Catégorie : voyage

  • Cajueiro de Pirangi : l’anacardier géant du Brésil qui ressemble à une forêt

    Cajueiro de Pirangi : l’anacardier géant du Brésil qui ressemble à une forêt

    Sur la côte du Rio Grande do Norte, au nord-est du Brésil, le Cajueiro de Pirangi intrigue immédiatement : on croit entrer dans un petit bois, alors qu’on se tient face à un seul anacardier (Anacardium occidentale). Le site est devenu une référence mondiale pour une raison simple : sa couronne s’étale sur une surface comparable à celle d’un petit terrain de sport… mais en version vivante.

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    Crédit photo Andrepimentasc (CC BY-SA 3.0).

    Localisation : Pirangi do Norte, près de Natal

    Le Cajueiro se trouve à Pirangi do Norte, dans la commune de Parnamirim, non loin de Natal (capitale de l’État). C’est un lieu facile à intégrer à un itinéraire “littoral” autour de Natal, autant pour l’aspect paysager que pour l’intérêt botanique du site.

    Si vous aimez les arbres “hors normes” pour leur gabarit, vous avez peut-être déjà croisé sur 2tout2rien le General Sherman, célèbre pour être le plus grand arbre du monde en volume : ici, la prouesse n’est pas la masse du tronc, mais la surface couverte par la canopée.

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    Crédit photo Andrepimentasc (CC BY-SA 3.0).

    Une surface documentée, et un statut officiel de protection

    Le chiffre qui revient le plus souvent est d’environ 8 500 m². Il n’est pas seulement “touristique” : un décret de décembre 2025 (création du Monumento Natural Cajueiro de Pirangi) indique précisément 8 497,54 m² pour l’aire délimitée, ce qui donne une base officielle et récente au record.
    De son côté, Guinness World Records présente également le Cajueiro de Pirangi comme le plus grand anacardier connu, avec une surface d’environ 8 500 m².

    Si certains “arbres remarquables” sont exceptionnels par leur âge, comme le plus vieil arbre clonal avec 9500 ans ou encore Gran Abuelo, l’arbre le plus vieux du monde, Pirangi impressionne par une autre métrique, plus rare à documenter proprement : l’emprise au sol. Pour l’âge, la légende officielle raconte qu’il aurait été planté en décembre 1888, par un pêcheur local nommé Luís Inácio de Oliveira. Ce dernier serait mort à l’âge de 93 ans sous l’ombre de cet arbre à cajou.

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    Crédit photo edsonaoki (CC BY-SA 3.0).

    Pourquoi un seul arbre donne l’impression d’un bosquet ?

    Le phénomène clé, c’est la croissance latérale et l’architecture des branches. Elles s’allongent, s’affaissent, touchent le sol… puis peuvent s’enraciner au contact, créant de nouveaux “points d’appui” qui ressemblent à des troncs secondaires. Visuellement, cela donne l’illusion d’une colonie d’arbres, alors qu’il s’agit d’un unique individu qui a multiplié ses ancrages.

    On retrouve une logique comparable (même si l’espèce et le mécanisme sont différents) dans des végétaux connus pour leurs structures expansives, la forêt de Great Banyan en Inde est aussi composée d’un seul arbre.

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    Crédit photo Mateussf (CC BY-SA 3.0).

    La “pomme de cajou” : le faux fruit qui vole la vedette

    Petit détour botanique utile (et assez savoureux) : ce que l’on appelle pomme de cajou n’est pas le vrai fruit. C’est un fruit accessoire (pseudofruit) formé à partir de tissus autres que l’ovaire. Le vrai fruit est la drupe réniforme accrochée au bout… celle qui contient la noix de cajou.

    Et détail moins glamour : la coque renferme des composés irritants, dont des acides anacardiques (raison pour laquelle la noix de cajou est généralement commercialisée après traitements).

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    Crédit photo Andrepimentasc (CC BY-SA 3.0).

    Un monument naturel et un record contesté

    La création du monument naturel fin 2025 formalise la protection et fixe des objectifs classiques d’une unité de conservation : préserver l’intégrité biologique, encadrer les usages touristiques, stimuler la recherche, et garantir une gestion compatible avec la conservation.

    La taille du Cajueiro de Pirangi est contestée depuis 2016 par un concurrent au Piauí, mesuré à 8 800 m², menaçant son titre de « plus grand du monde ». Les débats sur la poda de l’arbre divisent aussi les locaux, entre préservation et gestion de sa croissance. Malgré cela, il reste un symbole emblématique de la biodiversité brésilienne, produisant l’équivalent de 70 arbres normaux.

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    Crédit photo Mateus S Figueiredo (CC BY 2.0).

    Vidéo du Cajueiro de Pirangi

    Moins coloré qu’une glycine géante, voici une petite vidéo de cet anacardier géant:


    Visiter l’anacardier géant

    Les visiteurs accèdent au site via un petit droit d’entrée d’environ 8 réais (réductions pour enfants), avec un marché artisanal à l’entrée et un mirante offrant une vue panoramique sur l’arbre et la plage voisine. La floraison et les fruits apparaissent principalement en novembre, offrant un spectacle idéal pour les amateurs de nature.

    Son adresse : Avenida Deputado Márcio Marinho, 02, Pirangi do Norte, Parnamirim, Rio Grande do Norte, Brésil.

    Ses coordonnées GPS sont : 5°58’26.4″S 35°07’44.5″O (-5.973992, -35.129019).

    Voici sa position sur Google Maps:

    le cajueiro de pirangi larbre a cajou geant qui se prend pour une foret maps

    Sources pour aller plus loin

    Guinness World Records
    Monumento Natural Cajueiro de Pirangi
    Britannica – cashew apple (pseudofruit)

  • Glymur : la grande cascade d’Islande que je n’ai pas eu le temps de voir… et que je garde en réserve

    Glymur : la grande cascade d’Islande que je n’ai pas eu le temps de voir… et que je garde en réserve

    Il y a des lieux qu’on coche, et d’autres qu’on laisse volontairement “en attente”, comme une promesse. Glymur, dans l’ouest de l’Islande, fait partie de cette seconde catégorie. Lors de mon road trip dans le sud de l’Islande, j’ai manqué de temps (et probablement un peu de sagesse logistique) pour remonter jusqu’à elle. Résultat : elle est restée sur ma liste, avec ce petit goût frustrant des merveilles qu’on n’a pas encore méritées.

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    Crédit photo siggi mus (CC BY-NC-SA 2.0).

    Car Glymur n’est pas une cascade qu’on aperçoit distraitement entre deux arrêts. Avec sa chute d’environ 198 mètres, elle plonge dans une gorge étroite au fond du Hvalfjörður (“fjord des baleines”), et sa réputation tient autant à sa hauteur qu’à l’approche : une randonnée qui se gagne pas à pas.

    Si vous aimez collectionner les chutes islandaises, vous trouverez déjà Glymur citée parmi ces 12 magnifiques cascades d’Islande.

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    Crédit photo Michelle Lee (CC BY-NC-ND 2.0).

    Une cascade faite de roche, d’échos… et de patience

    Le nom “Glymur” (qui vient du verbe islandais « glymja ») est associé à l’idée de grondement ou de résonance : ce n’est pas anodin. La chute se déverse dans un canyon, et ce type de relief agit comme une caisse de résonance naturelle : on n’entend pas seulement l’eau tomber, on entend le paysage répondre.

    Techniquement, Glymur est alimentée par la rivière Botnsá, issue du lac Hvalvatn, avant de basculer brutalement dans la gorge.
    Et fait intéressant : pendant longtemps, Glymur a été considérée comme la plus haute cascade d’Islande, avant d’être dépassée (ou plutôt “reclassée”) après la mesure/identification de Morsárfoss au début des années 2010. Si Morsárfoss est presque inaccessible, Glymur s’offre toutefois aux randonneurs prêts à se salir un peu les chaussures.

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    Crédit photo Matthias_______ (CC BY-NC-SA 2.0).

    La randonnée : un itinéraire qui raconte l’Islande

    Ce qui rend Glymur si particulière, c’est que le trajet n’est pas un simple “accès” : c’est déjà une expérience. La boucle est souvent donnée pour 3 à 4 heures, avec des passages raides et étroits.

    Le sentier traverse notamment une grotte-tube de lave, Þvottahellir, surnommée “la grotte du lavage”. Elle ajoute un contraste presque théâtral : on marche dans l’ombre, sur une pierre ancienne, avant de ressortir vers une vallée lumineuse — et plus loin, vers le vide où l’eau se dérobe.

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    Crédit photo Adriana.stapfl.yahoo.de.

    Il faut aussi composer avec des passages sécurisés par des chaînes et, selon la saison, une traversée qui peut impliquer un tronc servant de pont. C’est précisément le genre de détail qui explique pourquoi Glymur est parfois remise à plus tard : la météo et le niveau d’eau ne négocient pas.

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    Crédit photo siggi mus (CC BY-NC-SA 2.0).

    Une légende de baleine maudite

    Comme souvent en Islande, le paysage ne vient pas seul : il s’accompagne d’une histoire qui mêle malédiction, métamorphose et géologie improvisée. Une légende locale raconte qu’un homme, maudit par une femme en deuil et son enfant, se serait transformé en baleine, avant de remonter le fjord dans une fureur destructrice.

    En nageant à contre-courant, l’animal aurait frappé et secoué la vallée, provoquant l’ouverture du canyon et la naissance de la chute de Glymur. On dit que l’on entend encore, dans le grondement de l’eau, l’écho du dernier cri de la baleine au moment où elle disparut.

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    Crédit photo BigBirds.

    Les toponymes des environs gardent la trace de ce récit : Hvalklettur, le « rocher de la baleine », et Hvalsgil, la « gorge de la baleine », donnent à la carte du coin des airs de saga figée dans la lave. À Glymur, la frontière entre conte et coulée basaltique est aussi floue que la brume qui flotte dans le canyon.

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    Crédit photo MennoSchaefer.

    Pourquoi je l’ai ratée… alors que j’étais eà proximité

    Sur la côte sud, le temps file vite : on s’arrête “juste dix minutes” et on repart une heure plus tard, parce que l’Islande a ce talent de dilater les minutes. Cette fois-là, mon itinéraire était déjà bien rempli :
    • la cascade que l’on peut presque traverser comme un rideau, Seljalandsfoss ;
    • l’immense draperie d’eau de Skógafoss, qui transforme l’air en bruine permanente ;
    • et l’élégance minérale de Svartifoss, encadrée par ses orgues de basalte.

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    Crédit photo MennoSchaefer.

    Ajoutez à cela les incontournables du Cercle d’Or — Gullfoss, puissante et large comme une fracture dans le plateau — et ce bleu irréel de Brúarfoss… et vous obtenez un programme où chaque détour coûte une journée.

    Glymur, elle, demande précisément cela : du temps dédié. On ne la “glisse” pas entre deux spots, on la choisit. Après j’avoue n’être passé pas loin mais avoir préféré les sources d’eau chaude de Hvammsvik pour finir une journée déjà bien remplie…

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    Crédit photo fokkebok

    Vidéo de Glymur, ancienne plus haute cascade d’Islande

    Histoire de percevoir un peu mieux la beauté des lieux, voici une vidéo prise par un drone de cette ancienne plus haute cascade d’Islande:


    Aller à Glymur

    Pour ceux qui voudraient se frotter à cette cascade exigeante, quelques points sont à garder en tête.
    • Accès : départ du sentier à Botnsdalur, au bout de la route 47, dans le fjord de Hvalfjörður, à environ 45 à 70 km de Reykjavik selon l’itinéraire choisi.
    • Durée : compter 3 à 4 heures pour l’itinéraire en boucle, avec une distance d’environ 7 km et un dénivelé marqué.
    • Équipement : bonnes chaussures de randonnée, vêtements imperméables, couches chaudes, eau et encas, éventuellement sandales ou chaussures d’eau pour les traversées de rivière, et bâtons pour plus de stabilité.
    • Saison : de mai à septembre, lorsque le tronc-pont est en place et que les conditions sont plus clémentes ; hors saison, la randonnée est réservée aux marcheurs très expérimentés et familiers des conditions islandaises.
    • Public : itinéraire déconseillé aux jeunes enfants, aux personnes sujettes au vertige ou peu à l’aise sur terrain exposé et humide.

    A une petite heure de route de Reykjavik, ses coordonnées GPS sont 64°23’28.3″N 21°15’05.6″O (64.39111979517685, -21.25174047148308).

    Voici sa position sur Google Maps:

    glymur la grande cascade dislande que je nai pas eu le temps de voir et que je garde en reserve maps

    Glymur n’a pas besoin d’infrastructures ni de panneaux tape-à-l’œil pour marquer les esprits : elle se grave dans les jambes, dans l’odeur de mousse humide et dans ce grondement qui continue de résonner longtemps après le retour à la voiture. Pour qui accepte la boue, les cordes et le froid des rivières, c’est probablement une des plus belles rencontres que l’on puisse faire avec l’Islande sauvage. Elle est donc sur mes tablettes pour mon prochain trip islandais.

    Sources pour aller plus loin

    Wikipédia
    GuideToIceland
    Hvammsvik

    Canyon emblématique islandais, découvrez également le mystique canyon de Fjaðrárgljúfur.

  • La fontaine-soupière de Rome : l’histoire savoureuse de la Fontana della Terrina

    La fontaine-soupière de Rome : l’histoire savoureuse de la Fontana della Terrina

    À Rome, il existe une fontaine qui ressemble à s’y méprendre à une soupière géante posée en pleine ville. Son vrai nom, Fontana della Terrina, dit déjà tout : terrina comme “terrine”, le récipient… et donc, par extension, la fontaine-soupière. Aujourd’hui, on la repère Piazza della Chiesa Nuova, tout près de la Chiesa Nuova (Santa Maria in Vallicella), dans le centre historique.

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    Crédit photo Mister No (CC BY 3.0).

    Une fontaine Renaissance… qui a fini couverte (littéralement)

    À l’origine, la Fontana della Terrina n’avait rien d’un ustensile de cuisine. Construite en 1595 par l’architecte Giacomo Della Porta (grand architecte et “metteur en scène” de l’eau à Rome) sous l’impulsion du pape Grégoire XIII, cette fontaine ovale en travertin évoque les festins Renaissance avec son grand couvercle bombé. Alimentée par l’aqueduc antique de la Vergine, elle fournissait autrefois de l’eau potable fraîche aux habitants du quartier Parione. Son premier décor incluait quatre dauphins en bronze (détails croustillants : ces dauphins étaient prévus au départ pour la célèbre Fontana delle Tartarughe, Fontaine des Tortues).

    Le souci ? Son emplacement d’origine : Campo de’ Fiori, en plein marché, là où se dresse aujourd’hui la statue de Giordano Bruno. Les étals s’y succédaient, les lavages aussi (fruits, légumes, viande, tout y passait), et la fontaine a rapidement servi de bac multi-usage… disons que la Renaissance n’avait pas encore inventé le concept de “zone HACCP”.

    Un destin de lavoir jusqu’à son retrait en 1899 qui ne lui a pas permis (entre autre) de figurer parmi les plus belles fontaines du monde.

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    Crédit photo Girolamus (CC BY-SA 4.0).

    1622 : la solution romaine, simple, radicale, et très “couvercle”

    Les interdictions n’ayant pas suffi, on prend une décision à la romaine : on couvre. En 1622, on ajoute un grand couvercle en travertin et on retire les éléments en bronze. C’est ce couvercle qui lui donne son look de fontaine-soupière et son surnom devenu légendaire. L’inscription sur le dessus mentionne d’ailleurs l’année MDCXXII (1622). Lors des célébrations de la Renaissance, elle distribuait du vin des Castelli Romani au lieu d’eau, devenant le cœur des fêtes populaires

    Dans le même esprit “fontaines qui font parler”, vous avez un contrepoint parfait avec une autre fontaine très commentée — pas à Rome cette fois, mais sur la Côte d’Azur : la fontaine qui divise Nice.

    Exil, stockage… puis retour au calme

    En 1889, Campo de’ Fiori change de visage avec l’installation de la statue de Giordano Bruno. La fontaine-soupière est alors retirée et passe par une longue période de stockage, avant d’être réinstallée en 1924 à son emplacement actuel, Piazza della Chiesa Nuova.

    Un vestige romain intrigant par son look mais probablement pas aussi décalé que la pyramide égyptienne de Rome.

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    Crédit photo SpirosIonas (CC BY-SA 4.0).

    Une fontaine-soupière… dans la ville des coupoles

    Ce qui rend la Fontana della Terrina attachante, c’est sa modestie : elle n’a pas le panache baroque de certaines places romaines, mais elle raconte une vraie histoire de ville (et d’usages). Et comme elle est située non loin des grands axes touristiques, elle s’intègre très bien dans une journée “Rome autrement”.

    Légèrement enfoncée sous le niveau de la rue près d’un arrêt de bus, la Terrina passe inaperçue aux yeux des passants pressés, qui ignorent souvent son histoire foisonnante et son lien avec les maîtres de la Renaissance comme Michel-Ange, maître de Della Porta. Gratuite et accessible à tous, elle offre un arrêt rafraîchissant pour goûter l’eau pure de la Vergine tout en admirant l’église baroque Santa Maria in Vallicella en face. Parfaite pour les amateurs de lieux insolites, elle incarne le charme des fontaines romaines méconnues, loin des foules de Trevi ou Navona.

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    Crédit photo Albarubescens (CC BY-SA 4.0)

    Aller à la fontaine-soupière

    L’adresse de la Fontaine de la Terrina : via della Chiesa Nuova , Rome, Italie

    Ses coordonnées GPS sont : 41°53’52.8″N 12°27’38.1″E (41.897995, 12.460575).

    Voici sa position sur Google Maps:

    la fontaine soupiere de rome lhistoire savoureuse de la fontana della terrina maps

    Sources pour aller plus loin

    Atlas Obscura
    Tursimo Roma

    Plus clinquante, découvrez également la grande fontaine des Douze Mois à Turin.

  • Les “Ringing Rocks” de Pennsylvanie : quand un champ de pierres se prend pour un carillon

    Les “Ringing Rocks” de Pennsylvanie : quand un champ de pierres se prend pour un carillon

    Si vous frappez un caillou, vous attendez un “toc”. Pas un “cling” métallique digne d’un atelier de forgeron. Et pourtant, en Pennsylvanie, un champ de blocs fait exactement ça : il sonne. Bienvenue à Ringing Rocks County Park, près d’Upper Black Eddy (Bucks County), où l’on vient autant pour marcher en forêt que pour tester son sens du rythme… au marteau.

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    Crédit photo Jason Scott (CC BY-NC-SA 2.0).

    Les Amérindiens connaissaient déjà cette curiosité bien avant l’arrivée des colons européens et auraient transmis l’existence de ces pierres chantantes aux premiers Blancs au milieu des années 1700. Depuis, le site est devenu une petite légende locale, à mi-chemin entre curiosité géologique et attraction touristique.

    Un “instrument” naturel de plusieurs hectares

    Le cœur du parc, c’est le Bridgeton Boulder Field : une mer de blocs sombres étalée sur environ 7 à 8 acres, empilée par endroits en profondeur, avec une particularité qui intrigue depuis des générations : certains rochers résonnent quand on les frappe.

    L’ambiance est d’autant plus étrange que la zone est souvent décrite comme assez “dénudée” : peu de sol, peu de végétation sur le champ lui-même… logique, difficile de faire pousser une fleur dans un tas de diabase qui bouge sous les pieds.

    Et si votre cerveau commence à classer ça dans la catégorie “paysages qui font du son”, gardez l’idée : il existe aussi des endroits où ce ne sont pas les pierres mais les dunes qui deviennent instruments, comme les Kelso Dunes, ces sables musicaux de Californie.

    Voici une démonstration en vidéo de ces rochers qui sonnent:


    Pourquoi ça “sonne” ? (spoiler : c’est compliqué)

    Même si on sait décrire le phénomène, l’explication unique et définitive reste discutée. Une piste récurrente : la structure interne et les contraintes dans la diabase permettraient une meilleure transmission des vibrations, donnant ce timbre métallique.

    En 1965, le géologue Richard Faas, originaire de Pennsylvanie, a emporté plusieurs échantillons en laboratoire pour analyser leur comportement acoustique. Il a découvert que chaque roche, frappée isolément, génère des fréquences très basses, inaudibles pour l’oreille humaine, mais que le champ de blocs, pris dans son ensemble, produit un son composite : les différentes ondes basses interagissent entre elles et donnent naissance à ce « tintement » reconnaissable que perçoivent les visiteurs.

    Certains blocs se comportent donc un peu comme des lithophones naturels (des “instruments en pierre”). Et si l’idée vous amuse, vous pouvez compléter la collection sonore avec une autre curiosité qui ne se contente pas d’être belle : le sable chantant des dunes de Mingsha, en Chine, où le vent et les pas déclenchent parfois une sorte de bourdonnement.

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    Crédit photo Lisa GH (CC BY-NC-ND 2.0) .

    Une diabase pas tout à fait comme les autres

    La roche star ici s’appelle la diabase : une roche magmatique sombre, proche du basalte, qui s’est mise en place quand la région faisait partie des bassins formés lors de la dislocation de la Pangée, autour du Trias-Jurassique. (Oui : ces cailloux ont connu un monde sans Atlantique.)

    Sur le papier, rien ne distingue vraiment ces pierres des autres roches sombres de la région, composées de cette diabase, riche en fer et en minéraux très durs. Pourtant, quelque chose dans leur structure interne semble les rendre uniques du point de vue acoustique.

    Certains scientifiques avancent l’hypothèse que des contraintes internes particulières, des tensions mécaniques accumulées dans la roche, joueraient un rôle dans ce comportement sonore inhabituel. Mais même après les tests de Faas et d’autres travaux, la mécanique exacte de cette résonance reste floue, laissant la place à un mystère géologique toujours non résolu.

    Un champ de blocs… au sommet d’une colline

    Le lieu ne surprend pas seulement par son bruit, mais aussi par sa configuration géographique. La plupart des champs de blocs connus se forment au pied de versants montagneux, à la suite d’avalanches rocheuses ou d’éboulements massifs.

    Ici, cette mer de rochers de près de trois mètres de profondeur se trouve au sommet d’une colline, et non en bas de pente. Contrairement aux éboulis classiques qui s’accumulent au pied d’une pente, ce champ de blocs n’est pas simplement “tombé de la montagne”. Les géologues classent ce type d’ensemble parmi les block fields (ou felsenmeer, “mer de rochers”), souvent liés à des environnements périglaciaires : cycles gel/dégel, fracturation, déplacement progressif des blocs, tri naturel…

    Ce genre de phénomène a un petit air de famille avec d’autres bizarreries minérales : certaines pierres semblent presque avoir une vie propre, un peu comme les Trovants de Costești, ces “pierres qui grandissent” qui font travailler l’imagination autant que la géologie.

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    Crédit photo Lisa GH (CC BY-NC-ND 2.0) .

    Quand les pierres deviennent des instruments de musique

    Qu’on comprenne ou non la science derrière le phénomène, les Ringing Rocks sont devenus un véritable terrain de jeu sonore. Le parc attire chaque année des milliers de curieux qui viennent frapper les blocs avec des marteaux, des cailloux ou des bâtons, transformant le champ de rochers en immense percussion à ciel ouvert.

    L’idée d’en faire un instrument ne date pas d’hier : dès 1890, un certain Dr J. J. Ott, habitant du comté de Bucks, aurait organisé un concert à Stony Garden, exploitant les qualités acoustiques de ces pierres. Accompagné du Pleasant Valley Band, un ensemble de cuivres, il aurait présenté ce qui passe aujourd’hui pour l’un des tout premiers véritables « concerts de rock » au sens littéral du terme.

    Alors que d’autres jouent sur le lac Baikal gelé, voici un percussionniste local jouant du caillou:


    Et ce n’est pas de leur peindre des bouches zippées qui les feront se taire.

    Mystère et légendes des Ringing Rocks

    Entre le côté sonore et le côté désertique, ce mystérieux site a bien sûr quelques croyances et légendes.
    • Les Amérindiens considéraient la zone comme spirituellement particulière à cause des sons étranges et du caractère stérile du champ de blocs.
    • Selon certaines versions, les animaux évitaient le secteur et les rochers étaient perçus comme « maudits » parce qu’aucune plante n’y poussait, idée reprise ensuite par les premiers colons européens.
    • Une légende raconte que le diable aurait traversé la Delaware à Bridgeton Township, se serait assis là après un malheur personnel et aurait « flétri » la terre qui est devenue le champ de Ringing Rocks
    • D’autres toponymes régionaux liés à des champs de blocs sonores portent aussi la marque du diable (Devil’s Potato Patch, Devil’s Half-Acre), renforçant l’idée que ces paysages pierreux étaient associés à une présence maléfique ou surnaturelle
    • Comme pour d’autres pierres sonores dans le monde, une croyance populaire voulait que si les rochers sonnaient, c’était parce qu’ils étaient creux et qu’ils cachaient de l’or ou de l’argent.
    Des visiteurs parlent encore aujourd’hui d’énergies particulières, de boussoles capricieuses ou de magnétisme étrange, même si aucune mesure scientifique n’a confirmé d’anomalie réelle.

    Visiter Ringing Rocks Park

    Le parc fait environ 128 acres et est ouvert tous les jours de l’aube au crépuscule. Son adresse est : Ringing Rocks Road, Upper Black Eddy, PA 18972, USA.

    Ses coordonnées GPS sont : 40°33’41.37″ N, 75°07’35.62″ O (40.5614905, -75.126562).

    Voici sa position sur Google Maps:

    les ringing rocks de pennsylvanie quand un champ de pierres se prend pour un carillon maps

    Sources pour aller plus loin

    Bucks County
    Uncovering PA
    Science Direct
    Acentech

    Mystère de Pennsylvanie, découvrez également l’histoire de la robe de mariée hantée de Anna Baker.

  • Château d’If : Alcatraz français et prison du Comte de Monte-Cristo, au large de Marseille

    Château d’If : Alcatraz français et prison du Comte de Monte-Cristo, au large de Marseille

    À Marseille, on trouve de la bouillabaisse, des calanques… et une forteresse posée sur un caillou battu par le vent, qui a transformé la Méditerranée en douves XXL : le Château d’If. Construit pour défendre la ville, il est surtout passé à la postérité comme prison — au point de devenir, dans l’imaginaire collectif, la prison du Comte de Monte-Cristo. Et quand on cherche un raccourci moderne, beaucoup l’appellent carrément l’Alcatraz français.

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    Crédit photo DmitryRukhlenko.

    Une forteresse d’abord militaire… mais la mer a eu le dernier mot

    Le château d’If se trouve sur l’île d’If, la plus petite de l’archipel du Frioul, à environ 1,5 km des côtes de Marseille. À l’origine, il n’est pas pensé comme une prison romantique pour héros trahis, mais comme un verrou stratégique destiné à protéger Marseille côté mer. La construction de la forteresse a été ordonnée par François Ier dans les années 1520 pour défendre Marseille des attaques par la mer, dans un contexte de rivalité avec Charles Quint. L’île est minuscule, l’accès est limité, et la visibilité sur l’horizon est idéale : parfait pour décourager un ennemi… et, plus tard, pour rendre toute fuite ridiculement compliquée.

    Jamais attaquée, la forteresse a traversé les siècles quasiment intacte, hormis les assauts des intempéries. Devenu inutilisable comme fort, le site a été transformé en lieu d’enferment au XIXème siècle. Très vite, l’îlot fortifié devient une prison d’exception, accueillant opposants politiques, protestants, révolutionnaires, mais aussi criminels de droit commun. La pierre n’a pas changé, mais l’usage, lui, a pris un virage bien plus sombre.

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    Crédit photo Xantana.

    Pourquoi on le surnomme “l’Alcatraz français”

    Il y a plusieurs raisons simples et elles font froid dans le dos :
    • L’isolement : entouré d’eau, pas de village voisin, pas de route, pas d’échappatoire “par erreur”.
    • La dissuasion naturelle : même avec un bateau, il fallait du culot, de la chance, et un bon sens de l’orientation (et idéalement pas de mistral).
    • La symbolique : une prison sur une île, ça imprime direct l’idée d’un lieu “hors du monde”, où l’on efface les gens du paysage.

    Et si vous ne la connaissez pas, découvrez l’histoire de la vraie île d’Alcatraz dans la baie de San Francisco.

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    Crédit photo Romas_ph.

    Un quotidien entre rats et privilèges

    De nombreux détenus croupissent dans des cellules humides, surpeuplées, envahies par les rats et les immondices, où l’isolement de l’île rend toute évasion presque impossible.

    Quelques cellules plus vastes, en hauteur, mieux aérées et ensoleillées, sont réservées aux prisonniers fortunés ou bien connectés, qui peuvent « améliorer » leurs conditions contre espèces sonnantes et trébuchantes.

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    Crédit photo Nikolay_Che.

    La prison du Comte de Monte-Cristo : quand la fiction enchaîne la réalité

    Le Château d’If a emprisonné de vrais détenus, mais ce qui l’a rendu immortel, c’est un prisonnier… inventé : Edmond Dantès, héros du Comte de Monte-Cristo d’Alexandre Dumas. Le roman a tellement imprimé le lieu dans la culture populaire qu’on parle souvent du château comme de la prison du Comte de Monte-Cristo, comme si le personnage avait signé le registre d’entrée.

    Dumas a fait du château un symbole : l’enfermement, l’injustice, la métamorphose, puis la vengeance. Et derrière ce mythe, il y a un détail délicieux : le roman ne se contente pas du château, il ouvre aussi l’imaginaire vers l’archipel, la mer, et la promesse d’une île “ailleurs”.

    Un ailleurs qui est aussi en Méditerranée, c’est l’île de Montecristo qui a inspiré l’écrivain pour son chef d’œuvre.

    Aujourd’hui, on peut visiter une reconstitution de la cellule d’Edmond Dantès, découvrir des salles consacrées à la vie d’Alexandre Dumas, et même acheter une édition du roman frappée d’un tampon spécial du château.

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    Crédit photo Jopa Elleul (CC BY-NC 2.0).

    Une visite qui se fait avec les pieds… et l’imagination

    La prison a finalement fermé ses portes pour être ensuite ouverte au public comme monument historique en 1890. Visiter le Château d’If, ce n’est pas seulement cocher une case “monument historique”. C’est une visite très physique : escaliers, remparts, salles minérales, ouverture sur la mer à 360°. À certains endroits, le contraste est brutal : dehors, la lumière et Marseille au loin ; dedans, des murs épais, des couloirs, une fraîcheur de pierre qui rappelle vite la fonction carcérale.

    Et c’est précisément cette opposition qui donne au lieu sa force : une prison entourée d’un décor de carte postale. Comme si la Méditerranée s’était déguisée en paysage pour faire oublier qu’elle servait surtout de barbelés liquides.

    Si cette forteresse-prison peut désormais se visiter en toute sécurité, ce n’est pas le cas de tous les forts insulaires : exemple avec le fort Alexander en Russie surnommé le fort de la peste.

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    Crédit photo Romas_ph.

    Vidéo de l’Alcatraz français

    Après la prison du prince Morinaga au Japon, voici un autre lieu de légende avec une vidéo aérienne de l’Alcatraz français, prison du Comte de Monte-Cristo:


    Aller au château d’If

    Des ferries relient plusieurs fois par jour le Vieux-Port de Marseille au château d’If ; la traversée permet déjà de mesurer l’isolement de ce bloc de pierre battu par les vents.

    Ses coordonnées GPS sont : 43° 16′ 47.81″ N, 5° 19′ 30.19″ E (43.27994688921695, 5.325053167129468).

    Voici sa position sur Google Maps:

    chateau dif alcatraz francais et prison du comte de monte cristo au large de marseille maps

    Sources pour aller plus loin

    Site officiel du château
    Wikipédia
    Parc national des Calanques
    Marseille Tourisme

    A Marseille, ne loupez pas non plus les Voyageurs, ces sculptures en bronze déchiquetées de Bruno Catalano.

  • La Vallée des Rêves (Valley of Dreams), Nouveau-Mexique : le désert qui ressemble à un décor de science-fiction

    La Vallée des Rêves (Valley of Dreams), Nouveau-Mexique : le désert qui ressemble à un décor de science-fiction

    Il y a des endroits où l’on a l’impression que la Terre a laissé son enfant jouer avec la pâte à modeler… puis a oublié de ranger. La Valley of Dreams (“Vallée des Rêves”) fait partie de ces coins rares : un labyrinthe de badlands et de hoodoos (ces “cheminées de fée” de pierre) sculptés par l’érosion, perdus au nord-ouest du Nouveau-Mexique, dans l’immense Bisti/De-Na-Zin Wilderness.

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    Crédit photo uhg1234.

    Et si vous aimez ces paysages qui semblent sortis d’un logiciel 3D mal réglé, gardez en tête qu’il existe d’autres “frères spirituels” : la version cappadocienne avec les cheminées de fées de Göreme, la version Utah avec Fantasy Canyon, ou encore la version Argentine, franchement lunaire, avec Ischigualasto, la Vallée de la Lune.

    Où se trouve exactement la “Vallée des Rêves” ?

    La “Valley of Dreams” n’est pas une vallée au sens classique (pas de rivière, pas de village avec boulangerie et croissants). C’est plutôt un secteur très photogénique de la zone sauvage Bisti/De-Na-Zin, gérée par le Bureau of Land Management (BLM).

    Et pour ne pas confondre les “déserts à hoodoos” du Nouveau-Mexique : dans la même région, vous avez aussi Ah-Shi-Sle-Pah et ses incroyables rochers. Ambiance voisine, décor différent : parfait si vous voulez prolonger l’overdose de formes impossibles.

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    Crédit photo John Fowler (CC BY 2.0).

    Pourquoi le paysage est aussi… improbable ?

    Ici, tout est affaire de couches sédimentaires et de résistance. Une couche de grès un peu plus dure protège parfois une couche plus tendre en dessous : résultat, l’érosion “taille” des colonnes, des ponts, des champignons, des silhouettes d’animaux et de trônes alien.

    Le principe est universel : même logique d’érosion qui fabrique des formes incroyables ailleurs sur la planète, qu’elles soient rouges sang comme le Tsingy Rouge à Madagascar ou ciselées façon château comme à Fantasy Canyon (Utah). La nature n’a pas besoin d’architecte… elle a juste du temps, du vent et une patience administrative.

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    Crédit photo uhg1234.

    Que voir sur place ? (spoiler : des cailloux, mais des cailloux starifiés)

    La star locale, c’est l’Alien Throne : un hoodoo massif qui ressemble à un trône posé au milieu du désert, souvent photographié au lever/coucher de soleil… et même sous la Voie lactée, car le coin est réputé sombre la nuit. Ce trône d’alien, à l’instar de Wharariki Beach, figure d’ailleurs dans les fonds d’écran Windows 11, ce qui a popularisé sa visite.

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    Crédit photo Diana Robinson (CC BY-NC-ND 2.0).

    Autour, attendez-vous à des alignements de hoodoos, des “villes” de colonnes, des dalles striées, et des formations qui donnent de mauvaises idées (“ça passe si je grimpe là ?”). Mauvaises, parce que les structures sont fragiles : ici, on admire, on photographie, on évite de transformer un hoodoo en gravats souvenir.

    Et si votre cerveau aime les équilibres absurdes, vous devriez aussi apprécier ce cousin “en mode funambule” : Balanced Rock (Idaho), le rocher en équilibre. Là, ce n’est pas un trône alien… c’est un “champignon” de pierre qui a manifestement signé un pacte avec la gravité.

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    Crédit photo uhg1234.

    Le vrai “truc” à savoir : il n’y a (presque) pas de sentier

    C’est une wilderness : par de parc aménagé ni pas d’itinéraire officiel balisé comme en randonnée classique. On peut vite perdre ses repères dans ces reliefs bas et répétitifs. Carte + boussole et/ou appli de carto hors-ligne (le réseau est souvent manquant) sont vivement recommandées.

    Certaines applis proposent une boucle “Valley of Dreams”, utile comme trame… mais sur le terrain, vous devrez quand même “lire” le relief. Ici, le GPS est un bon serviteur, mais votre sens de l’orientation reste le patron. Un peu de « hors piste » dans l’Ouest américain : la marche se fait sur un terrain tantôt sableux, tantôt rocheux, avec de petites descentes et montées dans les ravines et les wash (lits de torrents à sec). Le silence est presque total, seulement perturbé par le vent, ce qui accentue la sensation d’isolement et de bout du monde.

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    Crédit photo John Fowler (CC BY 2.0).

    Quand partir et comment ne pas finir en légende locale

    Printemps et automne sont souvent les plus confortables : l’été peut être dangereusement chaud (peu d’ombre), l’hiver peut être très froid. Et surtout : pas d’eau sur place. Vous portez tout.

    Ajoutez un point très “Nouveau-Mexique” : les pistes d’accès. Certaines routes non pavées peuvent devenir ultra glissantes et impraticables quand il pleut. Si c’est humide, ce n’est pas “un peu sport”, c’est “bonjour la dépanneuse dans l’imaginaire”.

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    Crédit photo sepavone.

    Si la golden hour offre une magnifique lumière pour les photos avec des grès qui prennent des tons miel/orange, la nuit est aussi très photogénique pour les spécialistes avec la Voie lactée au-dessus des hoodoos.

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    Crédit photo John Fowler (CC BY 2.0).

    Respecter le site

    Le lieu étant fragile, l’éthique du “Leave No Trace” est essentielle : ne rien emporter, ne rien laisser, ne pas grimper sur les formations les plus délicates pour ne pas accélérer leur érosion. Cette attitude respectueuse permet à ce paysage unique de rester sauvage et préservé, fidèle à l’esprit des curiosités naturelles mises en avant sur 2tout2rien. On repart avec des photos et des étoiles dans les yeux, pas avec un caillou dans la poche.

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    Crédit photo FrankFichtmüller.

    Vidéo de Valley of Dreams

    Un paysage qui semble d’une autre planète en territoire Navajo (voir d’ailleurs ce hogan en Arizona), voici une vidéo de la Valley of Dreams du Nouveau Mexique:


    Aller à la Vallée des rêves

    La Vallée des rêves se trouve à proximité de Ah-Shi-Sle-Pah, à une cinquantaine de kilomètres de Nageezi au Nouveau-Mexique, USA. Pour l’atteindre, il faut emprunter la NM-57, puis une piste indiquée Rt/CR 7022.

    Un « parking », départ de marche, se trouve au coordonnées GPS 36°08’02.27″N, 107°58’20.04″O (36.13396518650996, -107.97223367552039).

    Voici sa position sur Google Maps:

    la vallee des reves valley of dreams nouveau mexique le desert qui ressemble a un decor de science fiction maps

    Le fameux trône d’alien se trouve aux alentours des coordonnées 36°08’55.9″N 107°58’50.7″O (36.14885, -107.98075).

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    Crédit photo sepavone.

    Sources pour aller plus loin

    BLM
    GeoInfo
    All Trails

  • Catène de Containers au Havre : quand le port se met à faire du Tetris géant

    Catène de Containers au Havre : quand le port se met à faire du Tetris géant

    Si vous arrivez au Havre par la mer, il y a un moment où votre cerveau fait un petit « bug graphique » : au milieu des façades plutôt sages (voir austères), surgissent deux arches multicolores… faites de conteneurs maritimes. C’est la Catène de Containers (littéralement « chaîne de conteneurs »), une œuvre monumentale commandée pour les 500 ans du Havre en 2017, signée par l’artiste Vincent Ganivet.

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    Crédit photo Alexandre Prevot (CC BY-SA 2.0).

    Une porte symbolique entre la ville et le port

    Installée quai Southampton, la sculpture matérialise une sorte de porte entre le Havre « côté ville » et le Havre « côté port » : logique, vu que les conteneurs sont l’ADN visuel de n’importe quel grand port. À force d’en voir empilés partout, on finit par oublier que ces boîtes d’acier sont devenues un matériau “universel” — au point qu’on les recycle aujourd’hui en architecture, parfois avec un résultat franchement bluffant : découvrez par exemple cette maison en containers spectaculaire.

    Et ce n’est pas juste “des boîtes empilées” : la Catène de Containers compte 38 conteneurs peints, pour une hauteur maximale autour de 28,5 m, et un poids total d’environ 288 tonnes. Oui, c’est un arc-en-ciel, mais version haltérophilie, on reste loin du Tetris original de 1984.

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    Crédit photo Katell-Ar-Gow (CC BY-NC-ND 2.0).

    Pourquoi ça tient debout (spoiler : ce n’est pas de la magie, c’est de la “chaînette”)

    Le mot “catène” n’est pas là pour faire joli : il renvoie à la courbe d’une chaîne suspendue. Vous prenez une chaîne tenue par ses deux extrémités : elle dessine naturellement une courbe. En inversant cette courbe, on obtient un arc caténaire : une forme qui travaille très bien “en compression”, et qui peut tenir sans contreforts si elle est correctement dimensionnée.

    C’est une technique rendue célèbre en architecture (coucou Gaudí, dont Ganivet revendique l’inspiration). Mathématiquement, la caténaire est liée à la fonction cosinus hyperbolique :
    y = a · cosh(x/a).
    Pas besoin de la réciter sur place, mais ça explique pourquoi cette sculpture donne l’impression d’être à la fois massive et étrangement “fluide”.

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    Crédit photo Martin Falbisoner (CC BY-SA 4.0).

    Bonus technique : le conteneur, ce “Lego” standardisé

    Ce détournement marche aussi parce qu’un conteneur est un objet ultra-normalisé : une “brique” industrielle aux dimensions standard, pensée pour passer sans discuter d’un camion à un train, puis à un navire. D’ailleurs, quand on se retrouve face aux géants de la marine marchande, on comprend mieux pourquoi la standardisation est vitale : à bord du plus grand porte-conteneurs du monde, le Maersk Mc-Kinney Møller, chaque conteneur n’est plus une simple caisse… c’est une unité dans un puzzle mondial.

    Et c’est exactement ce qui rend la Catène aussi efficace : elle détourne un objet conçu pour l’efficacité pure et le transforme en landmark artistique immédiatement lisible.

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    Crédit photo Fred Romero (CC BY 2.0).

    Voir la Catène de Containers et autour ?

    L’adresse de cette sculpture en conteneurs est : 44 Chau. John Kennedy, Le Havre, 76600, France.

    Ses coordonnées GPS sont : 49°29’05.4″N 0°06’25.5″E (49.484829, 0.107093).

    Voici sa position sur Google Maps:

    catene de containers au havre quand le port se met a faire du tetris geant maps

    Le Havre est aussi un décor parfait : son centre reconstruit par Auguste Perret est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO (une ville en béton… qui assume). L’arc-en-ciel de Ganivet vient justement “réchauffer” cette rigueur géométrique.

    Et si cette sculpture vous donne envie de regarder les conteneurs autrement, vous pouvez prolonger la curiosité côté “habitat” : certains projets montrent comment ces modules peuvent devenir une maison entière, et pas seulement une “caisse” sur un quai — par exemple une autre maison construite avec des containers, parfaite pour se faire une idée concrète du potentiel.

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    Crédit photo Katell-Ar-Gow (CC BY-NC-ND 2.0).

    Sources pour aller plus loin

    Un été au Havre
    Transverse
    Unesco

  • Tsingy Rouge : la cathédrale écarlate du nord de Madagascar (à admirer sans la toucher)

    Tsingy Rouge : la cathédrale écarlate du nord de Madagascar (à admirer sans la toucher)

    Il existe des endroits qui donnent l’impression que la Terre a oublié de finir le rendu en “texture réaliste”. Le (les) Tsingy Rouge, dans le nord de Madagascar, fait partie de cette catégorie : un canyon d’où jaillissent des aiguilles rouge brique, des lames dentelées et des pinacles si fins qu’on s’attend presque à les voir vibrer au moindre éternuement.

    Et pourtant, ce décor n’est pas un délire de décorateur de film : c’est de la géologie, de la vraie. Une géologie qui a choisi la couleur rouge oxydé comme signature, avec un petit côté “Mars mais en version tropicale”.

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    Crédit photo GUDKOVANDREY.

    Un “tsingy” pas comme les autres

    Le mot tsingy signifie “aiguille” en malgache. Dans l’imaginaire des voyageurs, il évoque surtout le célèbre Tsingy de Bemaraha – des lames de calcaire spectaculaires, inscrites à l’UNESCO, où l’on marche littéralement dans une forêt minérale. Si vous voulez remettre ce grand frère dans le contexte (et faire grimper votre niveau d’émerveillement), vous pouvez passer par l’article maison à son sujet.

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    Crédit photo Rod Waddington (CC BY-SA 2.0).

    Mais le Tsingy Rouge joue une autre partition. Ici, les “aiguilles” ne sont pas des couteaux de calcaire : elles sont formées surtout de latérite rouge, avec une succession de couches où l’on trouve aussi, selon les descriptions, du grès, des marnes et du calcaire. Résultat visuel : des teintes rouge-ocre, parfois rosées ou plus claires, comme si quelqu’un avait saupoudré le canyon de pigments.

    Et niveau sensation… c’est moins “lame de rasoir” que Bemaraha, mais ce n’est pas pour autant un parc d’attractions : ces structures sont fragiles.

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    Crédit photo ReinerC.

    Pourquoi c’est rouge… et pourquoi ça pique vers le ciel

    La latérite est un produit d’altération des roches en climat tropical/subtropical : sous l’effet d’une alternance humide/sèche, l’eau lessive certains éléments et laisse une matière souvent riche en oxydes de fer. D’où le rouge : pas de ketchup géant, juste de la chimie.

    Ensuite vient le sculpteur principal : l’érosion. Ruissellement, pluies concentrées, parfois vent… le tout taille la latérite en formes coniques et en crêtes. Plusieurs sources relient directement le site au travail de la rivière (ou fleuve) Irodo, qui a contribué à creuser et à modeler ces reliefs. Visuellement, on est proche de ce que beaucoup appellent des “cheminées de fées” : des piliers élancés nés d’un grignotage progressif des pentes (voir par exemple celles de Djavolja Varos en Serbie).

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    Crédit photo Johan (CC BY-NC-ND 2.0).

    Et si l’endroit semble “récent” à l’échelle géologique, ce n’est pas qu’une impression : certaines descriptions expliquent que le site a été mis au jour au XXe siècle, notamment après des glissements de terrain, eux-mêmes favorisés par des activités humaines de défrichement. Autrement dit : la nature a fait l’œuvre… mais on lui a parfois donné un petit coup de pouce (pas forcément volontaire).

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    Crédit photo dmitri_66 (CC BY-NC 2.0).

    vidéo du Tsingy Rouge

    Rouge comme le Snoopy Rock d’Arizona, voici une vidéo de cette magnifique cathédrale de pierre de Madagascar:


    Où se trouve le Tsingy Rouge

    Le site se situe dans la région de Diana, au nord de Madagascar, à environ 60 km au sud d’Antsiranana (Diego-Suarez), près de Sadjoavato, sur le plateau de Sahafary, à l’entrée du parc d’Analamerana. On parle d’une zone d’environ 182 hectares pour le site touristique mentionné dans certaines descriptions.

    Dit autrement : ce n’est pas un stop improvisé “entre deux croissants”. C’est le nord malgache, avec ses distances, ses pistes, et ce sentiment délicieux d’être au bout du monde.

    Ses coordonnées GPS sont : 12° 38′ 32″ S, 49° 29′ 28″ E (-12.64229, 49.49106).

    Voici sa position sur Google Maps :

    tsingy rouge la cathedrale ecarlate nord madagascar maps

    Visiter le Tsingy Rouge

    Dans la pratique, le Tsingy Rouge se visite souvent depuis Antsiranana. L’accès combine route et piste ; l’option la plus courante reste le 4×4 avec guide/chauffeur habitué aux conditions locales. Selon les retours de terrain et certaines descriptions de voyage, le trajet peut être long (de 1h30 à 2h) et secouant (et c’est une partie du charme… à condition d’aimer les massages “suspension africaine”).

    Sur place, le bon réflexe est simple : on regarde, on photographie, on respecte. Évitez de toucher les formations. Ce n’est pas “interdit parce que c’est drôle”, c’est interdit parce que c’est délicat : ce qui tient debout aujourd’hui ne doit pas devenir poussière pour une story Instagram. Ce caractère fragile vaut aux Tsingy rouges le surnom de « faux tsingy » par certains naturalistes, qui rappellent que cette architecture minérale est le résultat d’une érosion accélérée, aggravée par la déforestation et le lessivage des sols.

    Côté photo, le Tsingy Rouge adore la lumière rasante : tôt le matin ou en fin d’après-midi, les reliefs se lisent mieux, et les rouges virent au cuivre. En plein midi, tout est plus plat… et vous aussi, après deux heures au soleil.

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    Crédit photo GUDKOVANDREY.

    Le nord de Madagascar : quand la roche côtoie le bizarre vivant

    Ce qui rend la zone encore plus savoureuse, c’est que Madagascar ne fait jamais les choses à moitié : même quand les pierres font déjà le spectacle, la faune en rajoute.

    Si vous aimez les créatures qui semblent sorties d’un brainstorming de designers un peu fatigués, jetez un œil à l’aye-aye, ce primate dont l’apparence et les habitudes sont un défi permanent à la normalité.

    Et pour rester dans le thème “la nature a de l’humour”, le gecko satanique à queue de feuille est un chef-d’œuvre de camouflage, version feuille morte avec yeux de dragon mignon.

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    Crédit photo ReinerC.

    Sources pour aller plus loin

    Wikipédia
    WildMadagascar
    Britannica

  • Snoopy Rock, le rocher Snoopy de Sedona

    Snoopy Rock, le rocher Snoopy de Sedona

    À Sedona (Arizona), il existe une formation rocheuse qui ressemble furieusement à Snoopy affalé sur son toit de niche. Et non : ce n’est pas un photomontage ni une lubie d’algorithme. Le surnom “Snoopy Rock”, le rocher Snoopy, circule depuis longtemps, et le profil est visible depuis la ville… à condition d’avoir l’œil (ou une légère obsession pour Peanuts).

    Snoopy Rock à Sedona (Arizona), formation rocheuse surnommée le rocher Snoopy 1
    Crédit photo Eric Kilby (CC BY-NC-SA 2.0).

    Une silhouette en trois morceaux

    Le “Snoopy” de pierre, qui n’est pas une sculpture pop-culture précolombienne, se lit comme une petite BD géologique : tête, ventre, pieds sont “répartis” sur trois formations qui, ensemble, font apparaître la pose iconique du chien sur le dos. Certains jurent même distinguer Woodstock posé sur son nez… d’autres y voient plutôt la tête de Lucy (ce qui prouve que l’érosion a aussi le sens de l’humour).

    Snoopy Rock à Sedona (Arizona), formation rocheuse surnommée le rocher Snoopy 2
    Crédit photo tinx.

    Pourquoi les roches sont rouges (et pourquoi Snoopy a l’air “grillé au soleil”) ?

    Les fameuses roches rouges de Sedona proviennent notamment d’ensembles de grès comme la Schnebly Hill Formation : la teinte vient d’oxydes de fer (notamment l’hématite), en gros de la roche “rouillée” à l’échelle géologique. Des documents de vulgarisation locaux et l’Arizona Geological Survey rappellent que cette coloration est liée à des coatings/films d’oxydes de fer formés lors de processus de dépôt/altération.

    On y trouve parfois d’autres couleurs, comme l’étonnante ligne blanche de Sedona qui attire les vététistes un peu fous.

    Et aussi d’autres formations géologiques étonnantes comme le pont du diable de l’Arizona.

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    Crédit photo Scott Ableman (CC BY-NC-ND 2.0).

    Comment voir le rocher Snoopy ?

    La bonne nouvelle, c’est que Snoopy Rock est visible depuis Uptown Sedona : en vous baladant du côté des boutiques, restos et points de vue du centre, vous pouvez déjà tenter le “jeu du silhouette spotting”. C’est le mode facile : vous gardez votre souffle pour les tacos, pas pour la montée.

    Envie d’aller plus loin que la simple observation ? Plusieurs itinéraires mènent à un point haut près du rocher Snoopy, souvent via Margs Draw / Sombart Lane (selon les cartes et les panneaux, tout le monde n’est pas d’accord sur le prénom de la route). Comptez, selon la variante choisie, environ 2,1 à 2,6 miles aller-retour (≈ 3,4 à 4,2 km), ~550 à 650 ft de dénivelé (≈ 170 à 200 m) et 1 à 2 h 30. La fin peut être raide, avec parfois un petit passage de scrambling et une trace qui se perd si on ne fait pas attention.

    Le spot est dans le secteur de Munds Mountain Wilderness (Coconino National Forest) : en haut, la récompense classique de Sedona arrive immédiatement—vues ouvertes sur Uptown, Oak Creek Canyon et Thunder Mountain. Par contre pas de risque de croiser en chemin un cactus Sagaro, l’altitude étant trop élevée par rapport au désert de Sonora plus au sud.

    Faut-il un pass pour Snoopy Rock?

    Sedona est souvent associée au Red Rock Pass (le “billet d’entrée” pour financer la gestion de nombreux parkings/sentiers en forêt nationale). Les tarifs officiels indiqués par l’US Forest Service : 5 $ (jour), 15 $ (semaine), 20 $ (année).

    Mais point important : certains parkings comme Sombart Lane/Margs Draw sont parfois indiqués “sans pass” par des guides locaux. Le bon réflexe reste très simple : lisez le panneau au trailhead, car c’est lui qui fait foi sur place.

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    Crédit photo Mighty Free (CC BY-SA 2.0).

    Aller à Snoopy Rock

    Le rocher Snoopy se situe dans le secteur de Sedona, en lisière de la Munds Mountain Wilderness (Coconino National Forest).

    Ses coordonnées GPS sont: 34° 51′ 37.58″ N, 111° 45′ 05.68″ O (34.86043877394287, -111.75157654232837).

    Voici sa position sur Google Maps:

    Snoopy Rock, le rocher Snoopy de Sedona maps

    Sources pour aller plus loin

    USDA
    USDA
    WildPathsAZ
    The Wanderers
    AllTrails
    Visit Sedona
    AZ Geology

    Géologie étonnante de l’état, découvrez également la beauté surnaturelle de Antelope Canyon.

  • Fungie, le dauphin de Dingle : la légende irlandaise devenue statue

    Fungie, le dauphin de Dingle : la légende irlandaise devenue statue

    À Dingle, petit port du comté de Kerry sur la côte ouest de l’Irlande, on a longtemps eu un “habitant” un peu particulier : un grand dauphin (Tursiops truncatus) solitaire, célèbre pour accompagner les bateaux et jouer les guides touristiques… sans jamais demander son obole. Son nom : Fungie. Aujourd’hui, il ne fend plus les vagues, mais il reste présent sous une autre forme : une statue en bronze sur la marina, devenue un passage obligé pour les curieux, les fans d’Irlande et tous ceux qui aiment les histoires oùù la nature laisse sa signature.

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    Crédit photo Ron Cogswell (CC BY 2.0).

    Un dauphin “solitaire sociable”, ça existe (et c’est rare)

    Fungie a été observé à Dingle à partir de 1983. Particularité : il vivait seul, tout en recherchant régulièrement le contact avec les humains et les embarcations. Ce profil porte un nom en éthologie : dauphin solitaire sociable. C’est fascinant… mais pas anodin : un dauphin reste un animal sauvage, puissant, capable d’être imprévisible si on franchit la ligne entre admiration et familiarité.

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    Crédit photo Dream Ireland (CC BY-NC-ND 2.0).

    Ce qui est drôle (et instructif), c’est qu’on colle souvent l’étiquette “dauphin = mer + sourire publicitaire”. Or la réalité est bien plus vaste : il existe des dauphins d’eau douce, avec des comportements et des mythes à eux. Exemple parfait : le boto, ce fameux dauphin rose d’Amazonie qui nage autant dans la biologie que dans les légendes locales — à découvrir dans notre article sur le boto, dauphin rose de l’Amazone. Fungie, lui, n’avait pas la couleur barbe-à-papa, mais il avait le même talent : devenir un personnage.

    Et si Fungie était une star “sociale”, d’autres dauphins sont carrément des stratèges. On l’oublie : chez eux, l’intelligence n’est pas un slogan, c’est une boîte à outils. La preuve avec cette technique de chasse spectaculaire, où un groupe fabrique un piège circulaire comme s’il dessinait un rond parfait au compas : des dauphins qui chassent avec la technique de l’anneau de boue. Quand on voit ça, on se dit que Fungie aurait pu, s’il avait voulu, vous vendre une excursion… et vous faire signer le devis.

    Voici une vidéo de Fungie, star de Dingle, prise il y a quelques années:


    Guinness, rumeurs et célébrité à nageoire dorsale

    En 2019, Fungie a même été reconnu comme le dauphin solitaire sauvage observé le plus longtemps. Et comme toute célébrité qui se respecte, il a eu droit à ses théories annexes : certains ont évoqué un remplacement par un “sosie”. Classique. Rien ne prouve cette idée, mais le simple fait qu’elle existe dit quelque chose : Dingle ne voyait plus seulement un animal, mais un symbole.

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    Crédit photo Dulup (CC BY-SA 2.0).

    La statue : du bronze, une histoire… et un réflexe très humain

    La statue de Fungie se trouve au bord du port de Dingle, près de la marina. Dévoilée au moment des célébrations du millénaire, elle a été réalisée avec la technique de la cire perdue, une méthode de fonderie qui permet une belle finesse de détail (et une bonne résistance au combo “sel + vent + mains de touristes”).

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    Crédit photo Allan LEONARD (CC BY-NC 2.0).

    Au fond, ériger une statue, c’est notre façon de dire : “ce moment a compté”. Dingle a Fungie ; New York a son chien héroïque. Si vous aimez ces monuments qui transforment un animal en légende urbaine, vous allez reconnaître le même mécanisme émotionnel dans la statue de Balto, le chien héros de Central Park. On n’immortalise pas seulement une silhouette : on fige une histoire.

    Et parfois, l’icône est encore plus locale, encore plus “totem”. La preuve avec la statue de la vache Emily, une vache symbole : on peut sourire, mais c’est exactement le même besoin humain de matérialiser un attachement collectif. Fungie version bronze, c’est Dingle qui dit : “on se souvient”.

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    Crédit photo Jen (CC BY-NC-SA 2.0).

    2020 : la disparition qui a figé la légende

    Fungie a été vu pour la dernière fois le 13 octobre 2020. Départ vers d’autres eaux ou fin de vie : impossible d’en être certain. Mais la conséquence est claire : l’histoire est passée du vivant au récit, et la statue a pris un autre rôle. Elle n’est plus seulement “l’attraction du port”, elle est devenue une ancre de mémoire.

    Si Fungie avec sa statue va petit à petit basculer dans la légende, celle-ci sera toutefois basée sur une histoire vraie, à la différence du crocodile du canal de Freiburg.

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    Crédit photo allyhook (CC BY-NC-ND 2.0).

    Sources pour aller plus loin

    Guiness des records
    Irish Examiner
    Fisheries NOAA