Aller au contenu

40 portraits d’Amérindiens du début du XXe siècle par Edward S. Curtis

Au début du XXe siècle, le photographe américain Edward S. Curtis a consacré une grande partie de sa vie à documenter les peuples autochtones d’Amérique du Nord. Son immense projet, The North American Indian, reste l’un des ensembles photographiques les plus célèbres — et les plus discutés — consacrés aux Amérindiens.

40 portraits d’Amérindiens du début du XXe siècle par Edward S. Curtis

Ces 40 portraits d’Amérindiens montrent des visages, des vêtements, des coiffes, des regards et des détails saisis dans un contexte historique très particulier. Ils ne sont pas de simples images anciennes : ils appartiennent à une entreprise documentaire gigantesque, mais aussi à une époque où le regard occidental sur les peuples autochtones était souvent chargé de mise en scène, de romantisme et d’idées aujourd’hui à questionner.

À retenir

Edward Sheriff Curtis est né en 1868 et mort en 1952. Photographe installé à Seattle, il est surtout connu pour son projet monumental The North American Indian, publié entre 1907 et 1930.
En 1906, le financier J. P. Morgan lui apporte un soutien de 75 000 dollars pour produire une vaste série consacrée aux peuples autochtones d’Amérique du Nord. Le projet devait comprendre 20 volumes, des portfolios et environ 1 500 photographies.
Curtis aurait réalisé plus de 40 000 photographies, enregistré des chants et des langues autochtones sur cylindres de cire, et travaillé auprès de nombreuses nations. Mais son œuvre est aussi critiquée pour ses mises en scène et sa vision parfois idéalisée d’un monde autochtone supposé “disparaître”.

Edward S. Curtis, un photographe au projet colossal

Edward S. Curtis n’a pas seulement réalisé quelques portraits en studio. Il a voulu produire une sorte d’archive visuelle et ethnographique des peuples autochtones d’Amérique du Nord, à une époque où leurs cultures étaient profondément bouleversées par la colonisation, les déplacements forcés, les politiques d’assimilation et la destruction de nombreux modes de vie traditionnels.

Son œuvre la plus connue, The North American Indian, est publiée en 20 volumes entre 1907 et 1930. Chaque volume associe texte, photographies et photogravures. L’ambition était énorme : documenter des communautés, des cérémonies, des vêtements, des habitats, des récits, des langues et des portraits. Bref, pas vraiment le petit album photo qu’on termine un dimanche après-midi avec un café tiède.

Grâce au financement de J. P. Morgan, Curtis a pu embaucher des assistants et poursuivre son travail pendant des années. Mais les fonds étaient destinés au terrain, pas à lui assurer une vie confortable : le projet l’a épuisé financièrement et personnellement.

Des portraits puissants, mais pas neutres

Les portraits amérindiens de Curtis sont célèbres pour leur intensité. Les visages sont souvent isolés, les poses très travaillées, les arrière-plans sobres, les contrastes marqués. Beaucoup d’images donnent une impression de dignité silencieuse, presque intemporelle.

Mais il faut les regarder avec prudence. Curtis cherchait souvent à représenter ce qu’il percevait comme une culture traditionnelle en train de disparaître. Pour cela, il a parfois demandé à ses sujets de poser avec des vêtements ou des objets précis, et certaines scènes ont été arrangées pour correspondre à une vision plus romantique qu’exactement quotidienne.

C’est précisément ce mélange qui rend son travail important : il est à la fois un document historique précieux et une construction visuelle. Les images montrent des personnes réelles, mais elles reflètent aussi les choix du photographe, les attentes de son époque et le marché éditorial auquel l’œuvre était destinée.

Pourquoi ces photos d’Amérindiens restent importantes

Malgré leurs limites, les photographies de Curtis ont conservé une grande valeur. Elles ont contribué à préserver des portraits, des détails vestimentaires, des gestes, des objets et parfois des informations culturelles qui auraient pu être encore plus dispersés.

Son travail ne doit donc être ni idolâtré naïvement, ni rejeté en bloc. Il faut le lire comme une archive complexe : utile, belle, parfois problématique, mais incontournable dans l’histoire de la photographie consacrée aux peuples autochtones d’Amérique du Nord.

Dans le même esprit, 2tout2rien a déjà présenté des masques amérindiens du début du XXe siècle par Edward S. Curtis, autre témoignage visuel issu de cette période.

Amérindiens, Indiens d’Amérique, peuples autochtones : quels mots employer ?

Le terme “Amérindiens” reste courant en français, tout comme l’expression historique “Indiens d’Amérique”. Cette dernière est encore très recherchée, mais elle vient d’une appellation ancienne et imprécise.

Pour parler de manière plus juste, on peut employer peuples autochtones d’Amérique du Nord, ou nommer directement les nations concernées quand elles sont identifiées. Dans cet article, les termes “Amérindiens” et “Indiens d’Amérique” sont utilisés notamment parce qu’ils correspondent aux recherches des lecteurs, mais ils ne doivent pas faire oublier la diversité des peuples représentés.

Une galerie comme celle-ci ne montre donc pas “les Amérindiens” comme un bloc uniforme. Elle rassemble des portraits de personnes appartenant à des nations, des régions et des histoires différentes.

Une œuvre entre mémoire, art et controverse

Edward S. Curtis a longtemps été présenté comme celui qui aurait “sauvé” la mémoire visuelle de peuples menacés. Cette idée est séduisante, mais elle est trop simple. Les peuples autochtones n’ont pas disparu, et ils ne sont pas seulement des sujets photographiés par d’autres : ils ont leurs propres archives, récits, artistes, historiens et mémoires vivantes.

L’œuvre de Curtis reste pourtant une étape majeure de l’histoire de la photographie. Ses portraits ont influencé durablement l’image populaire des Amérindiens au XXe siècle. C’est à la fois leur force et leur danger : une belle image peut transmettre une mémoire, mais aussi figer une identité dans le passé.

Dans un registre proche, découvrez aussi ces 15 photos couleur rares des Indiens d’Amérique, qui montrent d’autres portraits anciens, colorisés ou issus de procédés couleur de l’époque.

Galerie : 40 portraits d’Amérindiens par Edward S. Curtis

Voici 40 portraits d’Amérindiens du début du XXe siècle réalisés par Edward S. Curtis:

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 1

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 2

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 3

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 4

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 5

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 6

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 7

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 8

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 9

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 10

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 11

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 12

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 13

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 14

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 15

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 16

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 17

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 18

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 19

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 20

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 21

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 22

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 23

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 24

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 25

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 26

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 27

4Portrait amérindien par Edward S. Curtis 28

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 29

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 30

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 31

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 32

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 33

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 34

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 35

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 36

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 37

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 38

Portrait amérindien par Edward S. Curtis 39

Une galerie à replacer dans l’histoire

Ces portraits ne sont pas seulement impressionnants pour leur esthétique. Ils rappellent aussi une période où la photographie participait à la construction d’un imaginaire autour des peuples autochtones. Curtis voulait documenter, mais il photographiait aussi selon les codes de son époque : cadrages dramatiques, costumes choisis, poses frontales, lumière travaillée.

C’est pourquoi cette série gagne à être regardée comme une galerie historique, mais aussi comme une œuvre photographique à interroger. Elle dit quelque chose des personnes représentées, bien sûr, mais aussi du regard porté sur elles.

Dans cette thématique du portrait ancien et de l’Ouest américain, vous pouvez également découvrir ces photos de l’Ouest américain il y a 150 ans par Timothy O’Sullivan, autre ensemble majeur de photographies historiques.

D’autres portraits amérindiens anciens

Pour prolonger ce sujet, 2tout2rien a aussi publié des portraits d’Indiens pawnees par William Henry Jackson, réalisés dans les années 1870, ainsi que des portraits de chefs indiens par Alexander Gardner.

On peut également retrouver une figure plus individualisée avec Ah-Weh-Eyu, aussi connue sous le nom de Goldie Jamison Conklin, dont les portraits anciens montrent la manière dont une personne pouvait devenir une image publique, parfois admirée, parfois réduite à une représentation exotisée.

Sources pour aller plus loin

Library of Congress — Edward Curtis and the background of the collection
Library of Congress — Edward S. Curtis Collection
Northwestern University — Edward S. Curtis’s The North American Indian
The Morgan Library & Museum — Curtis, Morgan, and The North American Indian
Smithsonian Institution — Edward S. Curtis et la vision controversée de la “vanishing race”
Smithsonian Magazine — Edward Curtis’ epic project to photograph Native Americans

Partager/Envoyer à une IA pour résumer :

4 commentaires sur “40 portraits d’Amérindiens du début du XXe siècle par Edward S. Curtis”

  1. Retour de ping : Photos de l ouest américain il y a 150 ans - 2Tout2Rien

  2. Retour de ping : Des portraits de Ah-Weh-Eyu (Goldie Jamison Conklin), beauté indienne Sénéca - 2Tout2Rien

  3. C’est extraordinaire les photos de cette race à jamais disparue. A la fois asiatique et indo-européenne. Y aurait-il parmi eux la douxième tribu ? Quelle énigme!

  4. Retour de ping : des masques amérindiens du début du 20ème siècle par Edward S. Curtis - 2Tout2Rien

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *