Macracantha arcuata est une étonnante araignée d’Asie dont l’allure suffit à provoquer un léger mouvement de recul chez bien des arachnophobes. Avec son abdomen vivement coloré et ses longues pointes recourbées qui ressemblent à des cornes, elle fait partie de ces animaux dont le physique paraît presque exagéré.
Surnommée araignée à cornes de Thaïlande, elle n’est pourtant pas limitée à ce seul pays. On la rencontre plus largement en Asie du Sud et du Sud-Est, et malgré son apparence spectaculaire, elle n’est pas connue pour représenter un danger médical important pour l’être humain.
Macracantha arcuata, parfois appelée araignée à cornes de Thaïlande, reconnaissable à ses longues épines abdominales recourbées. Crédit photo Rushen (CC BY-SA 2.0).
À retenir
- Macracantha arcuata est une araignée de la famille des Araneidae, celle des araignées orbitèles.
- Ses fameuses « cornes » sont en réalité de longues épines abdominales.
- L’espèce est présente en Inde, au Sri Lanka, en Chine, au Myanmar, en Thaïlande, au Cambodge et en Indonésie.
- Le genre Macracantha comprend aujourd’hui au moins deux espèces reconnues, Macracantha arcuata et Macracantha hasselti.
- Elle n’est pas connue pour représenter un danger médical notable pour l’homme.
Macracantha arcuata, une petite araignée aux immenses « cornes »
Chez Macracantha arcuata, le détail le plus spectaculaire se trouve à l’arrière de l’abdomen. Les deux longues structures latérales ne sont pas de véritables cornes mais des épines abdominales extrêmement développées, surtout chez les femelles.
Le contraste entre la petite taille du corps et la longueur de ces épines donne à l’animal une silhouette très inhabituelle. Une étude taxonomique publiée en 2021 dans ZooKeys confirme notamment l’importance de la forme des épines abdominales pour distinguer les différentes espèces de Gasteracanthinae en Thaïlande.
Ces pointes sont bien plus développées que celles de Micrathena sagittata, l’araignée Pikachu, une autre araignée épineuse à l’allure étonnante.
Macracantha arcuata photographiée dans le parc national de Khao Sok, en Thaïlande. Crédit photo Totoff51773559 (CC BY-SA 4.0).
À quoi servent les longues épines de cette araignée ?
Le rôle exact de ces épines n’est pas entièrement établi.
Elles pourraient participer à la défense contre certains prédateurs en donnant à l’araignée une apparence plus difficile à saisir ou à avaler. Leur forme pourrait aussi jouer un rôle de dissuasion visuelle.
Il vaut cependant mieux présenter cette fonction comme une hypothèse plutôt que comme un mécanisme démontré. La couleur du corps varie elle aussi fortement selon les individus, du jaune à l’orange, au rouge ou à des teintes beaucoup plus claires.
Dans un tout autre registre visuel, Thwaitesia, l’araignée miroir mise sur des reflets métalliques tandis que l’araignée paon utilise ses couleurs lors de parades spectaculaires.
Femelle de Macracantha arcuata photographiée dans le parc national de Gunung Mulu, en Malaisie. Crédit photo Bernard DUPONT (CC BY-SA 2.0).
Où vit l’araignée à cornes Macracantha arcuata ?
Le World Spider Catalog donne actuellement une répartition couvrant l’Inde, le Sri Lanka, la Chine, le Myanmar, la Thaïlande, le Cambodge et l’Indonésie.
L’expression « araignée à cornes de Thaïlande » reste donc pratique, notamment parce que l’espèce y est bien documentée et facilement associée à ce pays, mais elle ne résume pas toute son aire de répartition.
Macracantha arcuata fréquente notamment des milieux forestiers où elle construit une toile orbiculaire pour capturer ses proies. Ce mode de chasse la rapproche d’autres Araneidae asiatiques aux silhouettes étranges.
Parmi elles, Poltys mouhoti, l’araignée feuille, adopte une stratégie très différente : son corps est spécialisé dans le camouflage plutôt que dans l’intimidation.
Macracantha arcuata, araignée orbitèle asiatique reconnaissable à ses longues épines abdominales. Crédit photo Gee (CC BY 2.0).
Macracantha arcuata est-elle dangereuse pour l’homme ?
Son apparence est spectaculaire, mais Macracantha arcuata n’est pas connue comme une araignée présentant un danger médical important pour l’être humain.
Comme les autres araignées, elle utilise du venin pour maîtriser de petites proies, principalement des arthropodes capturés dans sa toile. Cela ne signifie pas qu’il faut la manipuler, mais son aspect inquiétant ne correspond pas à une réputation particulière de morsures dangereuses.
C’est un bon exemple de la différence entre apparence et risque réel, un contraste que l’on retrouve aussi chez l’araignée-scorpion, ou amblypyge, un autre arachnide beaucoup plus impressionnant visuellement que dangereux.
Macracantha arcuata photographiée dans le parc national de Lawachara, au Bangladesh. Crédit photo Shafquat Ameen (CC BY-SA 4.0).
Macracantha arcuata n’est plus la seule espèce de son genre
La première version de cet article indiquait que Macracantha arcuata était l’unique espèce connue du genre Macracantha. Cette information n’est plus à jour.
Une révision taxonomique publiée en 2021 a transféré Gasteracantha hasselti dans le genre Macracantha. Le World Spider Catalog reconnaît désormais notamment Macracantha arcuata et Macracantha hasselti.
Macracantha arcuata conserve néanmoins le statut d’espèce type du genre.
Macracantha arcuata photographiée en Asie du Sud-Est. Crédit photo Gido (CC BY 2.0).
Vidéo de Macracantha arcuata
Voici une petite vidéo montrant Macracantha arcuata, l’araignée à cornes de Thaïlande, filmée par David Weiler :
Sources pour aller plus loin
- World Spider Catalog — Macracantha arcuata
- World Spider Catalog — genre Macracantha
- ZooKeys — A review of the taxonomy of spiny-backed orb-weaving spiders of the subfamily Gasteracanthinae in Thailand
- Wikimedia Commons — Macracantha arcuata






Aussi spectaculaire l’araignée à cornes mais elle fait penser à un petit diablotin