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Un mille-pattes rouge géant de Madagascar filmé sur une branche

Voici une vidéo montrant le déplacement spectaculaire d’un mille-pattes rouge géant, identifié comme Aphistogoniulus sp., sur une branche.

Les images ont été prises dans le parc national de Marojejy, à Madagascar, par le photographe animalier David Weiller, à qui l’on doit déjà différentes vidéos étonnantes comme le camouflage de la sauterelle lichen, la chenille tarentule ou encore les ailes en œil de tigre du papillon brahmane géant.

mille-pattes rouge géant Aphistogoniulus sur une branche à Madagascar
Crédit photo David Weiller/Youtube.

À retenir

  • Ce mille-pattes rouge géant a été filmé dans le parc national de Marojejy, à Madagascar.
  • Il s’agit d’un diplopode du genre Aphistogoniulus, et non d’une scolopendre.
  • Dans la vidéo, il se déplace avec environ 160 pattes, coordonnées en vagues successives.
  • Les diplopodes possèdent généralement deux paires de pattes par segment, contrairement aux centipèdes.
  • Ils ne sont pas venimeux comme les scolopendres, mais certaines espèces peuvent libérer des sécrétions irritantes.
  • Il vaut donc mieux admirer ce genre d’animal sans le manipuler.

Un mille-pattes rouge géant dans le parc national de Marojejy

Le décor est déjà une bonne partie de l’histoire : Marojejy, dans le nord-est de Madagascar, est un massif couvert de forêts tropicales humides, connu pour sa biodiversité exceptionnelle. Dans ce type de milieu, les petites créatures du sol, des feuilles mortes et des branches jouent un rôle essentiel, même quand elles ont l’air d’être sorties d’un film de science-fiction à petit budget mais très bon goût.

Ce mille-pattes rouge géant appartient au genre Aphistogoniulus, un groupe de diplopodes malgaches souvent désignés en anglais sous le nom de fire millipedes, les “mille-pattes de feu”. Le surnom se comprend assez vite : rouge vif, corps allongé, nombreuses pattes, déplacement lent mais très organisé… l’animal sait occuper l’écran.

Un déplacement en vague avec environ 160 pattes

Le mille-pattes se déplace en utilisant ses, approximativement, 160 pattes, dont la synchronisation semble former une sorte de vague.

C’est probablement ce qui rend la vidéo aussi agréable à regarder : il n’avance pas simplement “avec beaucoup de pattes”. Chaque rangée semble participer à un mouvement collectif, presque liquide, comme une petite houle mécanique qui remonte le long du corps.

Chez les diplopodes, ce type de locomotion est lié à la grande quantité de pattes réparties sur les segments du corps. L’effet visuel est très différent de celui d’une araignée ou d’un insecte à six pattes : ici, le mouvement se propage, se répète, ondule, et donne à l’animal une allure lente mais très efficace.

Aphistogoniulus, un diplopode endémique de Madagascar

Le nom Aphistogoniulus sp. indique que l’on parle d’un individu appartenant au genre Aphistogoniulus, sans forcément identifier l’espèce exacte dans la vidéo. Plusieurs espèces de ce genre sont connues à Madagascar, notamment des formes rouges et noires très reconnaissables.

Ces diplopodes font partie des myriapodes, le grand groupe qui rassemble notamment les mille-pattes et les centipèdes. Plus précisément, ils appartiennent à la classe des Diplopoda. Le terme “mille-pattes” est donc correct au sens courant, mais il mérite une petite précision scientifique.

Non, il n’a pas forcément mille pattes. Oui, c’est décevant pour l’administration des surnoms animaliers, mais la nature ne remplit pas toujours ses formulaires avec exactitude.

Mille-pattes, diplopode ou centipède : une différence importante

Les mille-pattes, ou millipèdes, sont des diplopodes. Ils possèdent généralement deux paires de pattes par tronçon, se déplacent plutôt lentement et se nourrissent surtout de matière végétale en décomposition, de feuilles mortes, de bois en décomposition ou d’autres éléments organiques.

À ne pas confondre avec les centipèdes, ou chilopodes, souvent appelés eux aussi “mille-pattes” dans le langage courant. Les centipèdes n’ont qu’une paire de pattes par segment, sont carnivores, rapides, et possèdent des crochets venimeux.

La nuance est utile : le mille-pattes rouge géant filmé par David Weiller n’est pas une scolopendre prête à bondir sur une proie. C’est un diplopode, plus lent, plus blindé, davantage spécialisé dans la vie au sol ou sur les supports humides. Dans un tout autre registre, certains chilopodes peuvent se montrer beaucoup plus agressifs, comme le montre ce mille-pattes tuant une vipère après avoir été avalé.

Un animal à observer, mais pas à manipuler

Lorsque le mille-pattes est en danger, il se recroqueville. Cette posture protège ses pattes et les parties les plus vulnérables de son corps sous un exosquelette plus dur. Certaines espèces dégagent aussi des sécrétions irritantes pour faire fuir l’agresseur.

Ce sont d’ailleurs le genre de sécrétions qu’affectionnent les lémuriens, qui peuvent frotter des mille-pattes sur leur pelage. Chez eux, ce comportement est notamment associé à l’utilisation de composés chimiques contre les parasites, avec parfois un air de soirée beaucoup trop réussie dans la forêt.

Pour un humain, la règle reste simple : on regarde, on filme, on photographie, mais on évite de tripoter l’animal. Les diplopodes ne sont pas des monstres venimeux, mais leurs sécrétions peuvent irriter la peau ou les yeux. Le rouge vif de certaines espèces n’est pas là seulement pour être assorti à la mousse tropicale.

Pourquoi ce mille-pattes rouge attire autant l’œil

La couleur rouge joue ici un rôle évident. Dans une forêt humide, sur une branche sombre ou au milieu de feuilles mortes, un mille-pattes rouge géant ressort immédiatement. Cette coloration peut servir de signal d’avertissement : beaucoup d’animaux vivement colorés indiquent ainsi aux prédateurs qu’ils ne sont pas forcément un bon choix de casse-croûte.

Chez les Aphistogoniulus, cette apparence rouge et noire explique aussi leur succès visuel. Ils ont tout ce qu’il faut pour accrocher l’œil : une couleur intense, une silhouette inhabituelle, un déplacement ondulant, et ce petit effet “animal miniature mais pas vraiment rassurant”.

C’est le genre de créature qui rappelle que Madagascar n’a pas seulement des lémuriens, des caméléons et des baobabs. Elle possède aussi une microfaune remarquable, parfois plus discrète, mais tout aussi étonnante quand on prend le temps de la regarder.

Un géant tranquille, mais pas une peluche

Si ce mille-pattes rouge géant sur une branche est plutôt agréable à regarder, il est toutefois préférable de s’en méfier un peu. Non parce qu’il va charger comme un fauve miniature, mais parce que ses moyens de défense chimiques ne sont pas faits pour nos doigts, encore moins pour nos yeux.

Il rappelle surtout que les animaux les plus discrets peuvent avoir des stratégies très efficaces : se blinder, se recroqueviller, produire des substances répulsives, afficher des couleurs voyantes, puis continuer tranquillement à recycler la matière organique de la forêt.

Après cette rencontre rouge et segmentée, découvrez également ces images d’une nymphe de Flatidae, un insecte ressemblant à un pop-corn sur pattes, autre petite merveille filmée par David Weiller.

FAQ sur le mille-pattes rouge géant

Ce mille-pattes rouge géant est-il une scolopendre ?

Non. L’animal présenté ici est identifié comme Aphistogoniulus sp., un diplopode. Les scolopendres sont des chilopodes, un autre groupe de myriapodes, généralement carnivores et venimeux.

Combien de pattes possède ce mille-pattes ?

Dans la vidéo, il utilise approximativement 160 pattes. Le nombre exact de pattes varie selon les espèces, l’âge et le nombre de segments.

Les mille-pattes ont-ils vraiment mille pattes ?

La plupart n’en ont pas mille. Le nom “mille-pattes” est un nom populaire. Les diplopodes possèdent généralement deux paires de pattes par segment, mais le total varie beaucoup selon les espèces.

Ce mille-pattes rouge est-il dangereux ?

Il n’est pas dangereux comme une scolopendre venimeuse, mais il peut libérer des sécrétions irritantes. Il vaut donc mieux ne pas le manipuler.

Où vit Aphistogoniulus ?

Le genre Aphistogoniulus est associé à Madagascar. La vidéo présentée ici a été tournée dans le parc national de Marojejy, dans le nord-est de l’île.

Sources pour aller plus loin

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