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Voici à quoi ressemble un squelette de hérisson

Sous ses milliers de piquants et sa silhouette toute ronde, le hérisson cache un squelette beaucoup plus classique qu’on pourrait l’imaginer. Une fois débarrassé de son impressionnant manteau, ce petit mammifère révèle un crâne allongé, une colonne vertébrale bien visible et surtout des pattes qui paraissent soudain beaucoup moins minuscules.

Et première surprise en découvrant un squelette de hérisson : les fameux piquants n’en font pas partie. Ce ne sont pas des os, mais des poils profondément modifiés et durcis par la kératine, implantés dans la peau. Un squelette complètement nettoyé ne ressemble donc pas à une petite pelote d’épingles montée sur quatre pattes.

Anatomie du squelette d’un hérisson européen
Vue du squelette d’un hérisson européen. Crédit photo Ryan Somma (CC BY-SA 2.0).

À retenir

  • Les piquants du hérisson ne font pas partie de son squelette : ce sont des poils modifiés constitués de kératine.
  • Un hérisson européen porte plusieurs milliers de piquants, souvent estimés entre 5 000 et 7 000.
  • Contrairement à une idée reçue, le hérisson peut dresser ses piquants.
  • Il se roule en boule grâce à un système de muscles spécialisés qui resserrent son manteau épineux autour de sa tête, de ses pattes et de son ventre.
  • Le porc-épic ne « lance » pas non plus ses piquants : chez certaines espèces, ils se détachent simplement très facilement au contact.
  • Un hérisson européen adulte possède généralement 36 dents.

À quoi ressemble le squelette d’un hérisson ?

Vu sans sa peau, un hérisson perd immédiatement une bonne partie de son allure de boule sur pattes.

Le spécimen photographié ci-dessus appartient à l’espèce Erinaceus europaeus, le hérisson européen. Il mesure environ 25 cm sur son support, une taille cohérente avec celle de l’animal.

Son squelette montre notamment :

  • un crâne assez allongé ;
  • une colonne vertébrale nettement arquée ;
  • une cage thoracique compacte ;
  • quatre membres parfaitement développés ;
  • un bassin relativement étroit.

Ce qui donne au hérisson vivant son aspect rond vient donc beaucoup de la peau, des muscles, de la fourrure et surtout du manteau de piquants.

La différence entre l’animal extérieur et sa structure interne rappelle l’étonnant squelette du poisson porc-épic : deux animaux hérissés, mais deux anatomies qui n’ont pratiquement rien à voir.

Les piquants du hérisson ne sont pas des os

C’est probablement la confusion la plus amusante lorsque l’on voit certaines préparations de taxidermie.

Un squelette entouré de piquants peut donner l’impression que ceux-ci poussent directement depuis les os.

Pas du tout.

Les piquants sont des poils spécialisés constitués principalement de kératine, la même famille de protéines que l’on retrouve notamment dans nos cheveux et nos ongles.

Chaque piquant pousse depuis un follicule situé dans la peau. Chez le hérisson européen, on en compte plusieurs milliers.

La photographie suivante permet de comprendre immédiatement leur position : la peau et son manteau hérissé sont séparés du squelette.

Peau à piquants et squelette de hérisson montrant comment les piquants recouvrent les os


Peau conservée avec ses piquants et squelette d’un hérisson au Horniman Museum de Londres. Crédit photo Cmglee (CC BY-SA 3.0).

Cette image est presque une vue éclatée de hérisson : le châssis d’un côté, la carrosserie piquante de l’autre.

Comment le hérisson arrive-t-il à se rouler en boule ?

Là encore, son squelette ne fait pas tout le travail.

Le hérisson possède sous sa peau un ensemble de muscles particulièrement adaptés à sa défense. Une large couche musculaire, le panniculus carnosus, participe à l’enroulement du corps.

Un autre muscle, l’orbiculaire, resserre le bord du manteau de piquants.

Son fonctionnement est souvent comparé à celui du cordon d’une bourse : lorsque le hérisson se contracte, la peau hérissée se referme autour des parties vulnérables.

La tête, les pattes et le ventre disparaissent alors à l’intérieur.

Et plus l’animal se roule fermement, plus ses piquants présentent leurs pointes vers l’extérieur.

Une radiographie de hérisson parmi celles réalisées sur les animaux du zoo de l’Oregon permet d’ailleurs d’observer ses os sans lui retirer son enveloppe extérieure.

Squelette complet d’un hérisson européen
Squelette monté d’un hérisson européen (Erinaceus europaeus) provenant des collections zoologiques de l’Université Pierre-et-Marie-Curie à Paris. Crédit photo Thesupermat (CC BY-SA 4.0).

Oui, le hérisson peut dresser ses piquants

On lit parfois que le hérisson ne peut pas dresser ses piquants.

C’est faux.

Chaque piquant pousse depuis un follicule auquel est associé un petit muscle. Lorsqu’un hérisson se sent menacé, ces muscles permettent la piloérection : autrement dit, les piquants se redressent.

Le mécanisme prend encore plus d’ampleur lorsque l’animal se roule en boule.

Les piquants du hérisson ne sont par ailleurs ni barbelés ni conçus pour se détacher facilement. Ils forment surtout une armure défensive.

Et non, le porc-épic ne lance pas ses piquants

Une autre idée reçue : le porc-épic aurait la capacité de projeter ses piquants.

Lui non plus n’a pas débloqué l’option « tir à distance ».

Chez certaines espèces de porc-épics, les piquants sont simplement beaucoup plus lâchement attachés à la peau. Lorsqu’un prédateur entre en contact avec eux, ils peuvent se détacher et rester plantés.

Le Smithsonian rappelle explicitement que les porc-épics ne peuvent ni tirer ni lancer leurs piquants.

C’est également vrai pour le coendou, cet étonnant porc-épic arboricole d’Amérique du Sud : il peut hérisser ses piquants pour paraître plus imposant, mais pas transformer sa queue en mitrailleuse.

La nature a inventé beaucoup de systèmes défensifs étranges. Le lance-piquants attend toujours son brevet.

Des pattes plus grandes qu’on ne l’imagine

C’est peut-être le détail qui surprend le plus lorsqu’on regarde le squelette.

Sur un hérisson vivant, les pattes semblent minuscules. Le ventre paraît presque frôler le sol et tout le corps donne l’impression d’être monté sur quatre petits pieds.

Une fois la peau et les piquants retirés, les membres apparaissent beaucoup plus nettement.

Ils étaient simplement largement dissimulés sous la silhouette extérieure.

Le hérisson n’est donc pas réellement une boule équipée de quatre roulettes, même si son allure lorsqu’il traverse rapidement une pelouse peut parfois laisser planer le doute.

Un petit crâne avec 36 dents

L’autre surprise se trouve à l’avant du squelette.

Le hérisson possède un crâne relativement allongé, cohérent avec son museau pointu. Une étude anatomique récente portant sur le crâne du hérisson européen indique que l’adulte possède généralement 36 dents.

Cette dentition accompagne un régime alimentaire très varié, dans lequel les invertébrés occupent une place importante.

Vu de l’extérieur, on remarque surtout le petit nez noir.

Vu sous forme de squelette, l’ensemble paraît soudain nettement plus équipé.

Illustration ancienne du squelette d’un hérisson européen


Illustration anatomique d’un squelette de hérisson européen publiée en 1894 dans un ouvrage d’histoire naturelle. Auteur inconnu, via Wikimedia Commons (domaine public).

Un hérisson sans ses piquants reste finalement très mammifère

Ce squelette paraît étrange surtout parce que nous connaissons presque toujours le hérisson caché sous son épais manteau.

Une fois cette enveloppe retirée, il reste une architecture de petit mammifère beaucoup moins extravagante : un crâne, une colonne, quatre membres et une cage thoracique.

C’est donc essentiellement la peau et son extraordinaire système de piquants et de muscles qui fabriquent la silhouette que nous connaissons.

Le hérisson était déjà une boule épineuse assez réussie.

Découvrir ce qu’il y a sous le capot ne gâche finalement rien au modèle.

Sources pour aller plus loin

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