses poissons et ses stations balnéaires attiraient les vacanciers. Puis le décor de carte postale a commencé à se déliter.

Les images les plus célèbres montrent aujourd’hui un univers beaucoup moins accueillant : poissons morts, arbres desséchés, pontons abandonnés et rivages dont le « sable » est parfois constitué de milliers d’ossements. Mais réduire la Salton Sea à une plage macabre serait désormais trompeur. Le lac est devenu plus de deux fois plus salé que l’océan, son ancienne population de poissons s’est presque effondrée, son recul soulève un problème de poussières et d’importants travaux tentent maintenant de recréer des habitats aquatiques. Et comme si son histoire n’était pas déjà assez improbable, le sous-sol de la région contient aussi d’immenses ressources en lithium.

Tilapias morts sur une plage de la Salton Sea en Californie
Des tilapias morts reposent sur une couche constituée des squelettes de milliers d’autres poissons au bord de la Salton Sea. Crédit Photo Chris Hunkeler (CC BY-SA 2.0).

À retenir

  • La Salton Sea est le plus grand lac intérieur de Californie, long d’environ 56 km et large de 24 km au maximum.
  • La Salton Sea moderne s’est formée en 1905 après le détournement accidentel des eaux du Colorado vers la dépression de Salton.
  • Le lac n’a aucun exutoire : l’eau s’évapore mais les sels restent et se concentrent.
  • Le plan californien de long terme publié en 2024 donne une salinité supérieure à 70 parties par millier, contre environ 35 pour l’océan.
  • En août 1999, environ 7,6 millions de tilapias sont morts en une seule journée.
  • La plupart des poissons qui peuplaient autrefois le lac ont aujourd’hui disparu, tandis que plus de 400 espèces d’oiseaux ont été recensées dans la région.
  • Depuis 2025, de nouveaux bassins sont mis en eau dans le cadre d’un vaste programme de restauration qui doit également réduire les émissions de poussière.

Qu’est-ce que la Salton Sea ?

La Salton Sea se trouve dans le sud-est de la Californie, à cheval sur les comtés de Riverside et d’Imperial et à proximité de la frontière mexicaine. Elle mesure environ 35 miles de long et jusqu’à 15 miles de large, soit 56 × 24 km.

Son niveau se situe à environ 69 mètres sous celui de la mer. Ce n’est pourtant pas cette altitude négative qui constitue sa particularité la plus importante.

La Salton Sea est un lac terminal, ou lac endoréique. Aucun fleuve ne permet à son eau de rejoindre l’océan. L’eau qui entre dans le bassin ne peut essentiellement en ressortir que par évaporation.

Et lorsque l’eau s’évapore, le sel, lui, ne prend pas la poudre d’escampette.

Ce fonctionnement explique l’augmentation continuelle de la salinité qui a bouleversé son écosystème.

La Salton Sea est-elle vraiment un lac créé par accident ?

La réponse demande une petite nuance : la Salton Sea moderne est accidentelle, mais la présence d’un immense lac dans cette dépression ne l’est pas.

Pendant plusieurs milliers d’années, le Colorado a changé naturellement de cours à différentes reprises. Lorsqu’il se dirigeait vers la dépression de Salton plutôt que vers le golfe de Californie, il remplissait le bassin. Lorsque son cours changeait à nouveau, le lac privé d’alimentation finissait par s’évaporer.

L’un de ces anciens plans d’eau est aujourd’hui connu sous le nom de lac Cahuilla. Il occupait une surface nettement plus importante que la Salton Sea actuelle.

L’épisode moderne commence en 1905. Des ouvrages avaient été aménagés pour détourner une partie de l’eau du Colorado vers les terres agricoles de l’Imperial Valley. Après de fortes crues, l’eau a débordé du système d’irrigation et s’est engouffrée dans la dépression de Salton.

Le Colorado s’est alors déversé vers le bassin pendant près de deux ans avant que son cours puisse être repris sous contrôle.

Un immense lac venait de réapparaître dans le désert.

Quand la Salton Sea était le paradis touristique de la Californie

Le plus étonnant est peut-être que cette catastrophe hydraulique s’est ensuite transformée en excellente affaire touristique.

Entre les années 1940 et 1960, la Salton Sea devient une destination réputée pour la pêche sportive, la navigation et les sports nautiques. Des communautés se développent sur ses rives et les autorités introduisent différentes espèces de poissons pour alimenter une pêche particulièrement productive.

L’eau, le soleil du désert et la proximité des grandes villes de Californie du Sud font alors du lac une sorte de station balnéaire intérieure.

Le succès ne dure pas.

Des épisodes d’inondation endommagent d’abord certaines installations. Puis la dégradation de la qualité de l’eau, les odeurs, les mortalités de poissons et la hausse progressive de la salinité contribuent à éloigner les visiteurs.

Fauteuil abandonné au bord de Salton Sea


Crédit Photo mst7022 (CC BY 2.0).

Bombay Beach, du rêve balnéaire à une ville presque fantôme

Cette dégringolade reste particulièrement visible à Bombay Beach, ancienne station touristique devenue l’un des endroits les plus étranges de la Salton Sea.

Les vestiges abandonnés de l’époque balnéaire y côtoient aujourd’hui des installations artistiques. La petite localité a même acquis une seconde notoriété grâce à cette atmosphère de bout du monde, entre désert, ruines et création contemporaine.

Arbres morts dans les eaux de la Salton Sea en Californie
Des arbres morts émergent de la Salton Sea, dont le niveau et le rivage ont fortement évolué au cours des dernières décennies. Crédit Photo Daniel Mayer (CC BY-SA 3.0).

Pourquoi des millions de poissons sont-ils morts dans la Salton Sea ?

Les immenses mortalités de poissons qui ont rendu la Salton Sea célèbre ne s’expliquent pas simplement par la présence « d’engrais et de pesticides », comme on le lit parfois.

Plusieurs phénomènes se sont combinés.

Pendant des décennies, une grande partie de l’eau alimentant le lac provenait du drainage des terres agricoles des vallées voisines. Ces eaux apportaient non seulement des sels, mais aussi des nutriments comme l’azote.

Or la Salton Sea n’a pas d’exutoire. Ces substances restent donc dans le bassin tandis que l’eau s’évapore.

L’apport important de nutriments favorise également l’eutrophisation et les proliférations d’algues. Lorsque ces algues meurent et se décomposent, elles peuvent consommer une grande quantité de l’oxygène dissous dans l’eau.

Ajoutez à cela les températures très élevées du désert et une salinité croissante : les conditions peuvent devenir extrêmement difficiles pour les poissons.

7,6 millions de poissons morts en une seule journée

L’épisode le plus spectaculaire documenté par les autorités californiennes se produit en août 1999.

En une seule journée, environ 7,6 millions de tilapias meurent par manque d’oxygène, sous l’effet combiné de la chaleur, de la salinité et des algues.

À l’époque, la masse de poissons morts signalée le long de la rive nord aurait atteint environ 10 miles de long sur 3 miles de large, soit approximativement 16 × 5 kilomètres.

D’autres mortalités se produisent au fil des années et leurs victimes s’accumulent sur certaines portions du littoral.

poisson mort salton sea californie


Crédit photo Tobin (CC BY-SA 2.0).

Une plage dont le « sable » est réellement constitué d’ossements de poissons

C’est ici que les photographies de la Salton Sea deviennent particulièrement déroutantes.

Sur certaines rives, la matière claire que l’on prendrait de loin pour du sable grossier contient en réalité d’innombrables vertèbres et fragments de squelettes de poissons.

Le photographe Chris Hunkeler en a donné une illustration particulièrement parlante en 2015. Son cliché pris au bord du lac montre un sol littéralement composé de petits os issus des anciennes mortalités.

La « plage de cadavres de poissons » n’était donc pas seulement une formule spectaculaire.

Il faut toutefois éviter un contresens : les photographies montrant les rives couvertes de tilapias morts témoignent surtout des grandes mortalités des décennies précédentes. Elles ne décrivent pas l’état permanent des plages de la Salton Sea en 2026.

Vertèbres et os de poissons sur une plage de la Salton Sea
Ce qui ressemble à du sable grossier sur cette rive de la Salton Sea est constitué de vertèbres et d’autres os de poissons morts. Crédit Photo Chris Hunkeler (CC BY-SA 2.0).

Pourquoi la Salton Sea est-elle devenue plus de deux fois plus salée que l’océan ?

Le mécanisme est d’une simplicité redoutable : l’eau s’évapore, le sel reste.

Pendant une grande partie du XXe siècle, les eaux de drainage agricole ont apporté suffisamment d’eau pour entretenir le lac. Elles apportaient toutefois également des sels.

Puis les pratiques agricoles ont évolué et d’importants transferts d’eau ont réduit les volumes utilisés dans l’Imperial Valley. Moins d’eau utilisée signifie également moins d’eau de drainage terminant sa course dans la Salton Sea.

Un accord majeur conclu en 2003, le Quantification Settlement Agreement, a encore accéléré ce changement en transférant une partie des ressources en eau de la région vers d’autres usages en Californie du Sud. Les apports destinés temporairement à limiter ses effets sur le lac ont pris fin en 2017.

La Salton Sea reçoit donc moins d’eau alors que l’évaporation continue.

Dans son plan de long terme publié en 2024, l’État de Californie indique une salinité supérieure à 70 parties par millier (ppt). L’océan se situe en moyenne autour de 35 ppt.

La Salton Sea est ainsi devenue plus de deux fois plus salée que l’océan, et les modèles prévoient une poursuite de cette augmentation en l’absence de mesures correctrices.

La Californie possède d’ailleurs un autre remarquable lac terminal salé : Mono Lake et ses spectaculaires concrétions de tuf. Son histoire écologique est différente, mais le parallèle entre les deux bassins est particulièrement instructif.

Arbre mort à Salton Sea
Arbre mort à Salton Sea. Crédit Photo Dan Eckert (CC BY 2.0).

Reste-t-il encore des poissons dans la Salton Sea ?

Beaucoup moins qu’autrefois.

Au cours du XXe siècle, plusieurs espèces marines avaient été introduites dans le lac. La corvina à bouche orange, notamment, devient un poisson de sport très recherché. Les tilapias s’adaptent également avec un succès spectaculaire : leur population a été estimée à un moment à plus de 100 millions d’individus.

Mais même ces poissons particulièrement résistants ont leurs limites.

La corvina avait disparu de la Salton Sea dès 2003. Le U.S. Fish and Wildlife Service indiquait qu’en 2022, alors que le lac atteignait environ deux fois la salinité des océans, les poissons avaient presque entièrement disparu de ses eaux ouvertes.

Quelques tilapias particulièrement robustes continuaient à survivre dans les deltas, là où les cours d’eau apportent une eau moins salée. Un document fédéral de 2025 décrit encore cette population comme déclinante.

Le cas du desert pupfish (Cyprinodon macularius) est différent. Ce minuscule poisson indigène menacé ne vit plus directement dans l’eau hypersalée du lac mais subsiste dans certains deltas, canaux d’irrigation et marais périphériques.

Le paradoxe est assez sombre : les immenses mortalités de poissons sont désormais moins visibles parce que l’ancienne population de poissons elle-même s’est largement effondrée.

En reculant, le lac laisse derrière lui un nouveau problème : la poussière

L’assèchement de la Salton Sea ne concerne pas uniquement les animaux aquatiques.

Quand le niveau baisse, l’ancien fond du lac apparaît autour du rivage. Cette surface découverte, appelée playa, sèche progressivement et peut être érodée par le vent.

Des particules fines sont alors remises en suspension dans l’air.

La région connaît déjà des problèmes importants de qualité de l’air liés au désert, aux activités agricoles et à d’autres sources de particules. Les autorités craignent donc que l’exposition de nouvelles surfaces du fond du lac n’aggrave encore les épisodes de poussière, notamment les concentrations en particules PM10.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les projets actuels ne cherchent pas seulement à recréer des zones humides : maintenir ou couvrir certaines surfaces permet aussi d’empêcher leur poussière de prendre son envol.

Vue satellite montrant le recul du rivage de la Salton Sea
Une vue satellite montrant le recul du rivage de la Salton Sea et l’exposition progressive de l’ancien fond du lac. Crédit Photo NASA Earth Observatory (CC BY 2.0).

Un lac dégradé devenu essentiel pour les oiseaux

La Salton Sea réserve encore un paradoxe.

Malgré son eau de plus en plus salée et l’effondrement de sa population de poissons, elle reste l’un des grands sites ornithologiques de l’ouest des États-Unis.

Le Sonny Bono Salton Sea National Wildlife Refuge indique avoir recensé au moins 433 espèces d’oiseaux. Plus de 200 peuvent fréquenter le refuge pendant les seuls mois d’hiver.

Cette abondance s’explique notamment par la position de la Salton Sea sur la Pacific Flyway, l’un des grands corridors de migration empruntés par les oiseaux entre le nord et le sud du continent américain.

Elle s’explique aussi par une ironie écologique : au cours du XXe siècle, de nombreuses zones humides naturelles de Californie et du nord du Mexique ont disparu ou ont été fortement réduites. Le lac artificiellement entretenu par les activités humaines est ainsi devenu indispensable à des espèces qui ont perdu une partie de leurs habitats historiques.

Pélican blanc d'Amérique survolant la Salton Sea en Californie


Un pélican blanc d’Amérique en vol au-dessus de la Salton Sea. Le lac et les zones humides voisines restent une étape importante pour de nombreux oiseaux. Crédit Photo Alan Vernon (CC BY 2.0).

Peut-on encore sauver la Salton Sea ?

L’objectif n’est plus vraiment de retrouver la station balnéaire et l’immense pêcherie des années 1960.

La stratégie actuelle consiste plutôt à limiter les poussières, recréer des habitats aquatiques et préserver les fonctions écologiques essentielles alors que le lac continue de changer.

Le chantier le plus spectaculaire est le Species Conservation Habitat Project, ou SCH, aménagé à l’extrémité sud de la Salton Sea.

En 2025, ses premiers grands bassins ont été mis en eau. Le Salton Sea Program indique qu’ils ont rapidement accueilli des poissons et des milliers d’oiseaux tout en couvrant des surfaces qui auraient autrement pu devenir des sources de poussière.

Au début de 2026, environ 2 000 acres, soit quelque 810 hectares, de nouveaux bassins avaient ainsi été remplis.

Et ce n’est qu’une partie du chantier : une fois achevé, le SCH doit couvrir environ 9 500 acres, soit près de 3 850 hectares.

À l’échelle de la Salton Sea, le programme californien prévoit la réalisation de projets de restauration d’habitats et de lutte contre la poussière sur environ 29 800 acres, soit plus de 12 000 hectares, dans le cadre de son plan de dix ans.

Une nouvelle Salton Sea Conservancy en 2026

Un nouvel acteur est également entré en scène.

Le 15 avril 2026, la Californie a annoncé le lancement de la Salton Sea Conservancy. Cette nouvelle structure doit notamment prendre en charge à long terme l’exploitation et l’entretien des projets terminés autour du lac.

Cela permet au Salton Sea Management Program de continuer à se concentrer sur la réalisation de nouveaux habitats et de nouvelles opérations de lutte contre les poussières.

Il serait donc excessif d’écrire que « la Salton Sea est morte ». Son ancien écosystème s’est largement effondré, mais un nouvel ensemble de milieux contrôlés est désormais en cours de création autour du lac.

Pourquoi parle-t-on maintenant de « Lithium Valley » ?

Sous cette catastrophe écologique se cache une autre ressource particulièrement convoitée.

Le sous-sol de la région de la Salton Sea contient des saumures géothermales très riches en lithium. Elles sont présentes en profondeur dans le Salton Sea Known Geothermal Resource Area et sont déjà exploitées pour produire de l’énergie géothermique.

Il ne faut toutefois pas imaginer des industriels filtrant directement l’eau du lac : le lithium recherché se trouve dans des saumures souterraines profondes, et non dans l’eau de la Salton Sea elle-même.

Le principe de l’extraction directe du lithium consiste à pomper cette saumure très chaude, récupérer son énergie puis en extraire le lithium avant de réinjecter le fluide dans le sous-sol.

La California Energy Commission présente la région comme abritant l’un des plus importants gisements de lithium au monde. Son programme « Lithium Valley » estime que son développement pourrait fournir chaque année le lithium nécessaire à plusieurs millions de batteries de véhicules électriques.

Les estimations varient selon les hypothèses de développement : la présentation publique de la Lithium Valley évoque environ 5 millions de batteries de véhicules électriques par an, tandis que d’autres évaluations techniques de la CEC donnent un potentiel théorique encore supérieur si la ressource était entièrement développée.

Le futur de la Salton Sea pourrait donc se jouer à la fois à sa surface, avec la restauration écologique, et plus d’un kilomètre sous terre avec le lithium.

Un scénario difficile à inventer, même en mélangeant catastrophe environnementale, western et transition énergétique.

Peut-on visiter la Salton Sea aujourd’hui ?

Oui, et le site reste accessible aux visiteurs.

Le Salton Sea State Recreation Area longe environ 14 miles, soit 22 km, de la rive nord-est. Le parc reste fréquenté pour l’observation des oiseaux, la photographie, la randonnée, le camping et la découverte du paysage désertique.

La meilleure période se situe entre octobre et mai, avec des températures généralement comprises entre environ 10 et 21 °C. De juin à septembre, elles peuvent atteindre environ 46 °C. Le désert californien n’est pas spécialement réputé pour sa climatisation naturelle.

Au 9 août 2026, California State Parks indique un tarif journalier de 7 dollars par véhicule. Le parc est ouvert mais certaines installations restent affectées par le recul du lac : le camping de Mecca Beach est temporairement fermé pour travaux et Varner Harbor demeure fermé à l’accès des bateaux.

Ces informations pouvant évoluer, mieux vaut vérifier le site officiel de California State Parks avant un déplacement.

Le parc se trouve à environ 30 miles, soit 48 km, au sud d’Indio par la Highway 111. California State Parks estime le trajet à environ trois heures depuis les secteurs de Los Angeles ou San Diego.

Bombay Beach constitue une autre étape intéressante sur la rive orientale, tandis que le Sonny Bono Salton Sea National Wildlife Refuge, au sud du lac, est l’un des meilleurs secteurs pour comprendre son importance ornithologique.

Pour continuer à explorer les bizarreries californiennes, on change complètement d’ambiance avec Glass Beach et son rivage couvert de verre poli ou avec Pfeiffer Beach et sa spectaculaire arche rocheuse de Big Sur.

La Salton Sea, un désastre qui continue de se transformer

L’histoire de la Salton Sea tient presque du résumé accéléré des relations compliquées entre l’homme et son environnement.

Le Colorado remplit accidentellement le bassin en 1905. Le nouveau lac devient ensuite une destination touristique et l’une des pêcheries les plus productives de la région. L’agriculture contribue à maintenir son niveau, tout en lui apportant sels et nutriments. Puis les apports diminuent, le lac rétrécit et sa salinité grimpe jusqu’à devenir incompatible avec la plupart des poissons qui y vivaient.

Les millions de poissons morts et les plages de squelettes restent les images les plus spectaculaires de cette transformation. Mais elles ne constituent désormais qu’un chapitre de l’histoire.

Aujourd’hui, la question est différente : comment gérer un immense lac qui ne peut plus rester ce qu’il était, tout en évitant que son assèchement ne transforme une crise écologique en problème sanitaire ?

Les milliers d’hectares de nouveaux habitats en construction montrent qu’une nouvelle Salton Sea est peut-être en train de prendre forme. Elle ne ressemblera probablement jamais à la Riviera du désert des années 1960.

Vu le passé du lieu, mieux vaut d’ailleurs se méfier de ceux qui prétendent savoir exactement à quoi elle ressemblera dans cinquante ans.

Vidéo du lac

Alors qu’au Japon on trouve des plages de sable fait d’exosquelettes de foraminifères, ici ce sont des cadavres de poissons. Voici une petite vidéo aérienne par drone de ce lac à la plage qui pourrait paraître idyllique:

Sources pour aller plus loin

California Natural Resources Agency – Salton Sea Long-Range Plan
Salton Sea Program – projets de restauration et de lutte contre la poussière
Salton Sea Program – bilan 2026 et Species Conservation Habitat Project
Salton Sea Program – Salton Sea Conservancy
California Legislative Analyst’s Office – The Salton Sea: A Status Update
U.S. Fish & Wildlife Service – faune du Sonny Bono Salton Sea National Wildlife Refuge
California Department of Fish and Wildlife – Salton Sea Program
California Energy Commission – Lithium Valley Vision
California Energy Commission – lithium des saumures géothermales de la Salton Sea
California State Parks – Salton Sea State Recreation Area

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