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Thwaitesia, l’araignée miroir au corps couvert d’éclats argentés

Thwaitesia est un genre de minuscules araignées surnommées araignées miroir, car leur abdomen semble recouvert de petits fragments brillants, comme des morceaux de verre, des paillettes ou un vitrail vivant.

On croirait parfois voir un bijou posé sur une feuille. Pourtant, il s’agit bien d’un arthropode de la classe des arachnides, généralement long de quelques millimètres seulement. L’effet visuel vient de plaques réfléchissantes situées sur l’abdomen, capables de donner à l’animal une apparence argentée, dorée ou multicolore selon la lumière, l’espèce et l’angle de vue.

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the world up close par teejaybee (CC BY-NC-ND 2.0).

À retenir

Les araignées miroir appartiennent au genre Thwaitesia, dans la famille des Theridiidae, celle des araignées à toile irrégulière ou “comb-footed spiders”. Elles sont connues pour leurs plaques argentées réfléchissantes, probablement composées de guanine, une substance que plusieurs araignées utilisent pour produire des reflets clairs. Selon l’état de l’animal, ces plaques peuvent sembler s’étendre ou se rétracter, révélant davantage les couleurs de l’abdomen.

Une araignée minuscule qui ressemble à un miroir vivant

L’araignée miroir n’impressionne pas par sa taille. Beaucoup d’espèces de Thwaitesia mesurent seulement 3 à 4 millimètres. À l’œil nu, elle peut passer inaperçue ; en macrophotographie, elle devient spectaculaire.

Son abdomen porte des zones réfléchissantes qui lui donnent cet aspect de mosaïque brillante. Chez certains individus, ces plaques semblent presque recouvrir tout le dos. Chez d’autres, elles apparaissent comme de petits éclats séparés, laissant voir du rouge, du jaune, du vert ou du brun en dessous.

Moins intimidante que l’araignée à cornes de Thaïlande, l’araignée miroir joue dans une autre catégorie : celle des arachnides si étranges qu’ils ressemblent à des créations de joaillier. Une joaillerie à huit pattes, certes, mais personne n’est parfait.

RW Walton Bridge Reserve, The Gap, Brisbane


Theridiidae Thwaitesia nigronodosa par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Thwaitesia argentiopunctata, l’une des espèces les plus connues

Parmi les espèces souvent associées au nom “araignée miroir”, Thwaitesia argentiopunctata est l’une des plus célèbres. Elle est aussi appelée en anglais mirror spider, sequined spider ou silver dewdrop spider. Son nom évoque bien son apparence : un petit abdomen ponctué d’éclats argentés.

Cette espèce a été décrite en 1916 par l’arachnologue australien William Joseph Rainbow. Elle est généralement donnée comme australienne, avec des observations rapportées dans plusieurs régions du pays. D’autres espèces proches, comme Thwaitesia nigronodosa, sont également photographiées en Australie, notamment dans le Queensland.

Il faut donc rester précis : toutes les images d’“araignée miroir” ne montrent pas forcément Thwaitesia argentiopunctata. Beaucoup sont seulement identifiées comme Thwaitesia sp., ce qui signifie que le genre est reconnu, mais pas l’espèce exacte.

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Theridiidae > Thwaitesia par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Des plaques brillantes probablement faites de guanine

Les taches réfléchissantes de l’araignée miroir sont souvent décrites comme des plaques de guanine. La guanine est un composé cristallin utilisé par plusieurs animaux pour produire des reflets blancs, argentés ou irisés. Chez certaines araignées, elle intervient dans la coloration claire du corps.

Chez Thwaitesia, ces plaques donnent un effet très particulier : elles réfléchissent la lumière comme des fragments métalliques. Selon l’éclairage, l’araignée peut passer d’un aspect argenté uniforme à une surface plus éclatée, presque comme si les petits miroirs de son abdomen changeaient de taille.

Des photographes naturalistes ont observé ce phénomène sur plusieurs individus : lorsque l’araignée est au repos, les plaques peuvent paraître plus larges ; lorsqu’elle est dérangée ou en mouvement, elles semblent parfois se réduire, laissant davantage apparaître les couleurs de l’abdomen. La mécanique exacte reste encore peu documentée, mais le résultat visuel est spectaculaire.

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Comb-Footed Spider (Thwaitesia sp.) par Bernard DUPONT (CC BY-SA 2.0).

À quoi servent ces reflets ?

La fonction exacte de ces plaques réfléchissantes n’est pas encore parfaitement établie. Une hypothèse probable est le camouflage. Dans la végétation humide, sous les feuilles ou près des lignes de lumière, des reflets argentés peuvent casser la silhouette de l’animal et le rendre plus difficile à repérer.

Certaines espèces de Thwaitesia vivent dans les forêts, les marges de forêt ou les zones de végétation dense. Les reflets de leur abdomen pourraient imiter des gouttes d’eau, des fragments de lumière ou des surfaces brillantes présentes dans leur environnement. Un prédateur qui cherche une petite araignée a alors devant lui un minuscule éclat de lumière difficile à interpréter.

Dans un autre registre de camouflage très efficace, Poltys mouhoti, l’araignée feuille, mise sur la discrétion végétale plutôt que sur le miroir miniature. Chez les araignées, il y a visiblement plusieurs écoles pour éviter de finir au menu.

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Thwaitesia par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Une araignée de la famille des Theridiidae

Les Thwaitesia appartiennent à la famille des Theridiidae, une grande famille d’araignées comprenant notamment les araignées à toile irrégulière. Elles ne construisent pas les grandes toiles géométriques des épeires, mais plutôt des réseaux plus désordonnés, parfois sous les feuilles ou dans la végétation.

Comme les autres araignées, elles sont des prédatrices. Leur petite taille les destine surtout à capturer de petits insectes ou autres arthropodes pris dans leur toile. Rien à voir avec ces araignées capables de capturer des chauves-souris ou avec les araignées qui mangent parfois des serpents. Thwaitesia joue plutôt la carte du bijou discret et du piège miniature.

Pour l’humain, ces araignées ne représentent pas de danger connu. Leur principale menace, finalement, est plutôt de déclencher une envie irrépressible de sortir l’objectif macro.

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Theridiidae > Thwaitesia par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Où trouve-t-on les araignées miroir ?

Le genre Thwaitesia regroupe plusieurs espèces réparties dans différentes régions tropicales ou subtropicales du monde. Des espèces sont signalées en Amérique, en Afrique, en Asie et en Océanie. Les photographies les plus populaires montrent souvent des individus d’Australie, de Singapour ou d’Asie du Sud-Est.

L’espèce Thwaitesia nigronodosa, par exemple, a été décrite du Queensland, en Australie, et elle est associée à des habitats de forêt humide ou de marges forestières. Thwaitesia argentiopunctata est également une espèce australienne. D’autres Thwaitesia vivent en Inde, au Sri Lanka, en Chine, au Vietnam, en Afrique ou en Amérique tropicale selon les espèces.

La prudence est donc utile : parler de “l’araignée miroir” comme d’une seule espèce unique est pratique, mais un peu trompeur. Il vaut mieux voir Thwaitesia comme un petit groupe d’araignées brillantes, dont plusieurs espèces partagent ce look de boule disco naturelle.

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Theridiidae > Thwaitesia par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Un arachnide qui change le regard sur les araignées

Les araignées souffrent souvent d’une mauvaise réputation : pattes trop longues, déplacement rapide, coins sombres, imagination en roue libre. L’araignée miroir prend le contrepied de cette image. Elle est petite, délicate, colorée, presque ornementale.

Elle rejoint ainsi d’autres araignées capables de surprendre par leur beauté ou leur comportement, comme l’araignée paon et sa cape colorée, ou les araignées sauteuses révélées par la macrophotographie. De près, le monde des arachnides est souvent moins cauchemardesque qu’on l’imagine, et beaucoup plus inventif visuellement.

Cela ne signifie pas qu’il faut les prendre dans la main pour vérifier. Les admirer sur une feuille, avec un appareil photo et un peu de distance, reste une excellente politique diplomatique.

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Theridiidae > Thwaitesia par Robert Whyte (CC BY-NC-ND 2.0).

Vidéo d’une araignée miroir

Si, du fait de sa petite taille, Thwaitesia n’a rien d’un monstre de film d’horreur, elle n’en reste pas moins un prédateur efficace. Elle rejoint ces araignées qui surprennent autant par leur apparence que par leur comportement, comme l’araignée paon et sa cape colorée ou les araignées sauteuses révélées en macrophotographie. Démonstration dans cette vidéo, où une araignée miroir a pris une abeille dans sa toile :

Sources pour aller plus loin

World Spider Catalog — Thwaitesia, genre décrit par O. Pickard-Cambridge en 1881 et liste taxonomique des espèces
World Spider Catalog — Thwaitesia nigronodosa, fiche taxonomique de l’espèce décrite par Rainbow en 1912
Arachne.org.au — Thwaitesia nigronodosa, description, habitat au Queensland et hypothèse de camouflage par reflets
Australian Geographic — Australia’s mirror spiders, présentation des Thwaitesia et de leurs reflets argentés
iNaturalist — Thwaitesia argentiopunctata, observations et noms courants de l’espèce
Nicky Bay — Transformation of the Mirror Spider, observation photographique des plaques réfléchissantes chez Thwaitesia sp.
The Agnarsson Lab — Thwaitesia, fiche de genre dans les Theridiidae

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